En finir avec le surmoi Marxiste

En finir avec le surmoi Marxiste(UPDATE : La retranscription exacte de l’article de France culture journal du 17/09/2007 à 08:00)

Exercice

Une histoire entendue à la radio ce matin (journal de la matinale de France Inter, 08:00) d’un responsable d’entreprise (Thibaut Lanxade, président de Positive Entreprise) racontant sa surprise en lisant cet exercice dans un manuel scolaire de science Economique et Sociale:

“Un employé d’une usine se met en grève pour obtenir une augmentation. Ne l’ayant obtenu par la négociation, il bloque l’usine et obtient cette augmentation. Question : décrivez pourquoi cet ouvrier a eu raison d’entreprendre cette démarche et en quoi c’est un succès”.

France Inter questionne alors un enseignant en Sciences économiques et sociales (Guy Robert Ensilou) au sujet de ce contenu pédagogique. Ce dernier n’y va pas de main morte :

“Nous sommes là pour former des esprits plus critiques. Les salariés sont en position de dominés dans cette structure qu’est l’entreprise, reconnaissons le. Vous savez ceux qui parlent le mieux de l’entreprise ne sont pas ceux qui sont dans l’entreprise“.

Bon. Pour mesurer l’énormité de la chose, le mieux est encore d’imaginer cette problématique dans une perspective symétrique et complètement opposée.

Programme

Bonjour paresseMais bon : admettons qu’il soit nécessaire d’éveiller cette notion de conflit social chez l’écolier. Dans ce cas, en tant que républicain croyant à l’impartialité républicaine du système éducatif de mon pays, j’imagine qu’on doit proposer aux elèves la perspective opposée. A savoir : des TP sur les démarches à entreprendre lorsque l’on veut créer et gérer une entreprise. Sauf que non.

J’entendais à ce sujet l’autre jour sur France Culture un cadre de l’éducation nationale, responsable du programme scolaire des lycéens (désolé pour le manque de précision sur les sources : il s’agissait d’une émission sur l’éducation, diffusée aux alentours de 18:00 au début du mois de Septembre 2007). Celui-ci avait travaillé avec ses collègues Européens sur la liste des compétences générales que devaient avoir développées les lycéens Européens lors de l’obtention du baccalauréat (math, histoire, géo, littérature etc …).

Il narre, jovial, comment la France était parvenu à modifier l’intitulé d’une des compétences : esprit d’entreprise. Il explique que : “Non, esprit d’entreprise, ce n’est pas possible“. Le journaliste étonné lui demande pourquoi. Sa réponse fuse “Parce que cela a une connotation sociale et politique trop forte. Nous l’avons fait changé en esprit d’initative“.

Pour la semaine prochaine

Je ne comprends pas ce sentiment que l’on entretient en France vis à vis de l’entreprise. C’est désespérant. La vie en entreprise n’est certes pas un Lupanar, mais de là à sombrer en 2007 dans de tels clichés grotesques hérités de Zola …
Je ne comprends pas que des gens éduqués et cultivés puissent tenir des propos aussi caricaturaux, sans savoir de quoi ils parlent, sans connaitre de l’intérieur le sujet, ce qu’ils concèdent par ailleurs en toute liberté.

Plusieurs posts à propos de l’ouvrage de Thomas Philippon traitent de ce problème ici.

Malgré cette histoire complètement ubuesque, il demeure des pistes d’espoir. Dans un commentaire sur Le Livre, le président et le vide, j’evoquais l’enthousiasme suscité par le forum politique de Libération et surtout le texte de Laurent Baumel du PS, inpiré de DSK :

La gauche conserve son rapport critique fondateur au capitalisme. Mais elle doit en finir avec le «surmoi marxiste» et assumer clairement le «compromis» nécessaire. Cessant de considérer les entrepreneurs comme des exploitants, une gauche moderne se place du côté du risque contre la rente.

Toujours dans libé, Jean Marc Ayrault répondant à la question du quotien (notez le même dans la question) :

Vous appelez même à la «réconciliation avec l’entreprise», chère à Ségolène Royal…

Je suis un ardent militant du donnant-donnant. L’entreprise est un partenaire qui doit être aidé quand il favorise l’investissement, l’emploi, le salaire plutôt que le dividende. Arrêtons de penser «l’entreprise, voilà l’ennemie».

Tout n’est pas perdu. Mais que Karl Marx nous garde : le chemin pour la régularisation de l’image de l’entreprise dans l’inconscient collectif sera un long et âpre voyage.

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76 thoughts on “En finir avec le surmoi Marxiste

  1. Salut Cecil,

    Excellent post mais je suis un peu tombe de ma chaise. On en a souvent discute tous les deux et je n’arriverai jamais a comprendre cet état d’esprit.

    Comme tu le dis, que des gens éduqués entretiennent et obscurantisme jusque dans les cours d’école, c’est carrément scandaleux.

    Le plus triste c’est que l’effet c’est deja propage a la nouvelle génération et les ambitions des jeunes Français sont encore bien moindres que celles de les nôtres.

    Ca me tue!

  2. … dans mon commentaire, il faut corriger une faute de frappe:

    “…les ambitions des jeunes Français sont encore bien moindres que les nôtres…”

    Sinon ça veut rien dire. 🙂

    (editer dans un rectangle de 2cm sur un browser web, c’est un peu la souffrance).

  3. Une annecdote dans ce sens:
    en pleine période du CPE, je reçois en entretien une jf à la demande d’un ami commun (bon cursus, bonne présentation, etc.). Elle me sort l’habituel couplet “je suis volontaire, j’aime le travail, bref les poncifs habituels” puis je la questionne habilement sur le CPE et là j’ai droit à une diatribe post marxiste et elle me dit être allée défiler à Marseille pour défendre ses droits…moralité elle cherche encore du travail…

  4. Salut Zorba06 et merci pour ton commentaire. Sois le bienvenu.

    Oui le CPE et la réaction qu’il a provoqués, tout cela est etonnant. Ce qui est interessant est alors de lire la presse étrangère pour prendre un peu de recul sur cette situation. Le Guardian (journal de gauche anglais) n’y comprenait rien par exemple s’etonnant que des jeunes préféraient ne pas avoir de boulot plutôt qu’avoir un emploi temporaire.

    Tout cela relève de la psychanalyse plus que de l’education socio-economique.

    Dans ce cadre, le recrutement de Boris Cyrulnik par Jacques Attali, prend alors tout son sens tragique et incontournable.

  5. Eh ben… Prendre du recul en lisant la presse étrangère. C’est le truc à la mode, je suppose. Ça doit être cool, puisque c’est la terminologie maison.

    Moi plus bêtement j’en discute avec des gens. Parmi mes relations ici à Pékin (d’un peu tous les continents et classes sociales), ceux qui en avaient entendu parler m’ont tous dit que c’était décevant de la part de la France. Étrangement, même des «entrepreneurs» français sont révoltés par cette manière de déconsidérer le travail des jeunes, et les maintenir dans la précarité. Et bizarrement, les jeunes d’un peu partout comprennent assez bien la merde dans laquelle ce genre de contrat te met. On a déjà l’intérim pour les «entrepreneurs» qui ne veulent pas embaucher, mais c’est encore trop cher.

    Je connais aussi des entrepreneurs, de gauche hein, bien sûr, qui se paient des bagnoles luxueuses et pleurent sur les trop petits profits de leur boîte devant les employés dont ils rabaissent les primes et dont ils profitent sans aucune marque de scrupule.

    Ils en parlaient dans le Guardian ?

    Et pour zorba : je préfère être à la rue que de bosser pour un connard qui ne prend même pas la peine de me respecter. Prendre un employé c’est lui permettre de construire sa vie : en CPE t’aurais des difficultés pour tout, aucune banque t’accorderait le moindre crédit, et même pas le temps ni l’énergie de chercher un vrai emploi chez quelqu’un qui ait un minimum de conscience sociale de son rôle d’«entrepreneur».

  6. Bonjour Guillaume, merci pour ce commentaire.

    Je trouve ta manière d’interpeller Zorba un peu cavalière. Je met cela sur le compte de la vexation imaginant que tu as fait partie des revolutionnaires du CPE. Je n’ai rien contre, c’est tout à fait légitime d’avoir fait sa petite révolution, cela fait partie de notre éducation civique. Zorba et moi même avons défilé contre Devaquet et on a bien golri.

    D’autres parts, je ne suis pas certain que ton commentaire sur les “bagnoles luxueuses des entrepreneurs de gauche” apporte beaucoup à la réflexion sur notre relation à l’entreprise.

    Ou plutôt si. Elle rejoint celle, tout en finesse, de cette supercherie intellectuelle dont parle ce post même, celle illustrée merveilleusement par le film “la question humaine” qui assimile l’entreprise à la shoah, en toute simplicité.

