7 raisons de lire Confessions of a Public Speaker

January 21, 2010

Après les incontournables The Art Of Project Management (ressorti sous le nom de Making Things Happen) et Myths of Innovation, O’Reilly publie le nouvel ouvrage de l’impeccable Scott Berkun.

Après avoir abordé les sujets de gestion de projet et d’innovation, Scott aborde avec ses habituels talent, humour et sagacité un troisième thème important de la vie professionnelle : l’art de présenter ses idées.

Il connait la maison entreprise : 10 ans chez Microsoft (Project Manager Internet Explorer) ça vous forme un knowledge worker.

Sept bonnes raisons de lire cet excellent bouquin :

1 – Scott Berkun est un formidable speaker,

Energique, dynamique, rigolo et éloquent, ce natif de New York sait articuler ses idées en un flux limpide lors de ces présentations.

Que ce soit dans celle sur l’innovation ou celles concernant ce livre, Scott a le sens du rythme et du ludique : il sait captiver l’attention de ses auditeurs, les faire rire lorsqu’il faut, réfléchir à des idées et dispose de cette faculté rare qui consiste à enthousiasmer les foules sur des idées abstraites.

C’est son métier et sa passion, il est habité par l’idée de transmission. Il concède d’ailleurs à plusieurs reprises dans l’ouvrage envisager l’éducation. Enfin c’est un fervent supporter (et participant) des sessions Ignite, juste pour le plaisir du geste.

2 – … un écrivain

Scott se pose des dizaines de questions et cherche à y répondre. Des questions qui peuvent parfois sembler absurde dans leur caractère anecdotiques : ainsi ses digressions hilarantes au sujet des affreux chandeliers en plastique des salles de conférence des hôtels américains qui ne sont pas sans évoquer l’immense Nicholson Baker et sa Mezzanine.

Mais en cela il traque la vérité, il répond à ce désir d’exactitude et de retranscription du réel qui est l’apanage des grands auteurs. Rappelons nous ce que disait Tolstoï : Je ne sais pas ce que pense un personnage tant que je ne sais pas comment il boutonne sa redingote.

Scott s’autorise même avec le Colophon, nouvelle qui clôt le livre, un concentré de réalisme magique que ne renierait pas un Salman Rushdie.

3 – … et un authentique chic type.

Un gars simple, dans la dimension la plus élogieuse du terme. great guy aux US, lovely Lad en UK.  Qui n’est pas là pour faire son mariole ou attirer la couverture à lui mais plutôt pour participer à cette oeuvre collective de partage de la connaissance. Qui a cette volonté positive typiquement américaine qui l’anime, consistant à essayer de Make the world a better place.

Il met toute son energie au service des idées et s’auto-définit comme un idea trafficker. A ce titre, son blog est une mine d’informations pratiques et de réflexions sur le monde de l’entreprise, le management, l’innovation etc …

4 – Son anglais est très lisible.

C’est pas très sympa pour les traducteurs mais sincèrement, ce livre est très abordable. Il y a chez les auteurs de business books anglo-saxons cet amour de la phrase juste et simple, cette volonté obsessionnelle d’être compris, de ne pas être équivoque. Selon Scott, le monde se partage en 2 catégories : les complexifiers et les simplifiers. Il fait tout son possible pour se situer dans la seconde. Et épingle dans un chapitre ces conférenciers qui complexifient volontairement leurs présentations pour faire les savants.

Lisez le en anglais, cela vous fera passer un excellent moment tout en améliorant votre anglais. Et vous pourrez prendre cet air détaché en disant à vos collègues qui le liront l’an prochain en français que vous l’avez déjà lu en V.O il y a, oh … une éternité.

5 – Confessions complète les best-sellers sur le sujet …

Il le reconnait lui-même : Présentation Zen (de Garr Reynolds) et Slide:ology (de Nancy Duarte, la consultante qui a épaulé Al Gore dans Inconvenient Truth) sont excellents et insurpassables pour ce qui est de la conception et réalisation des support de présentation (le slideware). Le premier pour le storytelling, l’harmonie et le choix des photos, le second pour ce qui est de la conception de visuels pour supporter et aider à la transmission des idées.

Son livre se positionne à hauteur d’homme en se concentrant sur la dimension vivante de la présentation : le speaker, le rythme, l’énergie, la préparation et les innombrables détails techniques.    

6 – … et comporte de nombreuses informations pratiques

Comment s’en sortir avec une audience difficile ? Dans une salle non adaptée ? Comment ne pas être ennuyeux ? Comment faire quand ca se passe mal ? Comment se préparer techniquement ? Psychologiquement ? C’est à ces questions pratiques et des dizaines d’autres que Scott répond avec humour et panache.

Par ailleurs, on apprend aussi que Peter Drucker ou Mark Twain gagnaient ainsi plus leur vie grâce à leur talent d’orateur que d’écrivains ou que certain conférenciers demandent jusqu’à 50.000$ par heure.

Le livre est truffé d’autres indiscrétions croustillantes sur ce petit monde .

7 – Surtout : on n’est pas très bon en présentation.

Je pensais à cela en regardant des présentations d’Esther Duflo ou Yann Algan, tous deux éminents économistes aux travaux passionnants.

La présentation est un soft skill. Dans notre culture.fr nous ne les avons jamais trop considérés. En même temps les autres ne sont pas meilleurs mais au moins ils écrivent des self help books sur le sujet. La encore, il s’agit d’une catégorie de livre plutôt méprisée chez nous.fr, car, bizarrement, et pour une raison que j’aimerais bien connaitre nous présupposons que spontanément, nous savons.

Quoi qu’il en soit, nous, knowledge workers, prenons le problème à l’envers : l’auditoire est redevable à la personne qui présente (surtout s’il s’agit de quelqu’un mieux placé hiérarchiquement) de nous faire grâce de son savoir. Alors que dans l’économie de l’attention, c’est à l’orateur de remercier son auditoire de lui accorder ces rares minutes d’attention exclusive.

De la même manière, alors que l’objectif devrait être de transmettre (i.e. émission + réception) du savoir, nous nous concentrons sur la seule phase d’émission : l’orateur dit tout  ce qui’il sait sur le sujet sans épargner les moindres détails, comme cela il a la conscience tranquille : il a fait son boulot. Si l’auditoire n’a rien saisi c’est parce que ce dernier a été inattentif ou simplement trop bête.

Ainsi des powerpoints qui tuent d’ennui, avec 25 point par diapositive, un orateur qui relit ce qui est écrit dessus d’un même ton monocorde en tournant le dos à l’auditoire tandis qu’il fixe l’écran : des heures de perdues pour l’entreprise à infliger une communication ratée etc … bref : you know what I mean.

Confessions of a Public Speaker aide à prendre la problématique par le bon bout. Et à respecter notre auditoire. Grâce lui soit rendue.

(Lien sur la vidéo promotionnelle sur Amazon : click !).

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One Response to “7 raisons de lire Confessions of a Public Speaker”

  1. Joseph Pujol Says:

    Ouuuuuuu ça m’intéresse beaucoup cette approche.


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