Au terme de la session de préparation de l’USI 2012, François Hisquin a offert aux futurs conférenciers (dont votre serviteur) ce petit ouvrage qui dépeint la culture de l’entreprise qu’il dirige : Octo Technology.

Je me suis souvent demandé lors de la lecture de Rework (par 37Signals), quel pourrait donc être l’équivalent français de ce livre. Synthétique, inspiré, drôle, traitant de front des problèmes empoisonnant la vie des organisations et proposant des solutions pratiques.

Pour dire la vérité, je me suis même parfois, sous le coup d’accès de découragement, demandé si j’aurais le temps durant ma vie professionnelle de le voir paraître. Et bien voilà : cela s’intitule Partageons ce qui nous départage et c’est un ouvrage court, collectif et représentatif de ce que peut être une entreprise française agile …  Read the rest of this entry »

“We get brilliant results from average people managing brilliant systems. Our competitors get average results from brilliant people working around broken systems.”

“Nous obtenons d’excellents résultats de personnes normales gérant des systèmes géniaux. Nos concurrents obtiennent des résultats moyens de personnes excellentes utilisant des systèmes défectueux.”

Fujio Cho, Président du directoire de Toyota

Une citation tirée du livre blanc “Lean Product Management” [EN], et un principe qui est pronfondément inscrit dans la culture de développement logiciel Agile, culture où, la aussi, le culte du héros ou de l’expert qui va sauver le monde est mis à mal.

L’objectif dans les deux cas (Lean et Agile) est d’avoir un système dans lequel des personnes normales sont capables de réaliser des produits admirables de façon soutenable (c’est à dire sans se tuer au travail). Sans que cela nécessite 250 de QI mis à contribution 60h par semaine.

Encore une fois, ce peut-être vu comme une utopie de consultants noyés par la théorie. Toyota a montré que c’était tout à fait applicable dans une entreprise privée, dans un secteur extrêmement concurrentiel dans lequel les contraintes de coût, qualité, délais et de gestion des risques sont particulièrement importants.

Lorsque je suis passé du statut de développeur d’application logicielle à celui de responsable d’équipe, il s’est passé une chose étrange.

D’un seul coup, mes camarades n’étaient plus des professionnels passionnés par leur sujet qui en parlent et qui en parlent et qui en parlent encore. Ce n’était plus des professionnels qui s’intéressent à leur discipline et qui étudient sans relâche les nouvelles innovations, découvertes ou bonnes pratiques, dans un soucis d’amélioration et d’apprentissage.

Non. Il s’agissait de Managers, comme si le seul intitulé, par je ne sais quel enchantement, leur infusait le savoir nécessaire pour accomplir leur mission. Comme si, en Neo de la réorganisation, par le prodige de la promotion dans la matrice, ils avaient automatiquement métabolisé les bases théoriques.

J’ai trouvé cela étonnant. Car selon moi, le management (science sociologique comme le définit Peter Drucker), offre bien moins de prises et de certitudes que celle du développement de logiciel. Ou plutôt l’évaluation des résultats de sa contribution y est beaucoup moins évident, et en cela, cette mission est aussi une source de questionnements.

Il m’a donc semblé naturel de perpétuer cette tradition de geek dans mon nouveau job de manager. La lecture en est un axe et Peter Drucker une boussole. Adoncques : encore un ouvrage de ce pape du management moderne discuté sur #hypertextual …

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“L’outil simple, pauvre, transparent est humble serviteur ; l’outil élaboré, complexe, secret est un maître arrogant”

Une phrase lumineuse de Ivan Illitch, que l’impeccable Pierre Pezziardi a ressortie pour sa présentation à Devox France.

J’en profite pour vous inviter à nouveau à lire Lean Management et Informatique Conviviale de Pierre, livre sur lequel #hypertextual a eu la chance d’échanger avec son auteur.

Un ouvrage, particulièrement éclairant sur l’entropie des organisations du 21ème siècle, ainsi que sur les opportunités que le Lean, les méthodes agiles et les nouveaux outils distribués de communication proposent pour y remedier.

“La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles mais d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leurs ramifications dans tous les recoins de l’esprit.” (John Maynard Keynes)

Un point essentiel dans la gestion du changement et à la base de cette notion très forte chez les anglo-saxons du mental model.

