French Blogging sucks

On m’a plusieurs fois demandé pourquoi je bloggais en anglais.

Ce post s’attache à essayer de répondre à cette question. Je ne suis toujours pas certain que ce soit très intéressant à lire. Ca l’a été à écrire en tout cas, believe me.

Songs to learn and sing

(Petite intro pour justifier la pub graphique pour les copains)

Je me rappelle de ces longues discussions sur la tech mob avec Julien de Hey Hey My My, Zwaffle de Mondegreen ou Nicolas la voix impeccable de Paris, Diplomatic Shit et surtout de l’excellent album de Poni Hoax.

Bref ma question : mais pourquoi ne chantez vous donc pas dans votre langue maternelle ? La réponse était inévitable : Parce que notre culture musicale est anglo-saxonne. Les albums que nous écoutons, les artistes que nous chérissons et qui nous ont donné envie d’être musiciens sont en grande majorité anglo-saxons. Accessoirement, ils pouvaient ainsi m’avouaient-ils prendre quelques libertés avec le sens.

Et aussi : parce qu’ils avaient un peu honte de la culture musicale française, qu’ils ne souhaitaient pas, même à leur modeste niveau, y être associés.

Je trouvais cette attitude plutôt pusillanime, ce refus d’assumer sa langue, sa culture etc … Il faut préciser qu’au moment de cette conversation j’étais expatrié et plutôt en manque de francité.

Aujourd’hui je comprends un peu mieux cette position.

Creating Passionate bloggers

Donc si j’écris en anglais, un peu comme les potes qui le chantent, c’est parce que tous les bloggers que je lis régulièrement et dont je me sens proche, dont la lecture m’enthousiasme et m’apporte de la matière à réfléchir, et bien tous ces bloggers sont anglo saxons figurez vous : Kathy Sierra, Danah Boyd, Hugh McLeod, Roger Von Oesch, Scott Berkun, Jason Fried.

Lost in movies DIplomatic ShityJ’ai des prédispositions : j’ai vécu 3 ans à Londres, qui est ma capitale professionnelle et culturelle. Bière, football, pop musique, humour tongue-in-cheek, pragmatisme : j’adore ce pays. (Je laisse juste un peu de temps s’écouler pour me faire cataloguer de gros salaud de libéral demeuré … voilà).

Par ailleurs sur les bientôt 20 années de ma carrière, un gros 2/3 l’a été en milieu international avec l’anglais comme langue officielle. Donc pour ce qui est des sujets techniques, ça me vient plutôt en anglais.

Et puis, pour tout vous dire, dans ma culture il y a deux choses qui me gênent considérablement dans le rapport à l’écrit : le sacré et la politique.

L’Ecrit et le Sacré

Ma petite théorie déjà avancée ici (en fait ce n’est pas exactement ma théorie, je crois l’avoir entendue chez BHL, Luc Ferry ou un lascar à mèche du genre) : depuis qu’on a décapité notre roi puis viré le religieux de l’espace public il n’y a plus de sacré. Les lumières qui passaient par là se sont ainsi vu sacralisés et par extension l’a été l’écrit. (Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien, hein, je constate juste).

Du coup les auteurs autorisés s’écoutent écrire, leur objectif étant plus d’épater la galerie que de se faire comprendre (abération à l’opposée des 7 vertues du blogger telles que définies par Sierra et McLeod, entre parenthèses).

Autres conséquence : chaque goût énoncé en littérature est perçu comme une profession de foi et provoque d’âpres batailles esthétiques. Chaque écrit est reçu avec une gigantesque circonspection, comme une grande preuve d’arrogance ou je ne sais quoi ; la mise au pilori n’est jamais loin. Bref : c’est juste pas cool.

Save me from le Politique

L’omniprésence du politique est une autre plaie de l’écrit. Il y a une très grande confusion dans l’esprit des français complètement envahi par le politique ou tout au moins son plus petit dénominateur commun : l’atavique combat droite/gauche. Et alors ça, c’est carrément épuisant.

