Adoncques la presse.fr a décidé de faire un sort au management Lean. A grand renforts d’approximations et de procédés douteux, Le Monde, Rue89 et Les Echos joignent leurs forces dans une propagande qui a pour but de remettre en cause le management lean et sa mise en oeuvre dans l’hexagone.

Des articles qui révèlent un certain nombre de choses sur notre culture (ou plutôt, en l’espèce, inculture) du management et qui ne font qu’effleurer la vraie question pour laquelle on aimerait lire une authentique réflexion : comment mettre en oeuvre chez nous cette méthode de travail vertueuse qui a fait ses preuves dans une multitude de contextes industriels et culturels, pour améliorer notre productivité et conserver nos emplois tout en préservant nos salariés ?

Une bonne occasion pour remettre les pendules à leur place comme dirait Johnny, occasion qu’#hypertextual ne pouvait décemment manquer.

(Note 1: comme le précise la page de présentation, ces propos ne présentent que mon seul point de vue de blogger et coach Lean et en aucun cas celui de mes employeurs présents ou passés

Note 2 : Article très long – 3000 mots – compter 15 mns de lecture) …

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“Je suis étonné que vous ayez tant utilisé le mot changement dans votre présentation. Comme si c’était la clef pour améliorer la situation. Vous devez comprendre qu’en France c’est précisément ce mot qui nous fait peur. Le changement pour nous, cela veut dire que la situation empire, pas qu’elle s’améliore.”

Peter Gumbel vient de publier Elite Academy, ouvrage sur lequel #hypertextual (qui a déjà chroniqué le rafraîchissant On Achéve bien les Ecoliers) va évidemment longuement revenir.

Nous profitons de cette sortie pour citer un autre ouvrage essentiel du britannique : French Vertigo (2006), son premier essai (dans un français admirable) sur ce que lui inspire les incohérences de notre pays. Il reporte dans cet extrait les commentaires d’un enseignant d’économie venu assister à un séminaire animé par l’auteur à l’institut de l’entreprise.

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Un ouvrage rapidement évoqué lors de sa sortie et plus longuement chroniqué aujourd’hui après sa lecture.

Christian Roudaut est journaliste et vit en Angleterre depuis une dizaine d’années. L’objectif de cet ouvrage consacré aux français du dehors, ceux qui ont décidé d’émigrer, est d’offrir des pistes de réflexions sur ce qui peut être amélioré en ayant l’humilité nécessaire pour s’inspirer sans nécessairement copier de ce qui se fait hors de nos frontières.

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econoclaste – Le mythe de l’obsolescence programmée

Splendide billet d’Econoclaste au sujet du reportage diffusé par Arte.

A la fin de ce document manipulateur, complotiste, qui n’explique rien, on se demande comment on en arrive à réaliser une chose pareille. L’explication est en filigrane dans le document, qui nous montre avec des trémolos dans la voix off des conférences sur la décroissance, et qui donne la part belle à Serge Latouche, le grand prêtre du mouvement. On comprend alors que nous ne sommes pas face à une entreprise d’information, mais à une entreprise de morale, selon le concept défini par le sociologue Howard Becker. Le but du documentaire n’est pas d’informer, mais de convertir les mécréants.

Un passage admirable sur les ingénieurs :

Ce passage m’a irrésistiblement rappelé cette phrase de J.M. Folz, ancien PDG de Peugeot, qui a déclaré un jour “qu’il y a trois façons de se ruiner : le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont les plus agréables, la troisième est la plus sûre”. Il entendait par là que ce que les ingénieurs aiment concevoir n’est pas toujours ce que les clients désirent, et qu’à trop suivre les ingénieurs, on finit par faire des produits hors de prix et qui n’intéressent pas les clients (ayant dirigé Citroen, il savait de quoi il parlait).

Le reste ici.

 

Suite de l’article sur l’entreprise 2.0 et l’utopie qu’elle peut représenter pour certains.