    Pour ce qui est de la précarité des emplois des jeunes diplômés, plutôt que de toujours regarder cela à travers ce même prisme antédiluvien gauche droite, des précaires sympas contre les salauds friqués, je t’invite à envisager une autre hypothèse, générationnelle celle là, et lire le livre de Patrick Artus, “Comment nous avons ruiné nos enfants”.

  7. Ségolène Royal à Melle : “le marché est aussi naturel que l’air que l’on respire ou que l’eau que l’on boit”
    Le surmoi grouchiste est balayé par une renaissance libérale

  8. salut all,

    bienvenu et merci pour votre message. Je n’ai absolument pas compris votre message ni son intérêt.

    Vous ferez nous l’insigne honneur d’une traduction ?

  9. Etes-vous certain de l’histoire qui fonde votre billet ? Honnêtement, je n’y crois pas une seconde. Je veux bien croire qu’elle a été rapportée à la radio, mais je n’imagine pas une seconde un enseignant donnant ce sujet. Je pense même qu’il aurait des problèmes avec son inspecteur.

  10. Je suis cavalier avec copain zorba bien à dessein : il montre sans ménagement un raisonnement de plouc sans aucun respect pour les jeunes qui se battent pour avoir les mêmes droits que lui.

    Oui j’ai défilé contre le CPE, et je ne l’ai pas fait par plaisir, et je n’ai pas golri du tout comme vous dites. Et non je ne suis pas le freluquet grande gueule qui prend les mouvements sociaux auxquels il participe pour une glorification de sa propre personne. Je l’ai fait pour compter les camions de flics, si vous voulez tout savoir.

    Pour la thèse générationnelle, premièrement c’est exactement ce dont je parle avec mon exemple, et deuxièmement pourquoi croyez-vous que j’illustre mon propos par quelqu’un se prétendant de gauche en ayant un comportement du type esclavagiste, si ce n’est pour pointer du doigt que cette distinction est sans intérêt ?

    Enfin je suis bien content de voir que vous vous offusquez qu’une tranche d’âge ait ruiné la suivante, maintenant je me demande comment vous conciliez ceci avec le fait de s’étonner qu’on s’opposât au CPE.

  11. @Anglade : Bienvenu Raphael et merci pour votre commentaire.

    Maintenant que vous le dites je ne suis plus tout à fait certain : etait-ce France Inter ou France Culture ? En tout cas c’etait bien le journal radio du 17/09/07 à 08:15.

    Pour vous dire la vérité je croyais avoir rêvé mais en arrivant au boulot j’en ai parlé avec un ami au dessus de tout soupçon quant à son intransigeance vis à vis de l’information (abonné depuis 15 ans au monde) et il m’a bien confirmé, dépité, qu’il avait entendu la même chose.

    Je ne suis pas malheureusement un journaliste, je n’ai donc pas le temps de vérifier mes sources. J’imagine que c’est inconfortable à la lecture, j’en suis désolé. J’ai écrit à france culture et france inter pour récupérer l’audio des journaux de ce jour à cette heure … je vous tiens au courant.

  12. @Guillaume : et bien voilà ! Ah la fougue de la jeunesse … (compter les camions de flics etc …)

    plus sérieusement, je peux comprendre que vous identifiez l’anecdote de Zorba à ce parternalisme qui plombe nos entreprise.

    Désolé de vous décevoir, cela n’a rien à voir avec la gauche ou la droite mais plutôt avec le rapport que l’on entretien dans notre culture à la hiérarchie … je suis en mission dans une grande administration et j’ai pu assisté à des situations bien plus avilissante pour l’employé et le manager etait de la plus pure tradition de gauche.

    je vous invite à lire le formidable ouvrage de Philippon à ce sujet, ouvrage auquel je ne cesse de me référer.

    Par ailleurs peu m’importe qu’on se dise de gauche ou de droite, ce qui m’importe c’est d’echanger des opinions et du sens, sans prendre les tours. Je vous invite à suivre l’exemple de Yannick G, votre colocataire du BBB : sa courtoisie permanente n’altère en rien sa détermination.

    “Eh ben… Prendre du recul en lisant la presse étrangère. C’est le truc à la mode, je suppose. Ça doit être cool, puisque c’est la terminologie maison. Moi plus bêtement j’en discute avec des gens. Parmi mes relations ici à Pékin (…)”

    Imaginez un instant que je sorte un argumentaire contre le racisme et qu’une personne aux tendances frontistes conteste et réponde avec le même type de rhétorique. Admettez que “discussion dans un cercle fermé” Vs “article journalistique d’un grand quotidien”, cet argumentaire tiens peu la route.

    Pour ce qui est des chefs d’entreprise, j’ai la chance d’en connaitre quelques uns dans différents domaine
    (start-up, garage automobile, petites entreprises de travaux) et je peux vous certifier une chose : je ne suis pas prêt à consentir aux efforts, risques et stress qu’ils supportent. A mon sens ils n’ont rien volé de leur argent ni de leur belle voiture.

    Par ailleurs, mon sentiment à ce sujet est qu’ils préfèrent 1000 fois avoir des collaborateurs fiables sur lesquels ils peuvent se reposer et se projeter à long terme que des employés kleenex pour lesquels ils devront jongler avec les lois et les statuts pour bénéficier des avantages de contrats tels que le CPE. Je vous invite à lire un passionnant article dans l’express de cette semaine sur notre relation, dans notre culture à la confiance.

    Je ne dis pas qu’il n’y a pas de patrons véreux qui exploitent leurs employés mais mon sentiment et qu’il n’y en n’a pas plus que des employés flemmards qui font tout ce qu’ils peuvent pour en foutre le moins possible.

    Pour finir : être expatrié est une formidable chance pour s’ouvrir l’esprit et s’affranchir des automatismes de pensée qui sont les nôtres. Profitez en : Pékin, ce doit être une expérience inoubliable.

    Pour conclure, les questions de ce billet sont les suivantes :

    1 – pourquoi dans notrer pays entretenons nous une telle haine primale vis-à-vis de l’entrerprise ? Quel est votre sentiment par rapport au film de Klotz et sa comparaison de l’entreprise avec la Shoah ? Quel serait votre sentiment s’il s’agissait d’un metteur en scène de droite procédant à une comparaison équivalente avec le fonctionnariat ?
    2 – pensez vous qu’il soit juste que d’une part on enseigne le bien fondé des conflits sociaux sans d’autres parts qu’on ne soit pas sensibiliser durant notre éducation à l’esprit d’entrerprise ?

  13. Je découvre ce site via Whats’next.
    Je n ai pa stt lu mais cet article est siderant.
    Effectivement notre rapport au travail, a l argent, a l autorite, nos valeurs, notre histoire, tout ca pese lourd en France > une psyschanalyse lourde eszt necessaire … nous sommes triste. Pourquoi ? car on s interdit d avancer et de reussir. Qui pls est nos rapports ne sont pas direct, ni oriente business mais bourre d affectif. Entreprise = business, argent, carriere, reussite, echec, mais surtout chez nous non pas un moyen de faire sa vie et de bien la gagner, mais d exploitation, de ralationsalarie/patron qui ne se comprennent pas. pour se comprendre il faudrait deja que les salaries sachent ce qu ils viennent chercher en bossant > notre vie manque de “sens”. Surtout nous ne compreons pas en quoi le “traavil” peut en avoir un. je trouve la France tres adolescente quelque part. Un manque de maturite. Et notre intellect fonctionne beaucoup trop a mes yeux > un peu plus de simplicite nous ferait du bien. Nous intellectualions tout. VIVONS plutot. a+

  14. Vous êtes drôle. Vous vous accrochez à n’importe quelle partie de mon discours pour tenter d’y apporter du discrédit (la fougue de la jeunesse, il ne sait pas ce qu’il dit, tu changeras d’avis mon petit). Vous imaginez certainement que je suis un étudiant en sociologie militant chez Attac. Continuez, mais ne venez pas trop me parler de clichés dans la pensée avoir d’avoir balayé les vôtres.

    Quant à la courtoisie, appliquez vos propres remontrances à vous-même. Vous n’hésitez pas à l’occasion à insulter l’interlocuteur. Pour ma part je réponds en fonction de la personne en face, je sais aussi user de courtoisie comme vous l’aurez peut-être remarqué ici ou là sur le BBB, mais face aux donneurs de leçons je suis prêt à bousculer les règles de la stricte bienséance.

    Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais vous attribuez d’emblée, et sans avoir écouté le discours, des automatismes de pensée à des personnes, sous prétexte qu’elles ont une nationalité ; il n’y a bien entendu que vous pour avoir dépassé les réflexes grégaires de la pensée franchouillarde. Or j’ai dit deux fois, une fois sous forme d’implicature assez grossière, une autre fois explicite, que je trouve inane l’opposition droite/gauche dans le sujet présent. Pas la peine de m’en ressortir une couche.