On ne peut pas poser une réflexion sociale, esthétique ou professionnelle sans qu’immédiatement ce ne soit politiquement latéralisé. C’est une sorte de reflexe primal et obscène, comme une érection malvenue. Bien entendu pour nous français cela semble naturel et normal mais pour ceux qui n’ont pas l’habitude de cette culture c’est carrément embarrassant. Le pire : nous sommes persuadés qu’il s’agit là d’une position intellectuelle (soupir + yeux au ciel).

On se retrouve alors avec les blogs satiriques débiles tristement de gauche , l’esprit Charlie Hebdo, tout ça, bon. Perso, moi ça me déprime profondément, un peu comme Guy Carlier, Bigard ou Laurent Ruquier.Et là pareil : les mecs ils sont persuadés avoir de l’esprit, hein. C’est térrifiant.

Il y a aussi le type blog de winner qui est à fond dans l’archétype de l’entrepreneur anglo-saxon. Pareil : je peux juste pas. Le pire : cette attitude caricaturale du carriériste qui se la pète, active encore plus le ressentiment et l’amertume chez les losers de gauche envers les héritiers de droite : c’est indémerdable.

Voilà : écrire en anglais c’est me délester de ces deux poids épuisants, le sacré et le politique, de ces attributs ontologiques de l’écrit en France.

Bien évidemment je n’ai pas lu tous les blogs français du monde libre mais sincèrement ceux que je connais, à quelques exceptions près (check le blogroll), ça ne donne pas vraiment envie d’y être associé.

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40 thoughts on “French Blogging sucks

  1. Dommage que vous ne l’ayez pas écris en anglais ce post, car, vous risquez d’être lu par des francophones qui d’après vous sont politisés et considèrent l’écrit avec un sens du sérieux qui confine au sacré.
    Et que vont-ils en penser, si tel est effectivement le cas (ce dont nous pouvons fortement douter aux vues des dernières présidentielles et de leur résultat) ?
    Certains, comme moi, y verront une double contradiction ou paradoxe, car, bien que vous exprimant régulièrement sur le ton de la moquerie, du badinage, vous tenez à ce que le fond de votre propos soit pris aux sérieux, vous êtes même prêt à le défendre.
    D’autre part, en critiquant le clivage politique droite/gauche au cœur selon vous de toute analyse sociétale dans l’hexagone, vous ne faites que vous mettre au-dessus de la mêlée. Autrement dit, vous n’apportez pas d’éléments permettant de condamner cette opposition, vous vous contentez de la ringardiser aux noms de principes politiques que vous survalorisez, comme le pragmatisme, qui eux font pourtant bien partie ici de cette bipolarité…
    Votre écrit est donc selon vos propres critères, et malgré sa critique, des plus français. Vous avez finalement eu raison de l’écrire dans votre langue natale.

    yG

  2. Il faut vraiment que je passe plus souvent sur ton blog … une petite pépite dans la blogosphère, sincèrement.

    La preuve : ta réflexion très juste sur l’écrit et la politique … Bravo … your blog must go on 😉

  3. Bonjour, je ne vois pas apparaître mes derniers post chez vous, ici et sur votre page d’Au revoir Simone, est-ce un problème technique ou personnel ?
    Que je sache tout simplement. Merci d’avance.

    yG

  4. Yo Cecil,

    Alors la bravo! Tu est arrivé à formuler ma pensée à ce sujet.

    A vrai dire, j’ai toujours écrit en anglais sur mon blog et même depuis mon premier site web (>=1995). On m’a souvent posé cette question. Ecrire en français sur mes sujets préfères ma toujours fait une drôle d’impression, comme être un peu a côté de la plaque.

    Maintenant je sais d’où ça vient! 🙂

    Comme tu l’a fait remarquer, depuis que j’ai goûté a l’international, je n’ai plus envie de faire partie de l’exclusivité française.

  5. Bonjour, c’est ma première visite sur votre blogue, arrivée par hasard (venant de chez A Fresh Start, ayant suivi le lien sur un commentaire que vous y avez laissé), et c’est le seul billet que j’ai lu pour l’instant.

