“La confiance mutuelle est basée sur une forme de transparence. Elle concerne toutes les parties prenantes (…) Il ne s’agit évidemment pas d’une vision utopique et idéalisée des relations mais d’un constat simple : plus la confiance est faible, plus on a tendance à surenchérir en terme de processus pour se rassurer. L’effet étant immédiatement une déresponsabilisation des personnes et donc une perte de confiance et donc un renforcement des processus … dans une spirale sans fin. (…) Pour rétablir de la confiance, il faut remettre de la transparence, transparence sur les problèmes mais aussi sur la façon de s’en occuper.”

Cécile Roche est Lean Director à Thalès Group. Ce petit guide synthétique d’une grosse centaine de pages a pour objet d’expliquer aux managers ce qu’est le Lean, ce qu’en sont les principes et objectifs, et comment sa mise en oeuvre transforme leur rôle au quotidien.

Un ouvrage pratique et très bien pensé par une practicienne de longue date. Read the rest of this entry »

Ceux qui avaient fui l’Ancien Monde surpeuplé pour le nouveau continent n’étaient pas dôtés de gènes sociables : c’étaient au contraire ceux qui ne s’entendaient pas bien avec les autres.

Une phrase tirée de Freedom un récit à la densité romanesque prodigieuse, quasi-Toilstoïenne, narrant l’histoire d’une famille de la middle-class Américaine dans laquelle la mère est tiraillée entre l’amour pour son mari, homme de bien, et le désir qu’elle éprouve pour le meilleur ami de celui-ci, rock star indépendante. Un tryptique qui n’est pas sans évoquer un autre immense roman américain récent, Le Roman du Mariage de Jeffrey Eugenides (dont une citation pourrait aussi figurer ici : “«Les problèmes amoureux de Madeleine ont commencé au moment où les auteurs français qu’elle était en train de lire s’employaient à déconstruire la notion de l’amour.» mais ne nous égarons pas).

Tirée de l’histoire du grand père suédois du mari qui décide d’émigrer en Amérique au 19ème siècle, on imagine cette phrase donnée depuis la perspective de ceux qui restent. Transposée au 21ème siècle, cette citation évoque aussi les propos que peuvent tenir les allergiques au numérique à l’endroit de ceux qui ont trouvé dans les réseaux un nouveau continent social.

Until eight weeks old, every fetal brain looks female – female is nature’s default gender setting (…) A huge testosterone surge beginning in the eight week will turn this unisex brain male by killing off some cells in the communication centers and growing more cells in the sex and aggression centers (…) How does this fetal fork in the road affect us ? For one thing because of the larger communication center, this girl will grow up to be more talkative than her brother (…) For another, it defines our innate biological destiny, coloring the lens through which each of us views and engages the world.

I’ve heard about this book a few months ago through the presentation of Martin Rossman where he strongly recommends this work to understand the way the brain actually works.

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“Si nous aimons tant admirer c’est aussi parce que nous aimons comprendre.”

Il s’agit d’une citation de Charles Pépin dans le numéro 71 de Philosophie Magazine. La citation est sienne mais l’idée qu’il met en forme ici (Admirer c’est Comprendre) est celle d’Alain le philosophe, dont les Propos sur le Bonheur sont une inépuisable source de sagesse par l’action et la pratique. Read the rest of this entry »

“La France reste une des rares sociétés où l’appartenance à l’élite, une fois acquise, devient permanente. Cela garantit d’en être membre à vie et s’accompagne de nombreux avantages (réseaux de pouvoir, accès à des emplois réservés, merveilleuses sinécures, risque de chômage inexistant).”

Ezra Suleiman enseigne à l’université de Princeton et siège dans plusieurs comités de direction d’institutions publiques et privées et France et à l’étranger.

Cette citation est rapportée par l’implacable Brice Couturier dans sa chronique des matins consacrée au nouvel essai de Peter Gumbel sur lequel #hypertextual reviendra très, très bientôt … oh, et oui : les Citations du Dimanche paraissent maintenant en semaine car j’essaye de rester unplugged le jour du seigneur.

“Je suis étonné que vous ayez tant utilisé le mot changement dans votre présentation. Comme si c’était la clef pour améliorer la situation. Vous devez comprendre qu’en France c’est précisément ce mot qui nous fait peur. Le changement pour nous, cela veut dire que la situation empire, pas qu’elle s’améliore.”