    Par ailleurs l’idée de la gauche que vous semblez avoir est elle-même un cliché grotesque. On n’est pas de gauche parce qu’on est fonctionnaire. On n’est pas de gauche parce qu’on travaille dans une administration. Et une administration n’est ni de droite ni de gauche. Je ne vois pas le rapport entre votre exemple sur votre travail et ce que vous prétendez contredire.

    Ce que je vous ai dit, c’est que le fait de s’opposer au CPE n’est ni de droite ni de gauche, c’est juste montrer du respect pour les jeunes qui n’ont aucun besoin d’être précarisés encore plus pour rendre les entreprises plus efficaces. Et ce que j’ai dit, c’est que le fait de ne pas comprendre qu’on s’oppose au CPE, c’est contradictoire avec le fait de dire qu’il y a un déséquilibre flagrant entre générations. À ceci vous n’avez pas jugé utile de répondre. Je vous relance donc.

    Pour ce qui est des chefs d’entreprise, j’en connais peu qui seront complètement ruinés si leur entreprise doit faire un dépôt de bilan. Des ouvriers, j’en connais beaucoup qui seront à la rue si leur entreprise ferme. Alors le couplet du type «les pauvres entrepreneurs ils ont bien des soucis», je ne l’accepte pas un quart de seconde. S’ils n’ont pas les reins assez solides pour mener une entreprise, qu’ils travaillent pour quelqu’un d’autre. Je ne vois pas en quoi ce devrait être toujours sur les salariés que le stress du patron retombe (oui parce que leur stress, vos amis les patrons, ils l’évacuent d’une manière ou d’une autre). Un chef d’entreprise stressé est déjà à a limite de l’incompétence, et sa première réaction dans ce cas est souvent de foutre quelqu’un à la porte, peu importe qui, pour en faire un bouc émissaire emportant tous les péchés et ramenant le salut sur sa boîte. Oui je l’ai vu faire plusieurs fois. Et non ce n’est pas propre aux patrons, c’est valable pour toute personne exerçant un pouvoir au delà de ses compétences.

    Enfin si je suis bien votre raisonnement, le CPE n’apporte rien de bon (jongler avec lois, statuts, toutes ces choses parfaitement obtuses et inconnues des patrons). Je suis content que vous le mentionniez, en effet ce contrat n’apportait aucune garantie non plus aux patrons que le travail dans leur entreprise serait mieux effectué. Je me demande donc à quoi il aurait servi. J’espère que vous m’apporterez une piste de réponse là-dessus.

    Quant à votre injonction de me mettre à apprendre à regarder les choses d’un œil nouveau sous prétexte que je suis à Pékin, je la trouve complètement déplacée, et, pardon, en effet, paternaliste.

    Pour vos questions :

    1 – le fait de dire qu’il y a une haine primale de l’entreprise en France est un cliché auquel je ne souscris pas le moins du monde. Il y a une lutte historique, pas plus qu’ailleurs, pour permettre de partager le plus équitablement possible les richesses que ces entreprises créent. Tout le monde en France est fier d’avoir un frère, un cousin, etc. chef d’entreprise. Tout le monde sait ce que cela peut comporter de difficultés. Tout le monde sait aussi que les difficultés sont partagées, et que le patron se paie pour son stress ; un stress que beaucoup de ses employés ressentent aussi de manière tout aussi cruelle (les employés, notamment vers 40 ans, dépendent autant sinon plus que le patron de la continuation de leur emploi).
    Je n’ai pas vu le film de Klotz et comparer l’entreprise avec la shoah me fait l’effet d’être du plus mauvais goût, autant qu’à peu près toutes les comparaisons à la shoah.
    Si un metteur en scène (et je me foutrais bien qu’il fut de droite ou de gauche) apportait un tel éclairage sur le fonctionnariat, je me dirais qu’il y a des problèmes dans l’administration. Malheureusement je n’ai aucunement besoin que quelqu’un le fasse pour savoir déjà que ces problèmes existent, et cela ne remet en rien en cause mon opinion qu’une mauvaise gestion d’une administration ne signifie en rien que le fonctionnariat soit à supprimer.
    2 – Mon opinion sur cette question est que vous prenez deux opinions divergentes de la part de deux interlocuteurs isolés tentant d’interpréter deux faits absolument non corrélés, et que vous en déduisez des règles générales et des clichés dans la pensée franchouillarde. J’appelle cela du raisonnement inversé : vous êtes en fait parti de l’opinion que vous aviez déjà au départ, avez trouvé deux exemples qui l’illustraient, et avez fait passer ces deux exemples comme emblématiques d’une pensé globale qui reste, à mon avis, beaucoup dans votre tête (et hélas quoi que vous en pensiez, dans celle de plus en plus de personnes). Les luttes sociales ont besoin d’être enseignées comme des mouvements historiques. Je ne sais pas quelle matière enseignait ce livre duquel vous tirez l’exemple, mais cela ne me semble pas être l’histoire. Si c’est un livre sur le droit, ou l’éducation civique, alors je pense que c’est un exercice maladroit, peut-être déplacé selon la matière qu’est censé enseigner le manuel, rédigé par un professeur manifestement partisan, qu’un autre professeur tente de justifier comme il peut pour ne pas perdre la face. Cela ne reflète en revanche aucunement un quelconque surmoi marxiste dans la pensée française. Pour le second exemple, je pense que les enseignants ont fait leur boulot. L’esprit d’entreprise, premièrement cela n’existe pas et je ne vois pas du tout comment l’enseigner, mais en plus je ne vois pas en quoi il faudrait assimiler comme des connaissances à acquérir à l’école l’esprit même d’initiative. On n’a pas besoin de confronter les élèves à cette idée ravageuse de compétition (car c’est ce qui se cache derrière). Le lycée est une institution qui dispense des savoirs, pas des caractères, et qui n’a pas à évaluer les élèves sur l’échelle du «leadership», qui n’a pas à formater les crânes avec un moule de caractère. Le reste de la société se charge bien assez de leur apprendre à se battre, et pour ceux qui n’ont pas envie de se lancer dans la guerre économique (oui, le monde de l’entreprise c’est la guerre économique, avec des ennmis à abattre pour profiter de leur marché), je ne vois pas de raison de leur coller une mauvaise note. Je suis là aussi assez bien placé pour savoir les ravages que font les dogmes de la concurrence en milieu scolaire. Et je me demande d’ailleurs quel type de contenu pédagogique peut bien avoir une quelconque efficacité pour inculquer l’esprit d’initiative, ou l’esprit d’entreprise si vous préférez. Mais je serais content que vous me l’expliquassiez.

  15. 1) “Quant à la courtoisie, appliquez vos propres remontrances à vous-même. Vous n’hésitez pas à l’occasion à insulter l’interlocuteur.”

    un exemple ?

    2) “Par ailleurs l’idée de la gauche que vous semblez avoir est elle-même un cliché grotesque. On n’est pas de gauche parce qu’on est fonctionnaire. On n’est pas de gauche parce qu’on travaille dans une administration. Et une administration n’est ni de droite ni de gauche. “

    j’ai juste dit que ce paternalisme etait partagé et que se dire de gauche n’est pas se prémunir contre cela. enfin, vous avez raison, les fonctionnaires ne sont pas majoritairement de gauche mais d’ardents supporters de Madelin.

    3) “Alors le couplet du type «les pauvres entrepreneurs ils ont bien des soucis»
    merci de me préciser ou je dis cela. je dis juste que je ne suis pas prêt à assumer leurs responsabilités. je n’ai pas parlé de “pauvres” entrepreneurs. en revanche je confiorme que je trouve mesquin que l’on se moque de leur réussite.

    4) “Un chef d’entreprise stressé est déjà à a limite de l’incompétence, et sa première réaction dans ce cas est souvent de foutre quelqu’un à la porte”
    il semblerait que je n’ai pas le monopole du cliché

    5)“le fait de dire qu’il y a une haine primale de l’entreprise en France est un cliché auquel je ne souscris pas le moins du monde”.
    Il ne s’agit pas d’un cliché dans mes écrit mais d’une référence à un exercice d’un livre scolaire, d’un film et d’uin autre livre dicutant des situations conflictuelles dans l’entreprise, du grand regret de Mitterand de n’avoir su le resoudre et enfin d’un ouvrage economique, nourri de statistiques multiples et internationales : “Le capitalisme d’héritiers” de thomas philippon.

    6)“L’esprit d’entreprise, premièrement cela n’existe pas et je ne vois pas du tout comment l’enseigner”
    il s’agit pourtant d’une compétence validée par le diplçome de fin d’études des autres pays européens. Il s’agit aussi d’une compétence préconisée par plusieurs commissions européennes de l’éducation.