    J’ai été extrêmement sensible à tout ce que vous y avez écrit, pour partager ce point de vue entièrement.

    J’ai pour ma part fait le choix inverse du vôtre, à savoir écrire en français pour plusieurs raisons, la première étant que je m’y sens plus à l’aise, et aussi que je cherchais un public francophone, pour non pas parler à des convaincus, mais essayer justement de faire apprécier la différence (qui est mon sujet de prédilection).

    Sans tomber dans les stéréotypes, j’ai envie de dire que le Français au travers de sa culture, véhiculera le gommage de la différence, là où l’Anglo-Saxon l’intégrera. C’est peut-être pour cela qu’il y a plus de place pour se sentir libre en anglais qu’en français, et je comprends donc très bien votre choix.

    Il me reste maintenant à aller peut-être vous rendre une visite un peu plus approfondie, et vous remercier de l’espace que vous m’avez accordé ici avec ce billet passionnant.

  6. @Yannick : le but de ce billet n’est pas de changer le monde mais juste d’exprimer ma profonde lassitude par rapport à des reflexes culturels Français forts (de sacralisation et politiques) dans notre relation à l’écrit, reflexes par ailleurs identifiés automatiquement à des positions intellectuelles. Et il s’agit là de supercherie.

    Associer le pragmatisme à une position politique en est un exemple.

    Je ne saurais trop vous conseiller de lire les blogs de Kathy Sierra ou Hugh MCLeod (GapingVoid) pour vous offrir une perspective différente.

  7. @Otir : Merci pour ce commentaire et soyez la bienvenue sur Heavy Mental.

    Je suis vraiment ravi de constater que ce type de problèmatique intime, qui me questionne beaucoup, interpelle un grand nombre de bloggers !

    Ce qui est important à mon sens n’est pas d’ecrire en telle ou telle langue mais savoir pourquoi on le fait.

  8. “Associer le pragmatisme à une position politique en est un exemple.” dites-vous.

    Que le concept de pragmatisme en France soit dans les discours régulièrement, pour ne pas dire systématiquement, employé par des hommes politiques ou des syndicats de droite, n’est pas une surprise. Tout simplement parce que l’idéologie de droite a érigé les notions d’efficacité, de pratique, d’utilité, à leurs pinacles. Ceci sans se soucier une seconde du fait que ces notions, efficacité, sens pratique sont des notions relationnelles.
    Pratique et efficace par rapport à quoi, par rapport à qui ?
    Les penseurs de droite que j’ai déjà entendu déclarent généralement par rapport à un problème, pensant par là entériner profondément leur logique.
    Hélas, un problème est rarement aussi simple, aussi peu complexe, qu’une seule solution s’impose. Lorsque vous soulignez ceci aux pragmatiques, certains vous disent que, toutes choses égales par ailleurs, la plupart du temps, une solution se dégage parmi d’autres.
    Mais voilà, ils ont dû en passer par le nivellement, toutes choses égales par ailleurs. Il faut en effet supprimer des variables, n’en garder que le minimum, pour pouvoir trancher est déclarer pompeusement, cette solution est la plus pratique.
    Il faut occulter, évincer d’autres problèmes, éthiques le plus souvent, pour arriver à cette conclusion si simple, pour ne pas dire simpliste.
    La droite française tente vainement depuis des années de dissimuler son idéologie derrière les termes de pragmatisme, de bon sens, j’en passe et des meilleurs. L’idéologie étant bêtement associé aux massacres du vingtième siècle, il faut pour eux employer le jargon technique le plus neutre, celui qui parle aux consommateurs/électeurs avec plaisir, simplicité, le langage marchand du lave plus blanc ; c’est bien pratique, c’est visible, même lorsqu’un Coluche a pourtant souligné en son temps que plus blanc que blanc n’était qu’une escroquerie de plus…
    Ce sont vos mots qui m’intéressent, la façon dont vous défendez vos idées ici, je n’ai pas le désir de débattre sur plusieurs dizaines de blog, chacun se renvoyant la balle, c’est donc ici que j’attends patiemment votre développement concernant le pragmatisme comme a-politique, la thèse opposée à la mienne.

