La culture managériale demande des travailleurs flexibles, ouverts capables d’apprendre constament des choses nouvelles : on célèbre des potentialités plutôt que des réalisations concrètes. Mais cela vous livre en même temps à une incertitude psychique constante qui est loin de convenir à tous les tempéraments.

Au contraire si vous êtes un artisan, votre travail répond à des standards concrets. Un menuisier qui subit les critiques de son patron peut toujours lui dire : “mais non c’est du bon boulot, carré et impeccable alez vérifier vous même.”  SI vous n’avez pas ces standards concrets, vous ne savez jamais où vous en êtes. Tout est ouvert à l’interprétation. Vous allez donc passer beaucoup de temps à ce que les autres pensent de vous. 

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On doit pouvoir trouver une utilité à ce que l’on fait : d’une façon ou d’une autre, le travail doit laisser une trace pour avoir du sens, or rien de ce qui serait accompli dans la machine à expérience ne laisserait véritablement de trace. Qui plus est, on n’apporterait aucune contribution à la vie des autres. Finalement l’existence n’aurait pas de conséquence véritable.

Une réflexion sur le sens du travail qui résonne d’un écho particulier alors que je viens de procéder à un changement de direction dans ma carrière. Une citation qui nous renvoie en outre à cette notion de dent in the universe par 37Signals.

Lars Svendsen est docteur en philosophie et professeur associé à l’université de Bergen en Norvège. Son ouvrage Le Travail regroupe un ensemble de textes autour non seulement du travail mais aussi des loisirs. Read the rest of this entry »

hossegor

Adoncques, comme presque tous les ans (voir 2007, 2008, 2009, 2010 et 2012) #hypertextual, le blog lecteur compulsif revient sur ses lectures de l’été pour partager le simple et beau plaisir de lire.

Un été de lectures sous le signe de Walden donc, l’ouvrage de Thoreau qui incarne toujours aujourd’hui la coupure volontaire du monde, une coupure nécessaire pour se reposer et se ressourcer, parfaitement de saison. L’ouvrage n’est pas revu ici (voir la chronique de l’impeccable Scott Berkun [EN] pour cela) mais son ombre bienveillante veille incidemment sur la plupart des ouvrages ci-dessous dévorés sous le soleil …

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“Si nous aimons tant admirer c’est aussi parce que nous aimons comprendre.”

Il s’agit d’une citation de Charles Pépin dans le numéro 71 de Philosophie Magazine. La citation est sienne mais l’idée qu’il met en forme ici (Admirer c’est Comprendre) est celle d’Alain le philosophe, dont les Propos sur le Bonheur sont une inépuisable source de sagesse par l’action et la pratique. Read the rest of this entry »

 

“Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action.”

Je regrette de ne pas avoir connu cette citation lors de la rédaction de #hyperchange car je l’aurais probablement mise en exergue tant il s’agit là de la perspective que je souhaitais donner à cet e-book.

On conclut parfois hâtivement que les personnes s’appuyant trop sur la théorie ne sont pas dans l’action (on retrouve cela dans l’entretien avec Anthony Poncier). Notre héritage culturel où la division du travail est pregnante fait que nous sommes souvent persuadés que les deux sont inconciliables chez une seule personne. A moins que ce ne soit la difficulté de la tâche – la présence cognitive permanente dans l’action est en effet épuisante, personne n’a prétendu qu’il s’agissait là de tâche aisée.

Comme le rappelle Matthew Crawford dans Eloge du Carburateur, il s’agit là de la noblesse du statut de travailleur. Daniel Kahnemann dans Thinking, Fast and Slow, explique lui comment cette approche est surtout essentielle pour être capable de prendre de bonnes décisions sans se laisser aveugler par ses intuitions. En cela, la citation de Bergson éclaire magnifiquement le noeud de notre rapport au travail et, au delà, de notre condition, ce que Alexandre Jollien appelle le métier d’homme.

