La pensée à rebours, cette habitude qui m’avait fait voir du sens là où il n’y avait qu’absence, est peut-être un trait positif. Mais elle se ramène parfois à nier l’évidence (…) Ne pas tenter de le faire équivaut à se laisser balloter par les vagues, pour se fracasser sur les récifs du désespoir.

J’ai déjà chanté ici mon amour de la littérature américaine. Le souffle mythique, la finesse psychologique, les grands espaces désolés en écho aux paysages mentaux des protagonistes, la brutalité de la nature, une écriture sous tension pour une puissance romanesque sans égal de ce côté-ci de l’Atlantique ou du café Flore. Read the rest of this entry »

Ceux qui avaient fui l’Ancien Monde surpeuplé pour le nouveau continent n’étaient pas dôtés de gènes sociables : c’étaient au contraire ceux qui ne s’entendaient pas bien avec les autres.

Une phrase tirée de Freedom un récit à la densité romanesque prodigieuse, quasi-Toilstoïenne, narrant l’histoire d’une famille de la middle-class Américaine dans laquelle la mère est tiraillée entre l’amour pour son mari, homme de bien, et le désir qu’elle éprouve pour le meilleur ami de celui-ci, rock star indépendante. Un tryptique qui n’est pas sans évoquer un autre immense roman américain récent, Le Roman du Mariage de Jeffrey Eugenides (dont une citation pourrait aussi figurer ici : “«Les problèmes amoureux de Madeleine ont commencé au moment où les auteurs français qu’elle était en train de lire s’employaient à déconstruire la notion de l’amour.» mais ne nous égarons pas).

Tirée de l’histoire du grand père suédois du mari qui décide d’émigrer en Amérique au 19ème siècle, on imagine cette phrase donnée depuis la perspective de ceux qui restent. Transposée au 21ème siècle, cette citation évoque aussi les propos que peuvent tenir les allergiques au numérique à l’endroit de ceux qui ont trouvé dans les réseaux un nouveau continent social.

hossegor

Adoncques, comme presque tous les ans (voir 2007, 2008, 2009, 2010 et 2012) #hypertextual, le blog lecteur compulsif revient sur ses lectures de l’été pour partager le simple et beau plaisir de lire.

Un été de lectures sous le signe de Walden donc, l’ouvrage de Thoreau qui incarne toujours aujourd’hui la coupure volontaire du monde, une coupure nécessaire pour se reposer et se ressourcer, parfaitement de saison. L’ouvrage n’est pas revu ici (voir la chronique de l’impeccable Scott Berkun [EN] pour cela) mais son ombre bienveillante veille incidemment sur la plupart des ouvrages ci-dessous dévorés sous le soleil …

Read the rest of this entry »

Nouvel épisode des lectures de l’été.

Après 2007, 2008 et 2009, voici l’édition 2010 consacrée à Thérapie (1995), de David Lodge, une comédie dramatique diablement WoodyAllenienne (on pense beaucoup à Whatever Works).

Un quinquagénaire riche, acariâtre et hypo-condriaque, travaillant dans le monde de l’écriture (scénariste de sitcom) décrit à travers son journal sa dépression et sa vie qu’il juge, sans le moindre auto-apitoiement, vide de sens.

Jusqu’à ce que survienne un réel changement, changement qu’il subit, et qui coïncide avec sa découverte de l’existentialisme et de Kierkegaard. Hilarant et bouleversant.

Read the rest of this entry »

J’achète environ une vingtaine de livres par an. Deux tiers sont des business books en anglais. Le dernier tiers est en français : de la fiction et des livres d’économie ou de sociologie.

J’habite Bordeaux, une de ces grandes villes françaises dans lesquelles on trouve encore ces petites librairies silencieuses, feutrées et chaleureuses telles que dépeintes par ces romans dégoulinant de démagogie et de nostalgie, romans qui ont constellé la seconde moitié du XXème siècle de la littérature.fr.

On pourrait donc imaginer que j’achète mes livres dans ces échoppes. Read the rest of this entry »

Après les incontournables The Art Of Project Management (ressorti sous le nom de Making Things Happen) et Myths of Innovation, O’Reilly publie le nouvel ouvrage de l’impeccable Scott Berkun.

Après avoir abordé les sujets de gestion de projet et d’innovation, Scott aborde avec ses habituels talent, humour et sagacité un troisième thème important de la vie professionnelle : l’art de présenter ses idées.

Il connait la maison entreprise : 10 ans chez Microsoft (Project Manager Internet Explorer) ça vous forme un knowledge worker.

Sept bonnes raisons de lire cet excellent bouquin :

Read the rest of this entry »

catcher in the rye

Bibliothécaire de son état et chanteur du groupe dans lequel je jouais alors, mon ami Jean-Jacques entreprit de m’offrir pour mes vingt ans tout un pan de la littérature américaine du XXème siècle.

Attendri par mon enthousiasme candide pour les auteurs américains, enthousiasme suscité par la lecture de Philippe Djian – on entre en littérature comme on peut – ce bon Jean-Jacques décida de m’ensevelir sous un monceau d’extraits d’âme américaine. Grâce lui soit rendue.

Au programme : Hemingway (Pour qui sonne le glas), Steinbeck (Les raisins de la colère, Des souris et des hommes), Dos Pasos (42eme parrallèle), Faulkner (Le bruit et la fureur), FS Fitzgerald (Tendre est la nuit, Gatsby le Magnifique), Jack Kerouac (Sur la route), John Fante (Bandini) et, perle parmi les perles, L’Attrape Coeurs de JD Salinger.

Read the rest of this entry »

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 382 other followers