    à bientôt, j’espère.

    yG

  9. Lorsque je vous conseille d’aller lire ces bloggers ce n’est pas pour y participer mais voir le monde selon une autre perspective.

    Ca permet à l’esprit de faire un pas de côté de voir les choses sous un angle différent. C’est un exercice formidable et salutaire.

    http://www.gapingvoid.com/Moveable_Type/archives/000932.html

    http://headrush.typepad.com/creating_passionate_users/2006/04/angrynegative_p.html

    Je ne positionne pas ma conception de la société à droite si c’est ce que vous voulez savoir. Car voyez vous on peut être très en colère contre le peuple de gauche (comme je le suis depuis le printemps 2002) sans être nécessairement de droite. D’ailleurs je refuse de considérer la société sous cet angle qui me semble reéducteur et complètement obsolète aujourd’hui, qui ne correspond pas du tout à ma grille de lecture de la société.

    Je suis aussi un peu remonté contre la bien-pensance de gauche (monde diplo, libé, inrocks) qui a baigné ma vie d’adolescent et de jeune adulte (86-2001) pour m’avoir enfermé dans ces schémas de pensées psycho-rigides. Vivre à l’étranger, découvrir d’autres méthodes et d’autres média (nytimes.com, guardian.co.uk, independent.co.uk) pour penser la société m’ont procuré un immense soulagement en même temps que d’autres perspectives.

    C’est un peu comme cet exercice où il faut rejoindre les 4 angles du carré sans lever la main : si on ne sort pas du carré on n’y parvient pas.

    Les blogs ci-dessus, et ces medias anglo-saxons m’ont permis de rejoindre les 4 coins sans lever la main, juste en sortant du carré. J’ai pu ainsi identifier des approches sociales et intellectuelles qui ne sont pas necessairement belliqueuses, revolutionnaires ou partisanes, délatrices, et qui correspondent bien mieux à ma reflexion intime sur le vivre ensemble.

    Pour conclure, quelques défintions de pragmatisme pour bien cadrer le sujet :

    – Qui considère la valeur concrète des choses, la pratique. Synonyme : expérimental

    – Théorie selon laquelle notre intelligence doit nous servir à agir sur les choses. La connaissance n’est que l’ensemble des moyens appropriés pour agir sur les choses. Pour le pragmatisme, c’est parce que cela fonctionne que cela est vrai et non l’inverse.

    – Doctrine qui prend pour critère de la vérité, la valeur pratique. Fondé sur l’étude des
    faits. Pour le pragmatique: “est vrai ce qui réussit” et il n’y a pas de vérité absolue

    ***********

    Ce que je remarque à ce sujet : les gens qui agissent sont volontiers pragmatiques. Les gens qui préfèrent parler le sont moins. Etant moi même pragmatique, j’eprouve plus d’intérêt pour les gens qui agissent.