    7) “Le lycée est une institution qui dispense des savoirs, pas des caractères, et qui n’a pas à évaluer les élèves sur l’échelle du «leadership», qui n’a pas à formater les crânes avec un moule de caractère”.
    D’ou mon post. En remplacant “leadership” par “approche conflictuelle de la vie en entreprise”.

    8 )“Et je me demande d’ailleurs quel type de contenu pédagogique peut bien avoir une quelconque efficacité pour inculquer l’esprit d’initiative, ou l’esprit d’entreprise si vous préférez. Mais je serais content que vous me l’expliquassiez.”
    je suis ravi de pouvoir vous éclairer à ce sujet : http://www.euractiv.com/fr/innovation/esprit-entreprise-europe/article-120295. ou encore http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/n26111.htm
    Un exemple simple : l’enorme difference entre l’economie allemande et l’economie francaise est le deficit de cette dernière en PME/PMI, l’absence de tissus industriel et du dynamisme economique correspondant. Ce n’est pas avec ce type d’exercice scolaire que l’on va redynamiser ce domaine.

    9)“Quant à votre injonction de me mettre à apprendre à regarder les choses d’un œil nouveau sous prétexte que je suis à Pékin, je la trouve complètement déplacée, et, pardon, en effet, paternaliste.”
    Si pour vous il s’agit d’un cliché grotesque que de pretendre que la relation francaise au travail a ceci de particulier qu’elle est foncièrement conflictuelle et politique (ce que votre commentaire véhément ne laisse en rien transparaitre), je vous invite une nouvelle fois à lire l’ouvrage de Philippon pour en comprendre les motifs historiques. Si vous travaillez dans d’autre pays vous verrez qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Je travaille depuis 20 ans en entreprise dont 8 à l’etranger (Londres, Zürich et non je ne suis pas dans la finance). J’ai cree une structure independante en france, UK et Suisse. J’ai aussi ete employé dans ces entreprises. J’ai eu largement le temps de comparer la vie en entreprise dans ces différent pays. Durant ces 20 ans j’ai par ailleurs passé 18 mois dans des grandes institutions publiques. Ce ne sont pas des clichés mais des reflexions inspirées par l’experience.

    10)“avez fait passer ces deux exemples comme emblématiques d’une pensé globale qui reste, à mon avis, beaucoup dans votre tête”
    Il ne s’agit pas d’exemples extraits du monde diplo ou de rue89 mais d’ouvrages scolaires et de ligne pedagogique rappellée par un chercheur enseignant. Il ne s’agit pas ici d’exemples isolés sans consequence.

    11) “Enfin si je suis bien votre raisonnement, le CPE n’apporte rien de bon (jongler avec lois, statuts, toutes ces choses parfaitement obtuses et inconnues des patrons). Je suis content que vous le mentionniez, en effet ce contrat n’apportait aucune garantie non plus aux patrons que le travail dans leur entreprise serait mieux effectué. Je me demande donc à quoi il aurait servi. J’espère que vous m’apporterez une piste de réponse là-dessus.”
    Je vais vous donner un exemple que je connais bien : celui des startups. lorsque l’on cree une startup on n’a aucune visibilité à 2 ans. Le CDD est trop court le CDI trop risqué. Le CPE est donc parfait. Il est interessant de noter comme le rappellait Patrick Artus sur France Inter que, en Italie, les Start-up ont des contrats particuliers justement adresser cette problématique.

    12) d’accord : j’arrete avec le paternalisme si vous arretez avec l’imparfait du subjonctif .

    Merci pour cette riche contribution.

  16. 1) Des exemples là : http://www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=673

    2) D’accord. Alors je ne vois pas en quoi nous divergeons : mon prime exemple était bien un patron se disant lui-même de gauche. C’était pas la peine de me dire que mon exemple ne servait à rien pour mettre le même deux posts plus tard !

    3) «Pauvres» n’était pas dans le sens de la richesse matérielle. Le fait que vous disiez ne pas vouloir endosser les mêmes responsabilités qu’eux est une forme de plainte en leur faveur.

    4) C’est un cliché si ça vous fait plaisir, moi j’y vois une des raisons pour lesquelles les relations au travail sont conflictuelles. Vous n’avez pas l’air de vous rendre compte que les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, et que le stress au travail n’affecte pas que les cadres. Le stress des cadres est directement reporté sur leurs subalternes, qu’ils soient aussi cadres ou non.

    5) Ah bon.

    6) Et alors ? Vous pouvez très bien faire un cours de type administratif expliquant les démarches à faire pour créer une entreprise. Vous pouvez faire un cours sur les cas de réussite de création d’entreprise pour analyser quels ont été les facteurs de réussite. Vous pouvez faire un cours sur la notion de compétitivité, la concurrence et le droit de la propriété intellectuelle. Il me semble que tout ceci fait déjà partie des filières économiques. Vous pouvez avoir envie qu’on l’enseigne au moins en résumé en tout le monde. Je dis pourquoi pas. mais vous n’enseignerez jamais l’esprit d’entreprise à l’école. De même que vous pouvez avoir des centaines d’intitulés qui prétendent enseigner des choses pratiques que vous n’apprenez de toute manière qu’une fois que vous avez les mains dans le camboui. Vous n’enseignez pas l’esprit d’entreprise. Vous enseignez les connaissances de base dont un entrepreneur a besoin. L’école n’est pas là pour vous dire comment un entrepreneur doit penser. Pas plus qu’elle n’enseigne l’esprit scientifique ou l’esprit artistique. Chaque entrepreneur a son esprit à lui, et c’est souvent de très fortes particularités dans cet esprit qui le feront se démarquer des autres, de la même manière qu’un artiste ou un scientifique se démarquent des autres parce qu’ils pensent différemment. Prétendre enseigner l’esprit d’entreprise c’est de la branlette pour dogmatiques.

    7) Certes, mais comme j’ai dit, je pense que cet exercice dans ce manuel est malheureux.

    8 ) L’absence de syndicats dans le privé, et le bafouement quotidien du droit du travail, (oui t’as droit de faire la grève pépère mais tu vas le payer cher) est aussi une des raisons pour lesquelles les entrepreneurs sont souvent mal perçus par leurs employés. L’exercice n’avait certainement pas sa place tel quel, mais une réflexion sur la place des syndicats est une chose que l’école doit apporter, à côté des éléments de gestion. Je vais vous citer un exemple. J’étais dans mon école d’ingés, dans un cours de gestion d’entreprise, certes c’est pas le lycée mais à ce niveau là c’est pas très loin, les ingénieurs en maths applis sont pas très pointus sur la gestion. Le prof nous sort : «On devait licencier trois mille salariés, on n’en licencie que deux mille : tout le monde est content.» J’ai été le seul à tiquer dans la salle. Si c’est le genre de soupe qui est servie aux lycéens en classe d’esprit d’entreprise, j’ai bien peur que cela n’aide jamais trop à réconcilier patrons et employés.

    9) Mon commentaire est véhément à dessein. Je n’ai rien contre les conflits, au contraire le consensus m’ennuie profondément. Cela n’a rien de français. C’est dans la culture d’un tas d’autres pays, je trouve même au contraire les français assez softs. Je ne trouve pas que cela soit plus malsain qu’autre chose, comme l’empressement au consensus avant de savoir de quoi on parle. Si vous parcourez les archives du BBB vous m’y verrez mener de plus âpres discussions dans des sujets complètements déconnectés du politique (j’ai pu y menacer ici ou là quelqu’un de décapitation pour peu qu’il s’en prît à l’imparfait du subjonctif). Et l’ouvrage de Philippon n’est pas en vente dans ma librairie.

    10) On trouve des exemples de tout et n’importe quoi dans les manuels scolaires. Tout dépend de qui les a écrits. L’auteur était un gauchiste pas très fin ? Et alors ? Je vous ai cité mon prof un peu plus haut. Qu’en déduire ?

    Arrêtez de me remercier je vais devenir arrogant.

  17. j’ai édité ma réponse pendant que vous rédigiez la votre, je vous réponds donc à nouveau.

    1) oui mais la ca compte pas. le BBB est un repere de malotrus. Je parle de Heavy Mental ou tout n’est que luxe, courtoisie et volupté de centre gauche.

    2)pas mieux

    3)cessons donc de preter a nos interlocuteurs des propos qu’il n’ont pas tenus

    4)je travaille depuis 20 ans donc si vous voulez j’ai vu evoluer les conditions de travail.

    5)et oui. pas de bol mon vieux.