L’objectif de la première partie est de montrer que l’entreprise 2.0 (collaborative, où les employés sont motivés et contribuent spontanément, où les hiérarchies s’aplanissent etc …) n’est pas une utopie (étymologiquement le “Sans Lieu”, le “Nulle Part”) pour la simple et bonne raison qu’elle a été mise en oeuvre dans de nombreuses entreprises, contextes et pays, avec succès.

L’objectif de cette seconde est de montrer que si nous y voyons de l’utopie c’est en grande partie en raison de notre conditionnement culturel : celui de l’entreprise hexagonale.

Sortir du pessimisme organisationnel donc, pour paraphraser Gérard Grunberg, et ne plus voir dans l’Entreprise 2.0 qu’une solution, certes disruptive, mais pragmatique et évidente aux problèmes que rencontrent les entreprises dans la société de la connaissance. Read the rest of this entry »

L’édition de Novembre de la Chaire des Numériques organisée par l’AEC Aquitaine avait pour thème le travail à l’heure du numérique.

J’ai eu l’honneur d’être invité et d’intervenir sur différents sujets en tant que travailleur de la connaissance et blogger (i.e produit de la culture internet). Aux côtés de Serge Soudoplatoff et Yves Eudes, j’ai eu l’opportunité d’échanger et répondre à des questions passionnantes sur le travail au temps du numérique et sur le travailleur de la connaissance.

Quelques réponses qui ont été apportées (ou pas) par moi ou par d’autres … Read the rest of this entry »

Un article du monde sur l’essai de Christian Roudaut : France je t’aime je te quitte.

Dans le billet sur la Société du Malaise, nous en sommes venus, @fbrunel et moi, à discuter de la perspective neuve qu’offre l’expatriation dans la perception de notre pays.

Expatriation qui a déjà suscité des discussions musclées sur Hypertextual et qui demeure une démarche que je ne saurais trop recommander tant elle ouvre les yeux et fait apparaitre les forces et faiblesses de notre modèle sociétal. Read the rest of this entry »

Il ne s’agit pas d’aimer le monde de la compétition ; il s’agit de faire avec. Les Français ne sont pas condamnés au culte des grands souvenirs.

via Alain Ehrenberg : “Le malaise dans la société singularise la France” – LeMonde.fr.

J’ai entendu Ehrenberg dans les matins de France-Culture : son discours était éclairant et lucide. Un écho au pessimisme-social.fr attaqué de front par l’ouvrage de Grunberg et Laïdi, ouvrage auquel Hypertextual n’a de cesse de se réferer.

Son bouquin a l’air passionnant mais bien trop long pour quelqu’un qui, comme moi, prépare la Pihèmepi certifiquècheun. Je vais devoir attendre cet été …

Je recommande vivement nonetheless.

Si vous avez une opinion sur le livre, n’hésitez pas : le lien comment est fait pour cela.

(Illustration de Hu Ming – click for more)

Troisième épisode de la réflexion sur l’aptitude du management français à affronter le 21ème siècle en dépit de son lourd héritage culturel.

Après les coûts de l’obsession de la hiérarchie et du contrôle, puis de la politique, aujourd’hui interessons nous à celui de notre héritage révolutionnaire. Read the rest of this entry »

Un ouvrage éblouissant, indispensable pour comprendre la gauche.fr du XXième siècle.

Gérard Grunberg et Zaki Laïdi, (tous deux directeurs de recherches au CNRS) font partie du crew Telos, engeance réformiste regroupant un certain nombre d’auteurs déjà mentionnés,  incidemment, sur Hypertextual tels que Thomas Philippon, Paul Krugman, Yann Algan ou Pierre Cahuc.

Un essai qui explique comment le pessimisme social est progressivement devenu l’armature de la construction politique et intellectuelle d’une gauche nostalgique des trente glorieuses et arc-boutée dans une diabolisation systématique du libéralisme. Une gauche oppressée par son sentiment d’impuissance face au marché et sa défiance obstinée face à la réalité du monde globalisé.

Grunberg et Zaïdi expliquent enfin comment le discours de Ségolène Royal, adepte de la triangulation Clintonienne ou Blairiste, marque une rupture profonde avec ce traditionnalisme intellectuel (l’ouvrage date de Janvier 2007).