Peter Gumbel vient de publier Elite Academy, ouvrage sur lequel #hypertextual (qui a déjà chroniqué le rafraîchissant On Achéve bien les Ecoliers) va évidemment longuement revenir.

Nous profitons de cette sortie pour citer un autre ouvrage essentiel du britannique : French Vertigo (2006), son premier essai (dans un français admirable) sur ce que lui inspire les incohérences de notre pays. Il reporte dans cet extrait les commentaires d’un enseignant d’économie venu assister à un séminaire animé par l’auteur à l’institut de l’entreprise.

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Our point of view is that the rationale of scalable efficiency is becoming less and less compelling, and the alternative rationale is scalable learning. The reason we have institutions is because we can learn faster as part of an institution than we could alone.

This quote is taken from a great John Hagel interview by Stowe Boyd. The co-chairman of Deloitte Center for Edge innovation shares here a profound idea.

In Here Comes Everybody, Clay Shirky suggests that the core purpose of organizations, as defined by Nobel prize Ronald Coase, (the cost of transaction) is no longer relevant in our networked economy. In order to demonstrate his statement, Shirky draws on complex distributed projects such as open source software or wikipedia. So this has left us wondering : what is the core purpose of institutions in the 21st century ?

John Hagel proposal is inspiring : it is to scale learning to the whole organization for faster individual learning and (I may add) to develop organization intelligence as the network of individual knowledge. Which brings us back to the Knowing-Doing Gap : once the company has accumulated learning and knowledge, how does it turn it back into action ?

The bad news is ignoring the work of people is almost as bad as shredding the result of their work in front of their eyes. The good news is simply looking at what somebody has done and scanning it and say “aha” that seems quite sufficient to dramatically improve people’s motivation.

Dan Ariely is an Israeli American professor of psychology and behavioral economics. He teaches at Duke University and is the founder of The Center for Advanced Hindsight. He describes in this TED talks some experiments that have been carried out to investigate the inner mechanics of personal motivation. Thanks to Vincent Ehrhart for sharing this.

Rather than an information age, it’ more appropriate to speak of an age of networked intelligence in which we can collaborate with others on a global basis at the speed of light. This is why collaboration has become probably the hottest topic in business today.

This is taken from the foreword Don Tapscott wrote for the very actionable essay by Jacob Morgan The Collaborative Organization. We will get back on this smart book very soon – watch this space and in the meantime, give some thoughts to Don Tapscott quote above. Happy Easter people !

 

“Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action.”

Je regrette de ne pas avoir connu cette citation lors de la rédaction de #hyperchange car je l’aurais probablement mise en exergue tant il s’agit là de la perspective que je souhaitais donner à cet e-book.

On conclut parfois hâtivement que les personnes s’appuyant trop sur la théorie ne sont pas dans l’action (on retrouve cela dans l’entretien avec Anthony Poncier). Notre héritage culturel où la division du travail est pregnante fait que nous sommes souvent persuadés que les deux sont inconciliables chez une seule personne. A moins que ce ne soit la difficulté de la tâche – la présence cognitive permanente dans l’action est en effet épuisante, personne n’a prétendu qu’il s’agissait là de tâche aisée.

Comme le rappelle Matthew Crawford dans Eloge du Carburateur, il s’agit là de la noblesse du statut de travailleur. Daniel Kahnemann dans Thinking, Fast and Slow, explique lui comment cette approche est surtout essentielle pour être capable de prendre de bonnes décisions sans se laisser aveugler par ses intuitions. En cela, la citation de Bergson éclaire magnifiquement le noeud de notre rapport au travail et, au delà, de notre condition, ce que Alexandre Jollien appelle le métier d’homme.

Encore une fois, elle ne fait que me conforter dans cette idée que le Lean et l’approche Entreprise 2.0 sont les plus pertinentes approches de management en ce siècle qui nécessite plus que jamais de l’appliquer consciencieusement : agir en homme de pensée et penser en homme d’action.

Notre pays traîne trois boulets : l’anthropocentrisme, le cartésianisme et l’exception française.