  10. Faire un pas de côté, se décentrer, relativiser, sont évidemment de bons exercices pour aguerrir sa pensée. C’est ce que je fais en discutant avec vous, comme en lisant de nombreux auteurs contemporains de toutes cultures.
    Il n’en reste pas moins, vous qui êtes un partisan de l’action, que lorsque cette dernière est enclenché, elle ne tolère plus les demi-mesures, l’action est la fin, dans les deux acceptions principales du terme, achèvement et finalité, de la pensée.
    Prôner le pragmatisme est donc une manière d’écourter la réflexion pour passer au plus vite à l’action. C’est en cela qu’elle constitue un biais de plus préjudiciable, non seulement elle fait passer la pensée comme coupé de l’action, ce qui est une pure et simple hérésie, mais ce faisant, elle permet aussi de l’ajourner au nom des principes dit plus pragmatique, la politique de Bush depuis 2001 en est une triste démonstration.
    Comme vos définitions du pragmatisme l’attestent, mais sans le souligner, « Pour le pragmatique: “est vrai ce qui réussit” » et « Pour le pragmatisme, c’est parce que cela fonctionne que cela est vrai », le pragmatisme est, surtout en politique, pas dans le domaine technologique, avant tout une validation par les faits.
    Or, l’histoire, domaine dans lequel s’inscrit le politique, n’est pas un domaine expérimentale, on ne peut comparer, car, il n’y a qu’une histoire à chaque fois. On ne peut garantir que la politique américaine de Bush, par exemple, était la bonne, parce qu’il n’y a pas eu d’autres 11 septembre depuis, puisque bien d’autres politiques auraient en théorie pu arriver aux mêmes résultats, sans avoir les mêmes désavantages.
    Le pragmatisme en politique est donc une manière peu subtile de valider, sans comparaison, sans contre expérimentation, tout en faisant croire le contraire. C’est ajouter aux faits, cela a fonctionné (Saddam est bien destitué, youpi), un pouvoir qu’ils n’ont jamais, celui de corroborer l’énoncé suivant, cela n’aurait pas pu fonctionner autrement.
    Il ne nous faut pas oublier que le factuel ne dit rien d’autre que ce qu’il est, il ne peut donc valider une politique parmi toutes les autres. Par conséquent, il ne suffit jamais de se parer du pragmatisme pour ne pas avoir de compte à rendre, le succès n’est pas le seul critère à prendre en compte, la manière est aussi primordiale. C’est en cela que je ne suis pas un supporter du pragmatisme en politique.

    yG

  11. il y a dans l’excellent film d’al gore (unconvenient truth) ce passage ou il dit : “les gens passent brutalement du déni le plus complet à un enorme decouragement. et entre les deux n’y-a-t-il rien que nous puissions faire ?”.

    bon ben là c’est un peu pareil. entre l’inertie de la société francaise et envahir l’irak il y a quelques etapes intermediaires ? En même temps c’est vrai que c’est intellectuellement moins fatiguant de procéder ainsi : pragmatisme = GW Bush. Nous restons donc dans le manichéïsme, dans notre petite boîte carrée. cela m’interesse peu.

    c’est pour cela que je vous invite à lire ces bloggers. et ces journaux en ligne. Dire que c’est bien de faire un pas de coté c’est cool. Le faire c’est mieux. Vous donnez vraiment le sentiment que lorsque vous dites “lire de nombreux auteurs contemporains de toutes culture” il s’agit d’auteurs francais de gauche. Il y en a de très bon, hein.

    vous voyez comme je suis tranquille quand j’ecris en anglais ? je n’ai pas toutes ces conversations politiques interminables… (rires)

  12. Je ne fais pas l’équation pragmatisme égale Bush, je déclare que Bush et ses partisans se sont réclamés du pragmatisme, autrement dit, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, et on ne récuse pas une démonstration en refusant l’un des ses exemples, il y en à d’autres, il suffit de demander.

    Ainsi, par chez nous, si vous préférez, c’est Sarkozy, sa clique et le Medef qui font usage de cette malheureuse rhétorique, pas de quoi davantage pavoiser.

    Quant à mes pas de côté, mes lectures étrangères, je n’ai pas à en faire ici étalage pour appuyer mes propos, l’argument d’autorité, non merci, qu’importe donc votre impression.

    Il vous faudra me répondre plutôt que m’inviter systématiquement à aller voir ailleurs. C’est aussi à l’aune de votre argumentation que je peux juger de vos principes et de l’utilité de suivre votre décadrage.

    yG

  13. Ecoutez Yannick je ne veux pas paraitre trop directif mais : sincèrement, ca ne m’interesse pas de discuter politique. Gauche droite tout cela m’indiffère, m’insupporte même. C’est pour cela que je blogge en anglais, etc …

    je pourrais vous dire que Kim II Sung se reclamait du socialisme et on serait repartis pour une dizaine d’années de diatribes inutiles.

    je préfère conserver mon énergie pour écrire un long post à la gloire de l’austérité pragmatique de Scott Berkun, voilà une perspective qui m’emoustille bien plus.

