“Si la plus grande partie des ouvriers étaient des professionnels hautement qualifiés, ayant à faire preuve assez souvent d’ingéniosité et d’initiative, responsables de leur production et de leur machine, la discipline actuelle du travail n’aurait plus aucune raison d’être.”

Une citation tirée de l’Enracinement, un texte posthume publié en 1949 et dont des extraits figurent dans le cahier central dédié à l’immense philosophe française dans le numéro 83 (Octobre 2014) de l’indispensable Philosophie Magazine.

Une déclaration visionnaire qui pose, 50 ans avant notre économie de la connaissance, les enjeux discutés de nos jours alors que la vision Tayloriste du travail est remise en cause.

“Nothing is so fatiguing as the eternal hanging of an uncompleted task.”

William James was an American philosopher and psychologist, often referred to as the “Father of American Psychology”.

This quote resonates quite vividly for me as it echoes one of the main lean principles : to get things done, reduce work in progress.Why is it so fatiguing ? My take is that until it is completely done a task uses some of your background cognitive power.

A principle also referred to as “Stop starting and start finishing or “Multitasking is the first step in multi-failing”. I sometimes feel multi-tasking could be considered as self-inflicting the Sisyphus curse : going back to an uncompleted task is somehow like having to roll the boulder all the way up the hill, again.

There is some sort of mythology about alleged millenials ability to multi-task but this is just wishful thinking. I am currently enjoying reading Brain Rules and the author John Medina makes it clear that the brain is not able to share attention on two different tasks.

On top of an expert newbie, I rate myself a rather productive person, able to achieve things. [humblebrag] As an example in 2013 : one massive project, one e-book, one new album with my band and a major change in my professional career all the while attempting to have my family not to hate me too much [/humblebrag].

This principle is my north star. I try my best not to keep tasks hanging around and to complete them before moving to something else. How about you ?

La culture managériale demande des travailleurs flexibles, ouverts capables d’apprendre constament des choses nouvelles : on célèbre des potentialités plutôt que des réalisations concrètes. Mais cela vous livre en même temps à une incertitude psychique constante qui est loin de convenir à tous les tempéraments.

Au contraire si vous êtes un artisan, votre travail répond à des standards concrets. Un menuisier qui subit les critiques de son patron peut toujours lui dire : “mais non c’est du bon boulot, carré et impeccable alez vérifier vous même.”  SI vous n’avez pas ces standards concrets, vous ne savez jamais où vous en êtes. Tout est ouvert à l’interprétation. Vous allez donc passer beaucoup de temps à ce que les autres pensent de vous. 

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On doit pouvoir trouver une utilité à ce que l’on fait : d’une façon ou d’une autre, le travail doit laisser une trace pour avoir du sens, or rien de ce qui serait accompli dans la machine à expérience ne laisserait véritablement de trace. Qui plus est, on n’apporterait aucune contribution à la vie des autres. Finalement l’existence n’aurait pas de conséquence véritable.

Une réflexion sur le sens du travail qui résonne d’un écho particulier alors que je viens de procéder à un changement de direction dans ma carrière. Une citation qui nous renvoie en outre à cette notion de dent in the universe par 37Signals.

Lars Svendsen est docteur en philosophie et professeur associé à l’université de Bergen en Norvège. Son ouvrage Le Travail regroupe un ensemble de textes autour non seulement du travail mais aussi des loisirs. Read the rest of this entry »

hossegor

Adoncques, comme presque tous les ans (voir 2007, 2008, 2009, 2010 et 2012) #hypertextual, le blog lecteur compulsif revient sur ses lectures de l’été pour partager le simple et beau plaisir de lire.

Un été de lectures sous le signe de Walden donc, l’ouvrage de Thoreau qui incarne toujours aujourd’hui la coupure volontaire du monde, une coupure nécessaire pour se reposer et se ressourcer, parfaitement de saison. L’ouvrage n’est pas revu ici (voir la chronique de l’impeccable Scott Berkun [EN] pour cela) mais son ombre bienveillante veille incidemment sur la plupart des ouvrages ci-dessous dévorés sous le soleil …

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“Si nous aimons tant admirer c’est aussi parce que nous aimons comprendre.”

Il s’agit d’une citation de Charles Pépin dans le numéro 71 de Philosophie Magazine. La citation est sienne mais l’idée qu’il met en forme ici (Admirer c’est Comprendre) est celle d’Alain le philosophe, dont les Propos sur le Bonheur sont une inépuisable source de sagesse par l’action et la pratique. Read the rest of this entry »

 

“Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action.”

Je regrette de ne pas avoir connu cette citation lors de la rédaction de #hyperchange car je l’aurais probablement mise en exergue tant il s’agit là de la perspective que je souhaitais donner à cet e-book.

On conclut parfois hâtivement que les personnes s’appuyant trop sur la théorie ne sont pas dans l’action (on retrouve cela dans l’entretien avec Anthony Poncier). Notre héritage culturel où la division du travail est pregnante fait que nous sommes souvent persuadés que les deux sont inconciliables chez une seule personne. A moins que ce ne soit la difficulté de la tâche – la présence cognitive permanente dans l’action est en effet épuisante, personne n’a prétendu qu’il s’agissait là de tâche aisée.

Comme le rappelle Matthew Crawford dans Eloge du Carburateur, il s’agit là de la noblesse du statut de travailleur. Daniel Kahnemann dans Thinking, Fast and Slow, explique lui comment cette approche est surtout essentielle pour être capable de prendre de bonnes décisions sans se laisser aveugler par ses intuitions. En cela, la citation de Bergson éclaire magnifiquement le noeud de notre rapport au travail et, au delà, de notre condition, ce que Alexandre Jollien appelle le métier d’homme.

Encore une fois, elle ne fait que me conforter dans cette idée que le Lean et l’approche Entreprise 2.0 sont les plus pertinentes approches de management en ce siècle qui nécessite plus que jamais de l’appliquer consciencieusement : agir en homme de pensée et penser en homme d’action.

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