L’anthropocentrsime s’appuie sur les dualismes homme/animal, nature/culture et acquis/inné (…). Si une réflexion pointe la necessité de préserver la nature, la biodiversité, voir les populations humaines autochtones, c’est considéré comme de l’anti-humanisme. Il ne s’agit là que de dogmes théologico-philosophiques qui mériteraient d’être validés et, n’en déplaise à notre pensée universaliste, ne sont pas du tout universels. C’est la qu’intervient les “ce que je crois” le cartésianisme s’évertuant à développer des artifices de raisonnements rationnels pour valider des propositions qui, quant à elles, n’ont jamais été évaluées (…) Il y a confusion entre esprit rationnel et esprit scientifique (…) Enfin l’exception française se gargarise dès lors que l’on s’oppose au monde.

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“La domination planétaire de l’anglo-américain tient à quelque chose de plus profond que la technique et l’économie. La langue américaine contient, en elle-même, une promesse d’avenir, d’espoir. Cela remonte à la formule de la déclaration d’indépendance américaine de 1776 qui institue “la recherche du bonheur” comme “droit inaliénable”. Aucun autre peuple ne s’était donné une telle fin. Cette langue semble murmurer à des millions d’hommes défavorisés dans le monde qu’il y a une chance. C’est pour cela qu’on l’apprend sur la planète entière.”

Citation tirée d’une interview-somme de Georges Steiner dans le Philosophie Magazine #31. L’homme de lettres polyglotte, puits de culture et de bienveillance y raconte comment il a traversé le siècle en s’appuyant sur plusieurs cultures et plusieurs langues maternelles. Magnifique.

Systems thinking not only erases the boundaries between the points of view that define the sciences and professions, it also erases the boundary between science and the humanities. Science, I believe, consists of the search for similarities among things that are apparently different; the humanities consist of the search for differences among things that are apparently similar. Science and the humanities are the head and tail of reality—viewable separately, but not separable. It is for this reason that I have come to refer to the study of systems as part of the “scianities.”

This quote is taken from a speech the System Thinking expert and Wharton School teacher gave at Villanova University.

This is a very profound quote, though quite long and difficult to remember. IMHO, this articulation between science and humanities is at the very heart  of organizations complexity, organizations that Edgar Schein refer as socio-technical systems. Hence the relevance of System Thinking to fix our organizations.

Many thanks to Pierre Pezziardi for sharing this. Read the rest of this entry »

L’innovation technique de l’imprimerie est pensable au moment où elle est possible. Avec la révolution numérique nous avons à digérer une offre mondiale et immédiate qui ne correspondait à aucun besoin socialement ressenti. Le possible n’est pas encore pensable.

Une citation tirée du Philosophie Magazine #66 : Y a-t-il un pilote dans l’histoire ? Une citation très belle en ce qu’elle pourrait porter en elle les germes des innovations de demain.  Las ! Un numéro empreint de la nostalgie de nos élites envers cette époque révolue où du coeur de l’occident, la France dominait le monde et écrivait l’histoire. Read the rest of this entry »

Salman Rushdie

“L’exil est un rêve de retour glorieux.”

J’ai englouti durant les vacances les 700 pages de Joseph Anton, l’autobiographie de Salman Rushdie. Quelle joie de découvrir, narrées dans ce style baroque et brillant, les coulisses de l’écriture de chefs-d’oeuvre tels que les Enfants de Minuit, le controversé, stupéfiant et souvent indéchiffrable Versets Sataniques, Le Dernier Soupir du Maure ou La Terre sous Ses Pieds (OK : celui-ci est un peu moins enthousiasmant).

Tout comme Nabokov et Kundera, Rushdie est un de mes auteurs préférés. Et tout comme Nabokov et Kundera, c’est un auteur exilé dont l’oeuvre est innervée par les questions relatives à l’enracinement, aux dimensions multiculturelles et à l’influence des soubresauts du monde sur les trajectoires des personnages.

Cette citation a une petite histoire puisqu’elle est tirée des Versets où, prétée à un des protagonistes, elle porte une forte connotation revancharde. L’auteur s’est surpris à se la réapproprier par la suite, avec une pointe de nostalgie désabusée alors qu’il était interdit de séjour en Inde, le pays de son enfance, pays qu’il a chanté avec cette éloquence chatoyante dans l’ensemble de son oeuvre.

Citation enfin qui résonne particulièrement pour ceux qui se sont exilés et qui éprouvent un sentiment ambivalent à l’endroit de leur pays.

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