  14. Autant que cela soit dit. Il n’en reste pas moins à mes yeux, que vos posts ne sont pas pour autant innocent politiquement parlant.
    Bonne soirée.

    yG

  15. Intéressante conversation – non moins que sa conclusion en queue de poisson, faute d’arguments… Privilégier l’anglais, et donc le référent anglo-saxon, ou le pragmatisme et “l’ailleurs” politique sont les facettes d’un même positionnement. Parfaitement respectable, mais qui a pour principe de s’ignorer comme positionnement (ce n’est pas un positionnement, c’est la nature, c’est l’expérience, c’est la main invisible, c’est comme ça, voilà tout…). C’est amusant de voir que tu écris un post pour le revendiquer, et que tu met fin à la discussion en disant: ça ne m’intéresse plus, restons-en là. On peut le dire autrement: c’est à prendre ou à laisser… Ca ne te rappelle rien? Un truc pour se protéger des contradictions, un système qu’on appelait autrefois l’idéologie?

    Des blogs passionnants, il y en a en anglais, en français, en japonais, et probablement dans toutes les langues parlées de la terre. Les seules langues exclues de la blogosphère sont les langues mortes! Je suis bien d’accord que ce que peut écrire Barbara Cassin sur Google est particulièrement con, et qu’il y a un vrai problème d’arriération intellectuelle des intellectuels médiatiques franchouillards. Mais je ne crois pas que la position d’Andrew Keen témoigne d’une compréhension tellement plus fine du web 2.0, quand bien même elle est énoncée dans la langue de Shakespeare. Comme disait Cyrano, dans celle de Molière, c’est un peu court, jeune homme 😉

  16. Bonjour André et bienvenue.

    C’est à croire que je m’exprime mal. Si j’ai arrété cette conversation interminable c’est parce que Yannick ne comprenait pas ce que je disais ni s’y interessait d’ailleurs. Son objectif etant de dire pragmatisme = politique = GW Bush = le mal.

    Mon positionnement est le suivant : je prefere l’amour en mer (c’est juste une question de tempo) et les bloggers anglo-saxons susnommés parce que leur pensée :

    1) n’est pas ORIENTEE POLITIQUEMENT,

    2) N’EST PAS PARTISANE,

    3) NE PROCEDE PAS PAR REFLEXES PAVLOVIENS du genre : LIBERAL = MECHANT, ALTERMONDIALISTE = TROP SYMPA / USA = DEBILE, FRANCAIS = TROP INTELLO / CULTURE LITTERAIRE = LE BIEN, CULTURE DIGITALE = MONGOLITO / et le pire de tout : GAUCHE = BIEN, DROITE = MAL

    4) est centrée sur le caractère SOCIAL et pas POLITIQUE du Web

    5) qu’il ne s’agit pas d’assertions de type : JE PENSE POLITIQUE ET J’EMPLOIE DES PUTAINS DE MOTS COMPLIQUES = JE SUIS UN INTELLECTUEL

    6) Qu’il y a surtout une immense HUMILITE de ces bloggers vis à vis de leur lectorat. Ainsi considerent-ils que des lecteurs qui leur ACCORDE du temps pour les lire leur font un HONNEUR et pas l’inverse.

    7) Il n’y a PAS CE RAPPORT AU SACRE de celui qui s’écoute écrire. Un exemple tout simple : il m’est plus facile de lire les essais en anglais de danah boyd que les textes de sociologues francais en raison du considérable effort qu’elle met en oeuvre pour exprimer clairement et justement ses idées, plutot que d’epater la galerie.

    Bref : délestés de tous ces travers de l’écrit (le sacré et le politique) il me semble qu’ils offrent une perspective plus claire et plus saine de penser notre relation au web et plus généralement au monde. Ce que disait le post initial tout compte fait.

    Les bloggers francais que j’ai lus ont SYSTEMATIQUEMENT une position politique tranchée (a ma droite Le Meur, à ma gauche rue89.com) et une manière obtue d’appréhender le monde : ca me saoule et ca ne m’interesse pas.

    maintenant, utiliser ce vieux conservateur de Andrew Keen (que je n’ai jamais cité) et son bouquin reac’ pour discréditer les blogger anglo-saxons, c’est un peu comme parler de GW Bush pour discrediter le pragmatisme.