    6)http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/n26111.htm

    7)il est malheureux et je me questionne car il s’inscrit dans un rapport à l’entreprise difficile (livre de philippon etc …). d’ou le billet

    8) pour ce qui est de l’absence des syndicats, 1000 fois d’accord avec vous. a ce titre la proposition de Royal avec en ligne de mire le modele scandinave etait tout a fait pertinent. Je regrette juste que nos syndicats ne se questionne pas plus sur le faible taux d’adhérents.

    9)Je n’ai rien contre les conflits, au contraire le consensus m’ennuie profondément. Cela n’a rien de français. C’est dans la culture d’un tas d’autres pays”. Pas dans ceux ou j’ai vecu. Et ca pourrit la vie professionnelle. j’en parle ici
    Le fait de croire qu’il s’agit de fatalité est une imposture intellectuelle. Encore une fois, si vous travaillez dans d’autre pays vous verrez qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Je travaille depuis 20 ans en entreprise dont 8 à l’etranger (Londres, Zürich et non je ne suis pas dans la finance). J’ai cree une structure independante en france, UK et Suisse. J’ai aussi ete employé dans ces pays. J’ai eu largement le temps de comparer la vie en entreprise dans ces différent pays. Durant ces 20 ans j’ai par ailleurs passé 18 mois dans des grandes institutions publiques. Ce ne sont pas des clichés mais des reflexions inspirées par l’experience.

    10) que dans les deux cas on a le droit de questionner le systeme educatif. Surtout dans le premier dans le conxte de défiance qu’on entretient vis à vis de l’entreprise.

    devenir arrogant ? (rires).

  18. Les start-up peuvent avoir besoin de contrats spéciaux. Cependant, le CPE n’était en rien cantoné aux start-ups, et cela fait une très grosse différence.

    4) Et alors, quelles conclusions ?

    5) Ça sent quand même encore un peu la caricature.

    6) Eh ben y’a du boulot. Si on commençait par arrêter d’avoir un système du type «la moitié de la classe a moins de la moyenne» ce serait déjà un bon moyen d’arrêter de jeter la moitié des enfants à la poubelle de l’échec scolaire, et je pense qu’on peut largement se passer de tout ce blabla entrepreLeMeurial si on commence à valoriser les élèves dans les activités qui sont déjà en cours. Vouloir en faire de bons petits soldats de l’entreprise, c’est purement et simplement vouloir leur bourrer le crâne. Pourquoi pas leur enseigner l’«esprit associatif» de la même manière alors ? Les associations d’entraide ne créent aucune richesse ? Si, elles créent de la richesse sociale et améliorent le confort de vie de tous. Autant sinon plus que les entreprises. Pourquoi mettre l’accent sur la compétitivité, alors que la collaboration entre entreprises peut être aussi bénéfique ? Tout ceci relève du blabla idéologique pur et simple, et votre lien est déprimant à lire : il mène l’humanité droit dans le mur en dressant les gens les uns contre les autres depuis la tendre enfance.

    9) Je fais une différence entre mon comportement ici, de discussions informelles qui ne nécessitent pas de se mettre d’accord mais au contraire peuvent être enrichissantes si on pousse les arguments jusqu’à leurs limites, et le contexte du travail. Malheureusement je vis dans un pays où le chef est dieu, qui culturellement est appelé “président Trucmuche” par les employés même dans les structures de quelques personnes, où le droit du travail est inexistant, et lorsqu’existant inappliqué. Je vis dans un pays où le conflit n’existe pas et où il aurait cruellement besoin d’exister. Alors vous me dites en Espagne, en Angleterre, en Suisse c’est mieux, y’a pas de culture du conflit interne à l’entreprise et ça pourrit moins la vie professionnelle. Très bien, mais en pratique ça signifie quoi ? Quels genre de cas de conflit est-ce qu’on trouve typiquement en France qu’on ne trouve pas dans ces pays ?

    10) Je ne vois pas pourquoi «surtout».

  19. (ca c’est de la discute)

    8)Tout ceci relève du blabla idéologique pur et simple, et votre lien est déprimant à lire
    Vous etes vous deja demandé si vos ecrits pouvaient inspirer la meme remarque ?

    9) j’en parle et encore .

    10) parce que c’est mon blog.

  20. Bonjour.
    Tout en sachant que les blogs ne sont pas encore certifiés ISO 9001, j’aimerai bien savoir :

    Qui est l’entrepreneur qui raconte cette histoire ? Une contribution téléphonique, un invité studio ?
    L’utilisation de cet ouvrage est pratiquée en quelle classe et matière ?
    Quel est l’éditeur du livre ?
    Le titre du livre ?
    L’auteur du livre?
    Quel est le nom de l’universitaire ?

  21. Dommage, vous étiez à deux doigts de m’expliquer l’harmonie grâce à la compétition. On ne saura jamais.

    Tant pis.

  22. Salut colonel moutarde. fini de fricoter avec Melle Rose dans la salle de billard ?

    J’ai répondu à Anglade à ce sujet : j’ai envoyé un mail à France Inter et France culture pour obtenir les enregistrements de ces journaux radiophoniques matinaux de 08:15 du 17/09/2007.

    Dès que je les ai je vous tiens au courant.

  23. Je les ai suivis, et le seul élément concret que j’ai trouvé était l’histoire du coup de gueule. Je ne vois toujours pas en quoi la compétitivité que les charmants penseurs de l’UE veulent inculquer aux petits dès le primaire permettra une quelconque amélioration de la productivité. Je pense que la productivité ne s’améliorera de manière globale que lorsque l’on apprendra à partager les ressources, et pas à vouloir les occuper le plus possible. C’est valable pour les ressources intellectuelles.

    Vous avez droit de me traiter de communiste de merde.

  24. le coup de gueule mais aussi ce rapport très intime au travail, très affectif.

    on peut ajouter une relation complètement néanderthalienne du management (le chef autoritaire et paternaliste, le collaborateur obsequieux ou carrement conflictuel).

    dans les liens que je vous ai donnés de nos “charmants penseurs de l’UE”, il n’y a pas une seule fois le mot competition ou compétitivité. c’est de la pure malhonnêteté intellectuelle. je vous soupçonne de ne les avoir parcourus qu’en diagonale.

    j’ai tendance a reviser mes jugements sur les communistes depuis clementine autain. j’arrive à les supporter à la télé – il suffit juste de couper le son.

  25. Et vous donnez la preuve de ne pas les avoir lus du tout. Dans les liens que vous m’avez passé, il y a dans chacun le mot «compétitivité» plusieurs fois, à chaque fois dans le contexte d’augmenter la compétitivité. Dans ScadPlus, c’est même dès la première ligne de la synthèse. C’est, pardon, le but clairement affiché de cet embryon de campagne. Par ailleurs, tout ceci reste très vague, sans aucune définition d’un plan pédagogique réel. Quelles questions seront posées aux enfants ? Quelles seront les manières d’évaluer leurs compétences dans ces domaines ? À côté des jolis mots qui sonnent bien (initiative, etc.) et des recommandations les plus vagues, le but pur et simple de cette réflexion est d’augmenter la compétitivité des entreprises européennes : c’est dit dès la première phrase. C’est une politique d’enseignement qui a donc envie d’utiliser l’éducation a des fins économiques. Les élèves ne sont pas traités en fonction des attentes qu’ils pourraient avoir de la société, mais des attentes que la société a d’eux : ils sont l’instrument des orientations politiques faites il y a quelques dizaines d’années et dont il est le moment d’affirmer la suprématie officielle en intégrant leur enseignement dès le primaire. C’est le cas pour tous les courants de pensée majeurs, mais je ne vois pas la différence entre ça et le bourrage de crâne des petits chinois avec les héros de la guerre contre le Japon : chacun de ces deux enseignements a une volonté politique d’entretenir un état d’esprit dans la population, qui ne doit pas être maîtresse d’elle-même.
    Il y a depuis très longtemps des programmes pédagogiques qui restent dans les cartons fautes de moyens et de crédibilité au sein de l’administration, censés améliorer le cadre pédagogique et sortir les élèves du carcan de la Note Sur Vingt. On appelle souvent ça la pédagogie par projet, et cela a pour but de placer l’élève (l’«apprenant» dans la terminologie) dans une phase active de son apprentissage, se construisant le savoir dont il a besoin face à un problème donné, apprenant à se documenter, à essayer, à se tromper et à résoudre les problèmes par lui-même. Tout le blabla, j’insiste, des charmants penseurs de l’UE n’apporte absolument rien de plus si ce n’est qu’on n’a besoin de mettre ce type de pédagogie qu’au service de l’«esprit d’entreprise», grosse soupe informe que personne ne prendra la peine de définir plus avant tellement elle va de soi (et moi je prétends que cet esprit n’existe pas). C’est simplement faux, ce type de manière de se former doit être appliqué à tous les domaines, et permet l’émergence de la créativité dans tous les domaines. Si vous voulez vous battre pour avoir des entreprises plus compétitives, battez-vous pour que les élèves n’aient plus à se plier à la loi crétine du bachotage en veille d’interro mais soient passionnés par leurs études quel qu’en soit le sujet, entrepreno-compétitivesque ou non. Mettre à disposition des formations efficaces (pourquoi pas gratuites ? rappelez-vous je suis un communiste mais hélas moche), spécifiques à la création d’entreprise pour ceux qui en auraient l’envie, je suis complètement pour. Mais que «la formation à l’esprit d’entreprise [doive] être intégrée dans différentes matières», je dis que c’est de la connerie pure et simple, et du bourrage de crâne.