Encore une fois, elle ne fait que me conforter dans cette idée que le Lean et l’approche Entreprise 2.0 sont les plus pertinentes approches de management en ce siècle qui nécessite plus que jamais de l’appliquer consciencieusement : agir en homme de pensée et penser en homme d’action.

“La domination planétaire de l’anglo-américain tient à quelque chose de plus profond que la technique et l’économie. La langue américaine contient, en elle-même, une promesse d’avenir, d’espoir. Cela remonte à la formule de la déclaration d’indépendance américaine de 1776 qui institue “la recherche du bonheur” comme “droit inaliénable”. Aucun autre peuple ne s’était donné une telle fin. Cette langue semble murmurer à des millions d’hommes défavorisés dans le monde qu’il y a une chance. C’est pour cela qu’on l’apprend sur la planète entière.”

Citation tirée d’une interview-somme de Georges Steiner dans le Philosophie Magazine #31. L’homme de lettres polyglotte, puits de culture et de bienveillance y raconte comment il a traversé le siècle en s’appuyant sur plusieurs cultures et plusieurs langues maternelles. Magnifique.

L’innovation technique de l’imprimerie est pensable au moment où elle est possible. Avec la révolution numérique nous avons à digérer une offre mondiale et immédiate qui ne correspondait à aucun besoin socialement ressenti. Le possible n’est pas encore pensable.

Une citation tirée du Philosophie Magazine #66 : Y a-t-il un pilote dans l’histoire ? Une citation très belle en ce qu’elle pourrait porter en elle les germes des innovations de demain.  Las ! Un numéro empreint de la nostalgie de nos élites envers cette époque révolue où du coeur de l’occident, la France dominait le monde et écrivait l’histoire. Read the rest of this entry »

petit traité de l'abandon

“Juger la réalité c’est vouloir occuper le trône de Dieu et la place est déjà prise. “

J’éprouve une admiration sans borne pour Alexandre Jollien. Infirme moteur cérébral, Alexandre a trouvé dans la philosophie un moyen d’affronter sa réalité difficile. Son ouvrage Petit Traité de l’Abandon est une leçon de courage, dans sa pratique quotidienne.

Ce livre-CD, dont cette citation est tirée, est un aussi une sorte de guide pour ma résolution 2013 : ralentir et méditer. Un puits de sagesse hautement recommandé.

 

 

 

Se défier de la grandiloquence des décisions spectaculaires et parier sur l’efficacité des menus choix, patients, répétés, qui permettent à la résolution de se dire toujours au présent.

Une citation de Denis Moreau, philosophe et enseignant à l’université de Nantes, citation tirée du numéro #65 de Philosophie Magazine, dans le cadre d’un article sur Descartes et le sens de la vie. Une citation qui peut se lire à l’aune de ces “grandes résolutions” que l’on va crânement énoncer au tournant de la nouvelle année.

Une citation qui peut aussi se lire en rapport au Lean Management et à cette notion de Kaizen, qui préconise l’amélioration par petits pas continus, réguliers et par tous, dans une direction clairement identifiée plutôt que par grandes décisions prises par la direction et imposées aux équipes.

Soyons résolus et soyons dans le présent pour nous améliorer : quelle est la prochaine petite action, celle que je vais faire ici et aujourd’hui pour avancer ?

Obama est attaché à la tradition du pragmatisme, intitiée par les philosophes John Dewey et William James. Ces penseurs affirmaient que toute forme de certitude dogmatique est incompatible avec une approche scientifique. Ils plaidaient en faveur de l’expérimentation dans tous les domaines, en philosophie et en politique, où chaque idée avancée doit être soumise à un examen critique et à une vérification par le biais de l’expérience.

James Kloppenberg est politilogue et il répond ici aux questions de Philosophie Magazine (#64) au sujet des élections américaines. Et si après avoir apporté une alternative au management classique en étant la base du Lean, la méthode scientifique de Francis Bacon du XVIIème siècle  contribuait aussi (enfin) à la transformation de la politique ?

