La pensée à rebours, cette habitude qui m’avait fait voir du sens là où il n’y avait qu’absence, est peut-être un trait positif. Mais elle se ramène parfois à nier l’évidence (…) Ne pas tenter de le faire équivaut à se laisser balloter par les vagues, pour se fracasser sur les récifs du désespoir.

J’ai déjà chanté ici mon amour de la littérature américaine. Le souffle mythique, la finesse psychologique, les grands espaces désolés en écho aux paysages mentaux des protagonistes, la brutalité de la nature, une écriture sous tension pour une puissance romanesque sans égal de ce côté-ci de l’Atlantique ou du café Flore. Read the rest of this entry »

“La confiance mutuelle est basée sur une forme de transparence. Elle concerne toutes les parties prenantes (…) Il ne s’agit évidemment pas d’une vision utopique et idéalisée des relations mais d’un constat simple : plus la confiance est faible, plus on a tendance à surenchérir en terme de processus pour se rassurer. L’effet étant immédiatement une déresponsabilisation des personnes et donc une perte de confiance et donc un renforcement des processus … dans une spirale sans fin. (…) Pour rétablir de la confiance, il faut remettre de la transparence, transparence sur les problèmes mais aussi sur la façon de s’en occuper.”

Cécile Roche est Lean Director à Thalès Group. Ce petit guide synthétique d’une grosse centaine de pages a pour objet d’expliquer aux managers ce qu’est le Lean, ce qu’en sont les principes et objectifs, et comment sa mise en oeuvre transforme leur rôle au quotidien.

Un ouvrage pratique et très bien pensé par une practicienne de longue date. Read the rest of this entry »

Ceux qui avaient fui l’Ancien Monde surpeuplé pour le nouveau continent n’étaient pas dôtés de gènes sociables : c’étaient au contraire ceux qui ne s’entendaient pas bien avec les autres.

Une phrase tirée de Freedom un récit à la densité romanesque prodigieuse, quasi-Toilstoïenne, narrant l’histoire d’une famille de la middle-class Américaine dans laquelle la mère est tiraillée entre l’amour pour son mari, homme de bien, et le désir qu’elle éprouve pour le meilleur ami de celui-ci, rock star indépendante. Un tryptique qui n’est pas sans évoquer un autre immense roman américain récent, Le Roman du Mariage de Jeffrey Eugenides (dont une citation pourrait aussi figurer ici : “«Les problèmes amoureux de Madeleine ont commencé au moment où les auteurs français qu’elle était en train de lire s’employaient à déconstruire la notion de l’amour.» mais ne nous égarons pas).

Tirée de l’histoire du grand père suédois du mari qui décide d’émigrer en Amérique au 19ème siècle, on imagine cette phrase donnée depuis la perspective de ceux qui restent. Transposée au 21ème siècle, cette citation évoque aussi les propos que peuvent tenir les allergiques au numérique à l’endroit de ceux qui ont trouvé dans les réseaux un nouveau continent social.

Until eight weeks old, every fetal brain looks female – female is nature’s default gender setting (…) A huge testosterone surge beginning in the eight week will turn this unisex brain male by killing off some cells in the communication centers and growing more cells in the sex and aggression centers (…) How does this fetal fork in the road affect us ? For one thing because of the larger communication center, this girl will grow up to be more talkative than her brother (…) For another, it defines our innate biological destiny, coloring the lens through which each of us views and engages the world.

I’ve heard about this book a few months ago through the presentation of Martin Rossman where he strongly recommends this work to understand the way the brain actually works.

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“Si nous aimons tant admirer c’est aussi parce que nous aimons comprendre.”

Il s’agit d’une citation de Charles Pépin dans le numéro 71 de Philosophie Magazine. La citation est sienne mais l’idée qu’il met en forme ici (Admirer c’est Comprendre) est celle d’Alain le philosophe, dont les Propos sur le Bonheur sont une inépuisable source de sagesse par l’action et la pratique. Read the rest of this entry »

“La France reste une des rares sociétés où l’appartenance à l’élite, une fois acquise, devient permanente. Cela garantit d’en être membre à vie et s’accompagne de nombreux avantages (réseaux de pouvoir, accès à des emplois réservés, merveilleuses sinécures, risque de chômage inexistant).”

Ezra Suleiman enseigne à l’université de Princeton et siège dans plusieurs comités de direction d’institutions publiques et privées et France et à l’étranger.

Cette citation est rapportée par l’implacable Brice Couturier dans sa chronique des matins consacrée au nouvel essai de Peter Gumbel sur lequel #hypertextual reviendra très, très bientôt … oh, et oui : les Citations du Dimanche paraissent maintenant en semaine car j’essaye de rester unplugged le jour du seigneur.

“Je suis étonné que vous ayez tant utilisé le mot changement dans votre présentation. Comme si c’était la clef pour améliorer la situation. Vous devez comprendre qu’en France c’est précisément ce mot qui nous fait peur. Le changement pour nous, cela veut dire que la situation empire, pas qu’elle s’améliore.”

Peter Gumbel vient de publier Elite Academy, ouvrage sur lequel #hypertextual (qui a déjà chroniqué le rafraîchissant On Achéve bien les Ecoliers) va évidemment longuement revenir.

Nous profitons de cette sortie pour citer un autre ouvrage essentiel du britannique : French Vertigo (2006), son premier essai (dans un français admirable) sur ce que lui inspire les incohérences de notre pays. Il reporte dans cet extrait les commentaires d’un enseignant d’économie venu assister à un séminaire animé par l’auteur à l’institut de l’entreprise.

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