  26. m’est avis que rayon blabla idéologique on vous la fait pas, hein, vous etes un sacré expert.

    vous n’avez pas besoin de préciser à chaque commentaire que vous etes communiste, hein, quand bien même on aurait loupé un épisode, il y aurait largement de quoi s’en rendre compte.

    “Quelles questions seront posées aux enfants ? Quelles seront les manières d’évaluer leurs compétences dans ces domaines
    il ne me semble pas que l’objectif soit de définir le programme mais plutot de donner des objectifs pedagogiques

    “À côté des jolis mots qui sonnent bien (initiative, etc.) et des recommandations les plus vagues, le but pur et simple de cette réflexion est d’augmenter la compétitivité des entreprises européennes”
    guillaume je suis navré de vous dire que si vous et moi avons ce niveau de vie c’est parce que justement les entreprises ont augmenté leur compétitivité et créé des richesses qui ont ensuite été redistribuées.

    “Les élèves ne sont pas traités en fonction des attentes qu’ils pourraient avoir de la société, mais des attentes que la société a d’eux”
    je ne suis meme pas sur qu’arlette oserait celle-ci. Les enfants comme tous les citoyens ont bien sur des droits mais aussi des devoirs. J’ai remarqué que du coté de la place du colonel fabien on avait tendance a oublié cette dimension. Ainsi les enfants doivent aller à l’ecole, apprendre à lire, ecrire compter dessiner, faire du sport et les sensibiliser à l’entreprise ne me semble pas scandaleux dans la mesure ou ca les forme a la réalité de la vie future. Car, etrangement, le monde ne se modele pas a nos envies et nos desirs.

    C’est le cas pour tous les courants de pensée majeurs, mais je ne vois pas la différence entre ça et le bourrage de crâne des petits chinois avec les héros de la guerre contre le Japon : chacun de ces deux enseignements a une volonté politique d’entretenir un état d’esprit dans la population, qui ne doit pas être maîtresse d’elle-même.
    ou comme l’exercide qui est la source de ce billet. Exactement ce que je dénonce : de la propagande.

    “Il y a depuis très longtemps des programmes pédagogiques qui restent dans les cartons fautes de moyens et de crédibilité au sein de l’administration, censés améliorer le cadre pédagogique et sortir les élèves du carcan de la Note Sur Vingt. On appelle souvent ça la pédagogie par projet, et cela a pour but de placer l’élève (l’«apprenant» dans la terminologie) dans une phase active de son apprentissage, se construisant le savoir dont il a besoin face à un problème donné, apprenant à se documenter, à essayer, à se tromper et à résoudre les problèmes par lui-même.”
    Vous avez raison : doublons (que dis-je !) triplons le budget de l’education nationale ! il n’a augmenté que de 80% durant les 20 dernieres années.

    Tout le blabla, j’insiste, des charmants penseurs de l’UE n’apporte absolument rien de plus si ce n’est qu’on n’a besoin de mettre ce type de pédagogie qu’au service de l’«esprit d’entreprise», grosse soupe informe que personne ne prendra la peine de définir plus avant tellement elle va de soi (et moi je prétends que cet esprit n’existe pas). C’est simplement faux, ce type de manière de se former doit être appliqué à tous les domaines, et permet l’émergence de la créativité dans tous les domaines.
    ecoutez jeune homme, ce programme a été accepté par tous les autres pays européens, ces sales fachistes ultra libéraux débiles. entre votre opinion PCF pur sucre et la leur, étrangement, j’accorde plus d’interet à la seconde option.

    Si vous voulez vous battre pour avoir des entreprises plus compétitives, battez-vous pour que les élèves n’aient plus à se plier à la loi crétine du bachotage en veille d’interro mais soient passionnés par leurs études quel qu’en soit le sujet
    Je ne suis pas à l’education nationale. Je ne me permettrai pas de leur donner des conseils sur des sujets pedagogiques que je ne domine pas. Ce que je sais : des personnes de ma génération que j’ai cotoyées et vu entrer dans l’education nationale, je n’en connais que 2 ou 3 sur une 10zaine qui soient passionnée par son métier. Dont une aujourd’hui prof de math à Bobigny qui s’enflamme lorsqu’elle parle de ses eleves, de leurs progrès ou de leur eveil pour la a matiere. Les autres c’est pour la securité de l’emploi et les vacances. Sincerement lorsque l’on voit leur motivation et leur empressement je ne m’etonne guere que les enfants ne soient pas passionnés par le sujet, tout au moins leurs eleves.

    Mettre à disposition des formations efficaces (pourquoi pas gratuites ?) spécifiques à la création d’entreprise pour ceux qui en auraient l’envie, je suis complètement pour
    et bien j’ai une bonne nouvelle pour vous : ce type de stage de longues durée pour personnes à la recherche d’emploi existent. j’ai meme un ami qui en a suivi un. C’est très complet et tres interessant.

    Mais que «la formation à l’esprit d’entreprise [doive] être intégrée dans différentes matières», je dis que c’est de la connerie pure et simple, et du bourrage de crâne.
    pareil : bourrage de crâne au PCF on vous apprend rien, hein ?

  27. Je ne suis pas spécialement communiste. Je ne sais pas ce que le PCF pense de ces sujets, et je m’en fous. Je dis juste ça pour vous voir patauger dans des conneries du type arlette, PCF et place machin. Ça a l’air de vous faire tellement plaisir.

    guillaume je suis navré de vous dire que si vous et moi avons ce niveau de vie c’est parce que justement les entreprises ont augmenté leur compétitivité et créé des richesses qui ont ensuite été redistribuées.

    Parlez pour vous, je vis en Chine avec un salaire chinois d’environ la moitié de que ce que je pourrais obtenir ici avec mes diplômes, si j’étais chinois. Le quart si je faisais valoir mes compétences linguistiques. Mon niveau de vie est sobre. Si vous vivez avec votre niveau de vie c’est parce que vous laissez exploiter une grande partie de la population mondiale, et tant mieux pour vous si cela ne vous émeut guère. Les richesses créées ne sont pas redistribuées, si vous y croyez c’est que vous vivez dans votre bulle.
    A part ça y’a 10 millions de personnes pauvres en France. Grâce à la compétitivité. Niveau redistribution on pourra faire mieux.

    Les enfants comme tous les citoyens ont bien sur des droits mais aussi des devoirs

    Les enfants n’ont pas de devoirs, ils subissent une éducation, dans tous les cas conservatrice, qui tente de castrer tout changement social. Un devoir suppose un choix, ce choix ils ne l’ont pas. Un enfant n’a pas le devoir de construire la perpétuation d’une société qu’il pourrait vouloir rejeter si on lui laissait le soin de choisir son mode d’éducation. Hélas comment faire le bon choix pour lui qui n’a pas d’expérience. L’unique raison pour laquelle vous voulez que les enfants aient cesdits devoirs, c’est que vous voulez pouvoir vivre votre retraite tranquille, pendant qu’un fonds de pension vous passera l’argent que ces enfants mettront de côté gentiment sans trop poser de questions sur la raison pour laquelle on les a éduqués avec l’idée de compétitivité derière la tête.

    les sensibiliser à l’entreprise ne me semble pas scandaleux dans la mesure ou ca les forme a la réalité de la vie future

    Ceci existe déjà et je n’ai rien contre. Il existe des stages en entreprise dès le collège. Maintenant expliquez-moi en quoi le fait de promouvoir l’esprit d’entreprise (c’est quoi, l’esprit d’entreprise ? — je veux dire c’est quoi de particulier qui ne se retrouve pas dans toutes les activités de la vie sociale ?) forme qui que ce soit à la réalité de la vie future.
    En quoi aura-t-il été utile aux 90% d’enfants qui n’auront jamais envie d’avoir leur entreprise, de les bassiner pendant des centaines d’heures avec ces trucs ?

    Car, etrangement, le monde ne se modele pas a nos envies et nos desirs.

    C’est vrai dans les deux sens. La société n’est pas aussi permissive que vous le souhaiteriez aux idées libérales. C’est chiant hein ? Cela va-t-il vous faire renoncer à développer ces idées ?