    Ma conviction : la grille de lecture gauche/droite du monde héritée de 68 est complètement obsolète. Et que comme le rappelle Rocard, ce reflexe consistant à vouloir faire croire que l’on peut supprimer et vivre en dehors du libéralisme est de la pure perte de temps démagogique.

    voili, voilà …

  17. Sorry pour Keen, mais c’est toi qui proposais la dichotomie anglais/français, sans autre précaution. Evidemment, si tu expliques que tu préfères les bons blogs anglais aux mauvais blogs français, je crois qu’on sera tous d’accord… 😉

  18. Comme dirait John Holmes, c’est un peu court mon vieux 😉 Si c’était pour ne dire que ça j’espère que j’aurais eu la décence de vous épargner un billet.

    Ce que je dis : je préfère la pensée (et l’art aussi mais il s’agit là d’une autre histoire) délestée d’une approche politique systématique et partisane et je préfère la pensée lorsqu’elle est servie par un écrit humble et désacralisé.

    Cette pensée là, je la trouve beaucoup plus fréquemment sur les blogs anglo-saxons que sur les blogs français.

    Mon positionnement c’est de n’avoir de goût que pour la pensée pure, la production d’idée et de raisonnement.

    Et de ne pas sombrer dans la complaisance de la complicité intellectuelle avec le premier tocard venu sous pretexte qu’il utilise de mots compliqués, des références intello-cultes, et que tout cela est sous-tendu par une conscience de gauche ostentatoire.

  19. Sérieusement cette fois: comment ne pas être d’accord avec tes préférences? Mais on ne doit pas lire les mêmes blogs français… Le Meur, j’ai arrêté depuis longtemps, mais Eolas, Econoclaste, Affordance, La Feuille, Homo Numéricus, Iconique, Lyonel Kaufmann, le Tiers Livre, Figoblog, Véronis et tant d’autres, indispensables, ce sont selon toi des gens qui se regardent le nombril en se jetant des réferences intello cultes? Je rêve. Un conseil: avant de cracher sur les blogs français, met tes fils RSS à jour…

  20. hey merci pour toutes ces references !

    juste que je comprends pas pourquoi tu passes ainsi du paternalisme a l’énervement. Je n’ai pas craché sur les blogs français, j’ai juste argumenter mes préférences, c’est pas la peine de prendre les tours comme ça. Et mes flux RSS debordent si tu veux savoir.

    Ce que je n’ai pas précisé : la pensée qui m’interesse est celle de notre relation sociale et professionnelle aux technologies digitales en general et au web en particulier. il n’est pas question ici de Pensée philosophique etc …

    Figoblog et la Feuille semblent très thématiques (edition, etc …) et semblent s’attarder plus sur une présentation de services (un peu comme techcrunch).

    econoclaste ca a de la tenue : j’y etais passé quand j’avais vu qu’eux aussi avait chroniqué l’épatant bouquin de philippon. mais la encore c’est du thematique (economique).

    Veronis : 3 article un sur les mots en sarko-, un sur le “naturellement” de bayrou et un qui se moque de fillon. pas vraiment ma tasse de thé.

    Quant à francois bon je ne suis a priori pas fan des hagyographes des icônes poussièreuses du rock mais je regarderai son blog.

    homo numericus correspond plus à ce qui m’interesse. merci.

  21. “la pensée qui m’interesse est celle de notre relation sociale et professionnelle aux technologies digitales en general et au web en particulier.”

    Franchement, tu aurais pu commencer par là, ça aurait évité les malentendus. Parce que sur ce terrain, tu as parfaitement raison, j’ai même posté sur le même thème…

  22. “Son objectif etant de dire pragmatisme = politique = GW Bush = le mal.”