L’occasion aussi de rendre hommage au travail remarquable de Thomas Bonnecarrère pour son e-book Comment créer un contexte social favorable à l’intelligence collective et l’innovation : cette citation de Keynes ouvre son ouvrage très recommandé si la gestion de l’innovation vous intéresse.

Profitons de la fête du travail pour parler de sa division.

Jusqu’à très récemment j’étais persuadé que la division du travail datait de Frederick Winslow Taylor. Je me trompais. Officiellement, cette division du travail provient d’une étude de Adam Smith, l’auteur de Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations et inventeur du fameux concept de “la main invisible du marché”.

Ou tout au moins c’est ce que l’on croyait car la vérité est toute autre. Grâce soit rendue à Vincent Lextrait (Directeur du développement à Amadeus) qui rend à César ce qui lui appartient, ceci dans une remarquable présentation à l’Université du SI en 2011 et dans son e-book sur le mentofacturing.

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Je suis parfois un conducteur étourdi et/ou impatient et, ayant perdu quelques points sur mon permis (feux rouges …), je suis allé faire un stage de récupération de ces points.

Il s’agit d’une expérience sociologique enrichissante car nous, citoyens, n’avons plus très souvent l’habitude d’échanger avec des gens de tout horizon socio-culturel autour d’un sujet commun.

Une expérience surtout extrêmement instructive pour ce qui est de la gestion du changement avec deux animatrices confrontées à des conducteurs (la majorité de l’assistance est évidement masculine) un peu bornés dont les valeurs personnelles sont à l’opposée de ce qui est enseigné.

Deux animatrices, par ailleurs, aux profils et approches complètement opposées qui provoquent deux réactions différentes d’une même assistance. La première suscite le blocage et devient inaudible et la seconde inspire l’écoute active et quelques changements d’attitude …

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Un ouvrage rapidement évoqué lors de sa sortie et plus longuement chroniqué aujourd’hui après sa lecture.

Christian Roudaut est journaliste et vit en Angleterre depuis une dizaine d’années. L’objectif de cet ouvrage consacré aux français du dehors, ceux qui ont décidé d’émigrer, est d’offrir des pistes de réflexions sur ce qui peut être amélioré en ayant l’humilité nécessaire pour s’inspirer sans nécessairement copier de ce qui se fait hors de nos frontières.

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Peter Gumbel est un ancien grand reporter de Time Magazine à Paris, élu journaliste de l’année par la Work Foundation. Après French Vertigo (en 2006), On achève bien les écoliers est le second livre dans lequel il pose son regard décalé sur la société française. Dans cet ouvrage, l’auteur, qui apprécie ce pays dans lequel il vit et y a scolarisé ses deux filles, se pose un certain nombre de questions sur notre système éducatif.

Il s’agit d’un essai extrêmement bien documenté (interviews, recherche etc …) qui intéresse tout particulièrement #hypertextual pour un point précis : le questionnement sur la capacité de l’éducation nationale à inspirer nos enfants et leur permettre de s’épanouir durant leur scolarité et développer leur créativité. On y trouve des pistes assez instructives ..

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Voilà pourquoi la campagne est si mauvaise: les Français veulent des fadaises, les candidats leur disent des fadaises et les Français leur en veulent de dire des fadaises.

Une chronique plutôt offensive de Eric Le Boucher, inspirée par Jean Louis Bourlanges sur slate.fr.

Cette campagne est effectivement terriblement mauvaise. Peu de candidats pour répondre à cette question essentielle : comment allons-nous créer la richesse qui nous permettra de conserver notre niveau de vie ?

Les medias sociaux sont une drogue dure, violente parce qu’ils se nourrissent du plus solide moteur de nos êtres : notre besoin de reconnaissance.

Second numéro du magazine Clefs dans lequel je lis une brillante intervention de Cyrille de Lasteyrie (aka vinvin) sur le sujet des réseaux sociaux.

Dans le numéro 74, il parlait de l’expérience de déconnection quasi totale lors de son isolement dans une abbaye trappiste de l’Allier. Dans ce numéro (le 76), il livre là encore une réflexion saisissante sur son (mon, notre ?) rapport aux plateformes collaboratives, en se concentrant sur leur caractère addictif.