    Vous avez raison : doublons (que dis-je !) triplons le budget de l’education nationale ! il n’a augmenté que de 80% durant les 20 dernieres années.

    Ce n’est pas une question de quantité de fonds aloués, c’est une question de mise en place de nouvelles méthodes. Votre ironie à la noix n’apporte pas grand chose à l’histoire, pardon de le faire remarquer.

    ecoutez jeune homme, ce programme a été accepté par tous les autres pays européens

    L’argument du tous les autres gnagnagna ça fait longtemps que j’ai fini de me torcher avec. Je constate qu’il vous fait encore un vif effet, tant mieux pour vous.
    Et pardon d’avoir à vous rappeler qu’un gouvernement n’est pas un pays. Faudrait pas avoir autant tendance à l’oublier si facilement.

    Ce que je sais : des personnes de ma génération que j’ai cotoyées et vu entrer dans l’education nationale, je n’en connais que 2 ou 3 sur une 10zaine qui soient passionnée par son métier.

    Demandez-vous la quantité d’enthousiasme qu’ils mettront en plus dans les activités d’«esprit d’entreprise». Demandez-vous combien de gens en dehors de l’éduc nat ont une passion pour leur métier. Demandez-vous combien de chefs d’entreprise que des gosses pourraient rencontrer vont leur donner envie de se lancer dans l’entreprenariat. Même vous vous dites que vous ne les enviez pas. Vous avez pas eu assez de cours d’esprit d’entreprise quand vous étiez petit ?

    et bien j’ai une bonne nouvelle pour vous : ce type de stage de longues durée pour personnes à la recherche d’emploi existent. j’ai meme un ami qui en a suivi un. C’est très complet et tres interessant.

    Si c’est complet, intéressant, que ça existe déjà et que ça fonctionne bien, en gros, à quoi serviront les cours d’esprit d’entreprise ?

    pareil : bourrage de crâne au PCF on vous apprend rien, hein ?

    Oh non je traine pas avec les PCF c’est des petits joueurs moi mon truc c’est les maoistes j’en connais plein ici, on torture et on rééduque à fond c’est super la golri. Et sinon en quoi exactement c’est du bourrage de crâne ce que je vous raconte ? Un argument ? J’ai eu l’impression de développer quelques aspects de bases de pédagogie pour montrer en quoi, de mon point de vue, l’idée de nommer esprit d’entreprise ce qui devrait être appliqué à tous les aspects de la vie sociale, est du détournement conceptuel proche du bourrage de crâne. Je suis prêt à y revenir si vous voulez. Maintenant j’aimerais bien savoir en quoi ces arguments-là sont également du bourrage de crâne de ma part.

  28. dejà “c’est super la golri” ca n’existe pas. c’est bien beau de faire le jeune qui s’encannaille mais là ca colle pas.

    je suis ravi de voir que la vie en chine vous convienne si bien : épanoui, de bonne composition, d’une conversation agreable, argumentée d’exemples mésurés : vous êtes un interlocuteur sympatique.

    On pourrait croire qu’en partant là bas vous régleriez un compte avec votre conscience et que vous en voudriez au monde entier de ce que vous vous infligez : il n’en est rien. quelle élégance.

    quant aux 10 millions de pauvres qui s’endettent pour acheter des merdes chinoises, c’est sur que vous contribuez bien plus que nous, lâches marionettes materielles du monde ultra libéral occidental, à améliorer leur sort.

    Votre éducation a été payée par la collectivité : donc par la richesse qui a été générée par notre société, même si vous ne profitez plus aujourd’huide cette dernière.

    J’ai essayé de rester courtois, vous ne faites aucun effort. J’ai suffisament perdu de temps et d’énergie avec votre colère impudique qui indispose tout le monde ici. je vous laisse conclure : faites votre révolution ici ou ailleurs, cela m’indiffère je ne vous lirai plus.

  29. Merci pour vos opinions sur ma personne. Ils sont d’un intérêt sans équivalent, étant donné le temps depuis lequel nous nous connaissons. Et merci de m’avoir éclairé sur la raison de l’endettement des foyers en France. C’est très instructif. Je laisse aux passants le soin de juger de votre courtoisie et de votre élégance.
    Et je vous présente mes plus sincères excuses pour des mots qui vous ont manifestement touché.

    Néanmoins je vous ai posé quelques questions simples à plusieurs reprises, auxquelles vous n’avez pas jugé bon de répondre.

    Qu’est-ce que l’esprit d’entreprise ? Plus particulièrement en quoi l’esprit d’entreprise contient-il des éléments qui ne sont utiles à aucune autre activité sociale ? Quel est l’intérêt d’appeler esprit d’entreprise un enseignement dont les contenus (initiative, créativité, innovation, …) sont manifestement enrichissants dans tous les domaines de la vie, professionnelle ou non ?

    J’ai posé l’hypothèse que c’était pour faire entrer dans l’esprit des enfants que seule l’entreprise contient ces valeurs. Ce que j’ai cavalièrement appelé du bourrage de crâne.
    J’ai dit que je n’ai rien contre le fait de vouloir développer ces aspects dans la personnalité des enfants car elles sont libératrices et leur apprennent à penser par eux-mêmes, et qu’il existe déjà des théories et beaucoup d’expériences pédagogiques pour aller dans ce sens, sans prétendre que ces compétences sont ni nécessaires ni suffisantes au fait d’être ou non un bon entrepreneur.
    J’ai dit aussi que les choses préconisées par vos liens ne font qu’utiliser des heures de cours à des fins de propagandes pour un type de carrière professionnelle que beaucoup des étudiants et élèves n’auront pas envie de suivre, d’autant plus en sachant ce qui les y attend vraiment.

    Vous avez qualifié tout ceci de bourrage de crâne de ma part, golriant de mes arguments et exemples non mesurés, et n’avez donc jamais pris la peine d’écrire une seule ligne pour répondre à ceci, mis à part le fait que tous les autres pays de l’UE ont adopté ce programme (sans rien me donner des raisons de pourquoi ils l’ont fait).

    C’est majdo.

  30. merci brontuzu, voilà un petit mot fort réconfortant. repassez quand vous voulez. en effet ce n’est pas facile tous les jours (yeux au ciel)

    guillaume recadrons ce sujet : la vie en entreprise en france est difficile. bien plus que dans les autres pays. La théorie de Philippon en etudes croisées sur differentes statistiques est la suivante (j’en parle ici :
    “statistiquement, la qualité des relations sociales dans l’entreprise explique 70% des variations de taux d’emploi entre les pays (…). C’est deux fois mieux qu’avec les variables institutionnelles classiques (taux de remplacement et durée des allocations chômage, taux d’imposition du travail, coûts de licenciements, etc.)»

    Les relations sociales en entreprise en france sont parmi les plus mauvaises des pays d’europe etudiés. Et, selon Philippon il y a une corrélation directe avec le dynamisme du marché de l’emploi du pays.

    Je trouve cette théorie particulièrement interessante dans la mesure ou elle rejoint un ressenti professionnel. Et aussi parce qu’elle sort de la reflexion politique partisane et bas du front (les chefs d’entreprises sont que des salauds / les syndicalistes que des feignants).

    Cet ouvrage met autant en question l’attitude systematiquement conflictuelle des syndicat que les derives paternalistes et etatiques des dirigeants. Il met ainsi les syndicats dans cette perspective historique, rappellant par exemple que les pays ou ces positions conflictuelles sont les plus dures sont aussi ceux ou le syndicalisme etait interdit au XiXeme siecle.

    D’un autre coté il montre que la France est le pays où l’on trouve le plus de chefs d’entreprise parachutés (quelques uns venant du public et n’ayant aucune experience de l’entreprise) et appartenant à la caste des elites. Un cadre francais a ainsi beaucoup moins de chance statistiquement de gravir les echelons jusqu’au sommet comme c’est souvent le cas aux US ou en Allemagne. Cela aussi cree de la frustration et de un sentiment d’injustice dans la société.

    Pour revenir au sujet : lorsque je vois que d’une part les conflits sociaux sont glorifiés et qu’on refuse de sensibiliser les collégiens / lyceens à l’esprit d’entreprise, que simulatanément sort un film comparant la vie en entreprise à la shoah, je me dis qu’on ne va pas dans le sens d’une relation à l’entreprise plus juste et plus saine.

    Vous avez qualifié tout ceci de bourrage de crâne de ma part, golriant de mes arguments et exemples non mesurés, et n’avez donc jamais pris la peine d’écrire une seule ligne pour répondre à ceci, mis à part le fait que tous les autres pays de l’UE ont adopté ce programme
    Enfin pour ce qui est de l’education à l’esprit d’entreprise la raison est simple (je la repete) :
    1 – susciter des vocations
    2 – eduquer et contribuer aux connaissances citoyennes

    1 – Il y a ce déficit chez nous d’un réseau de PME/PMI, ce tissu industriel renforçant le dynamisme economique d’un pays comme l’Allemagne par exemple, qui profite à plein de l’Euro fort.