    Pas sympa de me faire tenir des propos qui ne sont que dans votre bouche, euh clavier. Surtout une fois que vous m’avez invité à abréger la conversation…
    J’ai donné suffisamment d’arguments pour invalider l’usage du pragmatisme en politique pour qu’on ne me caricature pas par le biais d’une équation, sans autre forme de procès. Vous parliez de respect de vos lecteurs…

    Enfin, je partage tout à fait l’analyse du premier paragraphe de la première intervention de André Gunthert.

    yG

  23. Yannick,

    Je n’ai abrégé qu’une conversation stérile : vous tenez vos positions, je tiens les miennes (que je rappelle dans ma réponse à André G). Rappel de votre position. Je vous cite :
    ********
    “Le pragmatisme en politique est donc une manière peu subtile de valider, sans comparaison, sans contre expérimentation, tout en faisant croire le contraire. C’est ajouter aux faits, cela a fonctionné (Saddam est bien destitué, youpi), un pouvoir qu’ils n’ont jamais, celui de corroborer l’énoncé suivant, cela n’aurait pas pu fonctionner autrement.”

    ********

    Il y a avait Gerard Collomb ce matin sur Inter. Il parlait de Manuel Valls et de lui-même et disait ceci :
    ******
    “peut-être est-ce dû au fait que Valls et moi même sommes Maire, que nous présidons aux destinées d’une communauté que nous sommes pragmatiques, que nous partons des faits pour proposer une réflexion politique. C’est d’ailleurs ce que disait Jaurès. Nous ne sopmmes pas dans les envolées idéologiques”.
    *****

    Aux dernières nouvelles, Collomb et Valls ne fomentent pas de projet secret pour destituer Mahmoud Ahmadinejad.

  24. Conversation stérile, avec vous, probablement, mais nous ne sommes pas sur votre blog en message privé que je sache… Qui sait, nous aurons peut-être d’autres lecteurs.

    Pour le reste je préfère qu’on me cite et laisse la responsabilité à ces derniers de se faire une opinion.

    Enfin, vous semblez préférer les argument d’autorités, aujourd’hui, Valls, Collomb, aux arguments explicitement idéologiques. Une chose est sûr, je goûte encore moins les premiers.

    yG

  25. Yannick : vous aimez ceci vous n’aimez pas cela, vous goûtez ces troisièmes et ne partagez pas du tout mon avis sur ceci ou cela. Tout cela peut sonner parfois comme de la distribution de bon points.

    Ne pouvez-vous donc nous faire la grâce de quelques explications moins laconique qu’un qualificatif expeditif (autoritaire) pour qualifier vos affinités politiques ?

  26. Des dirigeants de gauche peuvent bien inclure du pragmatisme dans leurs discours, ils ne font que succomber à mon sens à l’inconséquence de ceux dictés par l’idéologie de droite.

    Vous n’avez pas invalidé mes arguments contre le pragmatisme, ne les avez-vous pas compris ?

    En voici une autre version.

    De deux routes allant d’un point A à B, laquelle est la plus pratique ?

    L’incapacité que vous avez à répondre, éventuellement à cette question, marque tout la limite du discours dit bêtement pragmatique.

    Puisqu’il vous manque un tas d’éléments pour en décider.
    Par exemple, pratique pour qui ?
    Pour les policiers, les ambulances, les commerçants ou les touristes ?
    Pratique en quoi ? En essence, en kilomètre, en fluidité, en temps, en confort….

    Tout cela pour dire que celui qui répond qu’une solution est plus pratique qu’une autre sous-entend toujours un ensemble de critère qu’il juge plus ou moins pertinent. C’est là que son objectif apparaît et son idéologie également. Autrement dit, dire qu’on adopte une solution pragmatique ne dit rien, si ce n’est qu’on camoufle nos présupposés.

    Car, le toute chose égale par ailleurs ne vaut que dans des domaines où l’abstraction est poussé au maximum, où l’on a une certaines indifférences quant aux variables qui doivent rester ou sauter.
    Ce qui n’est jamais le cas en politique.

    D’où l’hypocrisie ou l’ignorance de ceux qui se dissimulent derrière cet écran de fumé toxique qu’est le pragmatisme pour avancer leur idéologie.

    yG

  27. C’est proprement consternant cette posture que se donnent les “faiseurs” de pensée française. On se croirait parachuté dans un backroom de mouches. Il faut vite que je progresse en anglais.

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