Une analyse à la puissance intellectuelle sidérante qui met l’âme dépressive de la gauche française à nu et décortique les ressorts de son conservatisme marxiste avec une lucidité déconcertante. Bien plus exaltant qu’une cure de Lexomil.

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On en a déjà parlé ici.

Une image impressionnante que celle des malheureux salariés de Continental s’acharnant sur une poupée à l’effigie du patron. Autant le lancer d’oeufs et sa descendance entartreur affichée était marrante et irrévérencieuse, autant là on entre dans une autre dimension, une profonde symbolique psychanalytique, tuer le père etc …

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Propagande : Action exercée sur l’opinion pour l’amener à avoir certaines idées politiques et sociales, à soutenir une politique, un gouvernement, un représentant (Le Robert)

Michel Serres disait qu’il y a 20 ans, lorsqu’il voulait faire réfléchir les étudiants, il leur parlait de politique. Lorsqu’il voulait les faire rire il parlait de religion. Aujourd’hui il a constaté que c’était exactement l’inverse.

Un grand merci donc aux guignols pour avoir ramené la réflexion politique aux 5 minutes quotidiennes de populisme branchouille et aware.

L’antisarkozysme n’est pas une politique | Telos.

Ce n’est pas tous les jours que l’on déniche un auteur dont le discours résonne d’un tel écho.

Un grand nombre des problématiques qui me mettent mal à l’aise aujourd’hui en tant que personne plutôt à gauche, dans ma relation à la chose politique sont, comme par je ne sais quelle magie, levées et élucidées par Grunberg.

Avec cet article : l’anti-sarkozysme dont Heavy Mental traite ici, là, encore ici ou encore là. Quelques extraits :

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Refuser la démagogie pessimiste aurait pu être le titre de ce billet. Dans ce remarquable petit ouvrage, constitué d’entretiens avec Bertrand Richard, la pensée de Lipovestky sur les enjeux de l’hyper-modernité avance avec clarté. Elle  s’oppose avec mesure au radicalisme pessimiste de la tradition intellectuelle française (incarnée ici par les questions fortement orientées de B. Richard), préférant comprendre et analyser les choses telles qu’elles sont plutôt que juger, se vouloir moralisatrice ou encore spéculer sur des dérives forcément totalitaristes.

L’auteur de l’Ere du Vide propose une vision plus subtile et, de fait, moins spectaculaire : “un moindre panache théorique” comme le dit B. Richard dans son introduction.  Bien qu’empreinte d’optimisme, cette pensée reste cependant lucide et sans complaisance, mettant face à face les deux facettes des thèmes sociétaux abordés. L’hyper-consommation, l’éducation, le culte du Nouveau, l’alter mondialisation, la France face à la mondialisation, la technologie face aux idéologies : des extraits passionnants pour vous mettre l’eau à la bouche.  Read the rest of this entry »

Cadeau de noël bien senti : le petit cours d’autodéfense intellectuelle. De multiples techniques pour ne pas se laisser embringuer dans de la manipulation idéologique. Par un auteur qui en profite pour en faire sans la moindre vergogne.

(For the record : Scott Berkun a fait un essai sur un problème identique dans le monde de l’entreprise, sous un intitulé moins pompeux : How To Detect Bullshit.)

Le problème : la furieuse inclination à gauche de l’auteur, le canadien Baillargeon : Noam Chomsky comme horizon de La Vérité, références incessantes aux médias alternatifs, liens vers une surabondance de site alter-mondialistes à l’objectivité pour le moins discutable (Acrimed, Rebelion,rezo.net, plpl, les penelopes, etc …).

Résistons à la tentation de décrédibiliser l’ensemble (remarquablement argumenté) pour un motif difficilement niable de prosélytisme anti-capitaliste. Délestons plutôt ces principes des applications révolutionnaires auxquelles l’auteur nous invite.

Petit extrait commenté sur les stratégies à adopter pour entretenir une attitude critique vis à vis des médias : ne boudons pas le plaisir de retourner ces armes rhétoriques contre les sympathies ostentatoires de l’auteur.

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