Une bonne excuse pour afficher la splendide pochette de cette compilation réalisée pour supporter la campagne de Barack en l’inscrivant dans la lignée des grands jazzmen afro-américain. Coltrane président !

Like most fears, our fear of wrongness is half real, half spectral. It’s not exactly true there is nothing to fear but fear itself, since wrongness really can have clifflike consequences for our lives. But it is true that the fear of wrongness does nothing but hurt us. It makes it harder to avoid errors (…) and harder to forgive ourselves and others for making them. For everyone involved, then, looking closely at the experience of wrongness is far better than refusing to look at all.

This is a glorious book about the way we are making decisions and how afraid and unrealistic we are with the idea of making mistakes. This was offered by Octo Technology during the USI 2012 Conference [FR] where Kathryn Schulz made a great keynote. so thanks to them for contributing to Les Citations du Dimanche.

“Grâce à la liberté des communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées”

Une vision admirable de Friedrich Nietzsche, tiré des Fragments Posthumes. Cette citation est brandie par Raphaël Enthoven, qui une fois de plus, nous refait le coup du rabat-joie dans le numéro d’Octobre 2012 (numéro 63) de Philosophie Magazine. Read the rest of this entry »

Les medias sociaux sont une drogue dure, violente parce qu’ils se nourrissent du plus solide moteur de nos êtres : notre besoin de reconnaissance.

Second numéro du magazine Clefs dans lequel je lis une brillante intervention de Cyrille de Lasteyrie (aka vinvin) sur le sujet des réseaux sociaux.

Dans le numéro 74, il parlait de l’expérience de déconnection quasi totale lors de son isolement dans une abbaye trappiste de l’Allier. Dans ce numéro (le 76), il livre là encore une réflexion saisissante sur son (mon, notre ?) rapport aux plateformes collaboratives, en se concentrant sur leur caractère addictif.

Ce qui change ici de la condamnation habituelle de ces outils par des intellectuels méprisants qui comprennent mal le sujet, est que cette réflexion lucide et courageuse émane d’un acteur important, complètement immergé dans le sujet. Un texte qui résonne d’un écho particulier pour quelqu’un qui a écrit sur les Splendeurs et Misères du Knowledge Worker.

Une lecture salutaire et hautement recommandée.

Philosophie Magazine propose ce mois-ci encore un dossier remarquable : dans l’édition de Mars 2012 le thème est l’homme débordé. Une excellente opportunité pour #hypertextual de revenir à ces citations du dimanche, bonne pratique piquée sans vergogne à l’excellent blog Solution de Continuité (aujourd’hui en pause) des amis Jean-Paul Jacquel et Trémeur Denigot. Read the rest of this entry »

“Qui se sait profond s’efforce à la clarté. Qui veut paraître profond s’efforce à l’obscurité. “

Une citation tirée du texte éponyme de Philosophe de Service de Raphael Enthoven, recueil de courts essais particulièrement inspirants. Une citation qui renvoie directement à ce très éclairant texte de Benjamin Pelletier : Vous reprendrez bien un peu d’obscurité, cette intervention de Michel Onfray sur l’intimidation par le langage, ou encore cet autre texte, beaucoup plus expeditif, du redoutable Scott Berkun [EN] : The complexifiers & The Simplifiers. Une thématique qui demeure très chère à #hypertextual.

“Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité”.

Chic ! Deux citations cette semaine ! Encore Nietzsche, cette fois-ci cité par Charles Pépin dans une réponse aux lecteurs de Philosophie Magazine. La question porte sur le punk rock et Pépin citeNaissance de la tragédie où Nietzsche distingue le dyonisiaque (soumis à l’ivresse première) et l’apollinien (incarnant le rythme et la beauté formelle). Sans le second, la vision du premier serait insoutenable.

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