Ce qui change ici de la condamnation habituelle de ces outils par des intellectuels méprisants qui comprennent mal le sujet, est que cette réflexion lucide et courageuse émane d’un acteur important, complètement immergé dans le sujet. Un texte qui résonne d’un écho particulier pour quelqu’un qui a écrit sur les Splendeurs et Misères du Knowledge Worker.

Une lecture salutaire et hautement recommandée.

Alors que la conférence USI s’apprête à fêter son cinquième anniversaire avec l’édition 2012, #hypertextual profite de l’occasion pour discuter avec la personnalité derrière cet évènement de l’industrie des systèmes d’information, évènement singulier de ce côté-ci de l’Atlantique en ce que les geeks et les boss y sont logés à la même enseigne.

François Hisquin a créé Octo (entreprise organisatrice de l’USI) en 1998. Octo est un “Cabinets d’Architectes en Systèmes d’Information” : François insiste sur ce point car il souhaitait vraiment distinguer sa société naissante des Sociétés de Service en Ingénierie Informatique (SSII), terme “qui me posait problème” comme il le concède volontiers.

Ce cabinet a placé au coeur de sa culture le bien-être de ses consultants. Ce qui peut apparaître comme du bullshit RH ou marketing pour certains esprits chagrins est une réalité. Octo walks the talk et aligne ses actes avec ses principes pour un résultat manifeste : la société a été classée ces deux dernières années en première place des Great Places to Work.

L’ouvrage collectif rédigé par différents Octos (comme les dénomme affectueusement notre interlocuteur) Partageons ce qui nous départage est un excellent extrait de cette culture. Une approche à la fois irrévérencieuse (“Les clients c’est comme les enfants : ce n’est pas parce que vous leur dites non qu’ils ne vous aiment plus” entendu durant l’USI 2008), passionnée, pétillante, qui a su adopter pour faire sienne des outils méthodologiques (les core protocols de Jim McCarthy, le ROTI, les méthodes agiles …).

On apprend en outre dans cet ouvrage éclairant que l’entreprise préfère sortir ses consultants de missions fructueuses plutôt que les laisser y dépérir s’ils ne s’y plaisent pas : nos consultants d’abord, les clients ensuite, comme un écho à la célèbre maxime de Vineet Nayar.

Ce qui sort de cet entretien est particulièrement instructif car cette approche, qui peut sembler de prime abord iconoclaste, sert à merveille leur objectif : la quête d’excellence. François Hisquin enrichit le tableau de chasse #hypertextual et nous explique comment ici et maintenant … Read the rest of this entry »

Dans Au Delà Du Capitalisme, Peter Drucker offre une formidable synthèse de sa réflexion sur la société de la connaissance.

Dans cet ouvrage publié en 1993 (sous le titre original de Post Capitalist Society), le pape du management moderne propose un cheminement intellectuel passionnant, visionnaire et dont la pertinence semble être confirmée par le 21ème siècle.

#hypertextual étant drôlement sympa, ce blog vous en offre les 10 idées majeures : Read the rest of this entry »

“In the coming half century, the conventional, centralized business operations of the First and Second Industrial Revolutions will increasingly be subsumed by the distributed business practices of the Third Industrial Revolution; and the traditional, hierarchical organization of economic and political power will give way to lateral power organized nodally across society.” (Jeremy Rifkin)

Extrait du livre The Third Industrial Revolution: How Lateral Power Is Transforming Energy, the Economy, and the World, extrait publié sur The Huffington Post.

Ne manquez pas ce dialogue passionnant avec Luc Ferry dans l’émission Du Grain à Moudre sur France Culture : le choc des 2 visions du monde. Rifkin a vu finir le monde ancien tandis que Ferry s’y accroche désespérément.

Philosophie Magazine propose ce mois-ci encore un dossier remarquable : dans l’édition de Mars 2012 le thème est l’homme débordé. Une excellente opportunité pour #hypertextual de revenir à ces citations du dimanche, bonne pratique piquée sans vergogne à l’excellent blog Solution de Continuité (aujourd’hui en pause) des amis Jean-Paul Jacquel et Trémeur Denigot. Read the rest of this entry »

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