J’étais charmé par cette conversation, et malgré l’illusion qu’il donnait d’être plutôt moderne et enclin aux digressions (pour moi, le signe d’un esprit moderne c’est qu’il adore s’écarter du sujet), je vois maintenant qu’il me ramenait sans cesse aux mêmes points. Car si l’esprit moderne est discursif et fantasque, l’esprit classique est étroit, résolu et implacable.

Une citation tirée du remarquable Maitre des Illusions de l’auteure américaine récemment couronnée du prix Pulitzer pour Le Chardonneret.

Si je la publie aujourd’hui sur #hypertextual ce n’est pas seulement pour répéter encore et encore ma passion pour la littérature. C’est surtout parce qu’il s’agit du sentiment exact que je ressens lorsque j’échange avec les coachs que j’ai la chance d’avoir autour de moi : Michael Ballé, Marie-Pia Ignace, Antoine Contal, Régis Médina.

C’est ce sentiment de raison implacable, qui ouvre des perspectives nouvelles, comme une révélation, alors que l’on va au bout du bout de la réflexion, en suivant le chemin résolu de l’esprit classique. Esprit classique auquel le Lean nous ramène sans cesse ; la tradition maïeutique, bien sûr, mais aussi avec la volonté de se confronter sans cesse à la réalité la plus indocile.

La pensée à rebours, cette habitude qui m’avait fait voir du sens là où il n’y avait qu’absence, est peut-être un trait positif. Mais elle se ramène parfois à nier l’évidence (…) Ne pas tenter de le faire équivaut à se laisser balloter par les vagues, pour se fracasser sur les récifs du désespoir.

J’ai déjà chanté ici mon amour de la littérature américaine. Le souffle mythique, la finesse psychologique, les grands espaces désolés en écho aux paysages mentaux des protagonistes, la brutalité de la nature, une écriture sous tension pour une puissance romanesque sans égal de ce côté-ci de l’Atlantique ou du café Flore. Read the rest of this entry »

Ceux qui avaient fui l’Ancien Monde surpeuplé pour le nouveau continent n’étaient pas dôtés de gènes sociables : c’étaient au contraire ceux qui ne s’entendaient pas bien avec les autres.

Une phrase tirée de Freedom un récit à la densité romanesque prodigieuse, quasi-Toilstoïenne, narrant l’histoire d’une famille de la middle-class Américaine dans laquelle la mère est tiraillée entre l’amour pour son mari, homme de bien, et le désir qu’elle éprouve pour le meilleur ami de celui-ci, rock star indépendante. Un tryptique qui n’est pas sans évoquer un autre immense roman américain récent, Le Roman du Mariage de Jeffrey Eugenides (dont une citation pourrait aussi figurer ici : “«Les problèmes amoureux de Madeleine ont commencé au moment où les auteurs français qu’elle était en train de lire s’employaient à déconstruire la notion de l’amour.» mais ne nous égarons pas).

Tirée de l’histoire du grand père suédois du mari qui décide d’émigrer en Amérique au 19ème siècle, on imagine cette phrase donnée depuis la perspective de ceux qui restent. Transposée au 21ème siècle, cette citation évoque aussi les propos que peuvent tenir les allergiques au numérique à l’endroit de ceux qui ont trouvé dans les réseaux un nouveau continent social.

hossegor

Adoncques, comme presque tous les ans (voir 2007, 2008, 2009, 2010 et 2012) #hypertextual, le blog lecteur compulsif revient sur ses lectures de l’été pour partager le simple et beau plaisir de lire.

Un été de lectures sous le signe de Walden donc, l’ouvrage de Thoreau qui incarne toujours aujourd’hui la coupure volontaire du monde, une coupure nécessaire pour se reposer et se ressourcer, parfaitement de saison. L’ouvrage n’est pas revu ici (voir la chronique de l’impeccable Scott Berkun [EN] pour cela) mais son ombre bienveillante veille incidemment sur la plupart des ouvrages ci-dessous dévorés sous le soleil …

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Nouvel épisode des lectures de l’été.

Après 2007, 2008 et 2009, voici l’édition 2010 consacrée à Thérapie (1995), de David Lodge, une comédie dramatique diablement WoodyAllenienne (on pense beaucoup à Whatever Works).

Un quinquagénaire riche, acariâtre et hypo-condriaque, travaillant dans le monde de l’écriture (scénariste de sitcom) décrit à travers son journal sa dépression et sa vie qu’il juge, sans le moindre auto-apitoiement, vide de sens.

Jusqu’à ce que survienne un réel changement, changement qu’il subit, et qui coïncide avec sa découverte de l’existentialisme et de Kierkegaard. Hilarant et bouleversant.

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J’achète environ une vingtaine de livres par an. Deux tiers sont des business books en anglais. Le dernier tiers est en français : de la fiction et des livres d’économie ou de sociologie.

J’habite Bordeaux, une de ces grandes villes françaises dans lesquelles on trouve encore ces petites librairies silencieuses, feutrées et chaleureuses telles que dépeintes par ces romans dégoulinant de démagogie et de nostalgie, romans qui ont constellé la seconde moitié du XXème siècle de la littérature.fr.

On pourrait donc imaginer que j’achète mes livres dans ces échoppes. Read the rest of this entry »

Après les incontournables The Art Of Project Management (ressorti sous le nom de Making Things Happen) et Myths of Innovation, O’Reilly publie le nouvel ouvrage de l’impeccable Scott Berkun.

Après avoir abordé les sujets de gestion de projet et d’innovation, Scott aborde avec ses habituels talent, humour et sagacité un troisième thème important de la vie professionnelle : l’art de présenter ses idées.

Il connait la maison entreprise : 10 ans chez Microsoft (Project Manager Internet Explorer) ça vous forme un knowledge worker.

Sept bonnes raisons de lire cet excellent bouquin :

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