    Aux US c’est pareil : on s’imagine toujours Uncle Sam comme cet espace de parrain regroupant une mafia de multinationales. C’est oublier que 95% des entreprises US sont des SMB (Small Medium Business).

    2 – En france ce tissu industriel est donc deficitaire. Et ce n’est pas avec des contenus pedagogiques de cette espece qu’ils vont se developper. Mais plus en effet avec une sensibilisation pédagogique (ce qui ne veut pas dire exclusivité du contenu pédagogique) à l’esprit d’entreprise que l’on peut tout à fait accompagner d’une histoire sur les syndicats et leurs droits, en laissant le choix aux eleves de determiner si selon eux la greve dans un cas donné est justifié ou pas.

    J’ai dit aussi que les choses préconisées par vos liens ne font qu’utiliser des heures de cours à des fins de propagandes pour un type de carrière professionnelle que beaucoup des étudiants et élèves n’auront pas envie de suivre
    J’ai fait de la science naturelle à l’ecole et pour vous dire la vérité je ne m’en sers pas tous les jours. On peut imaginer que pour ceux chez qui cela ne developpera pas des vocations, cela leur permettra de developper un esprit citoyen, une connaissance de la société d’aujourd’hui. L’education est un excellent rempart contre la démagogie quelle qu’elle soit.

    Et je vous présente mes plus sincères excuses pour des mots qui vous ont manifestement touché.

    Vos propos et votre mauvaise foi ne m’ont pas personnellement touché. Il m’ont juste épuisé. Sans rancune. Mais temperez vos propos si vous souhaitez un echange.

  31. Bonjour Guillaume Andrieu (une vieille connaissance du BBB, que j’ai appris à respecter et apprécier).

    Désolé donc Guillaum, je n’arrive que trop tard sur cette page, j’ai fais de la chasse au troll ce week-end et connaissant le style de Ceciiil depuis peu, je n’étais pas pressé de rentrer dans ce débat que je devinais long.

    C’est ce que confirme ma lecture (uniquement) de vos réponses à Ceciiil.

    Il est surprenant qu’elles s’apparentent fortement à celles que j’ai pu lui faire sur quelques autres de ses posts, à ceci près que vous n’hésitez pas à lui rendre la monnaie de sa pièce.

    Ceciiil utilise régulièrement l’ironie, la vanne pour traiter de sujets politiques graves et n’apprécie pas trop longtemps, c’est son paradoxe, de tomber sur quelqu’un qui prend la politique au sérieux.

    Il a tendance aussi à renvoyer à d’autres références ce qu’il devrait prendre en charge lui-même d’expliquer et de défendre.

    Bref, y’a du taff ici, d’autant plus que le site présente bien et que son auteur, malgré nombres de référence communes, constitue mon négatif.

    yG

  32. 1 – susciter des vocations

    Même en admettant que le fait d’inclure des cours mettant l’accent sur l’esprit d’entreprise (on ne sait toujours pas ce que c’est exactement) aurait un impact sur le nombre de carrières, ce serait mettre la charrue avant les bœufs. Ou alors il faut mentir aux jeunes en leur cachant la mauvaise partie du boulot d’entrepreneur, et leur laisser le soin de découvrir les inconvénients lors de leurs débuts.

    Initiative, prise de risques, innovation (autant de choses qui font de très bons braqueurs par ailleurs), oui mais aussi paperasse urssaf, droits de propriété intellectuelle, impôts et charges patronales, prud’hommes, bases de relations publiques, sans oublier faire la lèche aux investisseurs, etc. Je doute que le contenu pédagogique proposé en collège veuille mettre l’accent sur ces choses. Il se contentera d’un discours bon teint sur les bons vieux initiative, prise de risques, etc.

    Ensuite se pose le problème pratique : qui va enseigner aux petits l’esprit d’entreprise en France ?

    – Ceux-là même dont vous critiquez les positions partisanes ? Comment pouvez-vous espérer alors une seconde que cela améliore l’idée que les jeunes se font de l’entreprise ?

    – D’autres personnes ? Mais qui ?

    2 – eduquer et contribuer aux connaissances citoyennes

    Alors je repose ma question : en quoi est-ce que l’esprit d’entreprise (qui est toujours un nuage informe) contribue-t-il aux connaissances citoyennes ? C’est-à-dire, en quoi est-ce que l’esprit d’entreprise contient des éléments qui lui sont propres, et qui participent aux connaissances citoyennes ?

    J’ai fait de la science naturelle à l’ecole et pour vous dire la vérité je ne m’en sers pas tous les jours.

    Vous avez fait de la science naturelle à l’école parce que certaines personnes ont décidé que cela devait vous aider à la compréhension du monde qui nous entoure, et que cela pouvait vous apporter un certain bagage, une certaine culture. Le fait que vous ne vous en serviez pas tous les jours n’a pas d’importance.

    La question est de savoir si l’on peut placer l’idée (toujours indéfinie) d’esprit d’entreprise et ses composantes dans le champ du savoir au même titre que les sciences nat. Comment peut-on être sur que les éléments apportés dans ces classes correspondent à une quelconque connaissance ? J’ai déjà fait état de multiples tentatives d’insérer dans les cursus de la pédagogie par projets, qui développe la curiosité et les capacités des jeunes à résoudre les problèmes qui les touchent. Ces pédagogies restent malheureusement trop marginales pour le moment, mais les choses évoluent. Que doit apporter en plus l’esprit d’entreprise ?

  33. Salut Yannck. Je vous ampute d’un i pour rétablir la balance, et on n’en parle plus, d’accord ?

    Notre hôte est cultivé, gentil, respectueux, courtois et élégant, son seul petit défaut c’est qu’à la question «c’est quoi l’esprit d’entreprise ?», il répond toujours par «la en entreprise en France est difficile». But otherwise, he’s perfectly alright.

  34. Ah non Ceciiil, j’applaudis à deux mains… Guillaume Andrieu.

    Si je prends le temps de lire vos réponses, le problème, c’est que je risque fort de répondre dans la même veine que ce dernier.

    Mais, si vous êtes prêt à ingurgiter une double ration, qu’à cela ne tienne, mais ne venez pas me claquer la porte au nez, comme vous l’avez déjà fait, en me laissant simplement le dernier mot, dont je n’ai guère besoin.

    Bref, tout cela pour dire que si en l’espace d’un mois, nos rapports se sont apaisés, que tu m’invites à te tutoyer (why not), il n’en reste pas moins que nous sommes sur l’essentiel à mes yeux, en désaccord.

    Est-ce encore le cas ici ?

    Je le présume, tant je n’ai aucune sympathie et patience pour le discours entrepreneurial. Mais, allons voir de ce qu’il en retourne dans votre prose, si vous êtes prêt à me recevoir.

    yG

  35. Pourquoi changer l’appellation « esprit d’entreprise » par « esprit d’initiative », parce que simplement l’initiative n’est pas le propre de l’entreprise ou du moins de l’entrepreneur, le syndicaliste ou l’ouvrier bloquant son entreprise est aussi quelqu’un qui prend des initiatives. 😛

    yG

    ps: Avec du retard, je continue votre lecture, et reprends ce que je peux.

  36. Une contrôleuse ANPE qui faisait un discours l’an dernier devant une cinquantaine de personnes (dont votre serviteur) de tous horizons professionnels pour présenter des contrats avenirs (appellation des plus ironiques/cyniques car, limité à dix mois) 26 h/hebdo payé au smic, a eu l’indélicatesse ou la stupidité (à vous de voir) de déclarer : « 26h/hebdo, c’est toujours mieux que rien ».

    Hélas, j’étais dans la salle, j’ai pris aussitôt la parole pour lui souligner qu’avec ce genre de logique du mieux que rien, prôner alors par les supporteurs du CPE et cette actuelle majorité, on arrivait à l’absurde, puisqu’on peut dire également que 20h, c’est mieux que rien, que 13h, c’est mieux que rien et qu’une 1/2h, c’est mieux que rien. Que le smic, en tant que notion liée au salaire minimum n’a de pertinence qu’associée à un temps minimum.

    Bref, on peut parfaitement accepter de bosser sous ce genre de contrat, mais qu’on ne nous fasse pas croire qu’il s’agit là d’un quelconque progrès.

    J’ai accepté ma part, et je le fais encore, de boulots mal payés, mal considérés, stupides, mais c’est de ma propre responsabilité, de ma propre initiative, qu’on ne vienne pas me vanter mon attitude, la prenant comme exemple ou pire encore celle de ce genre d’emploi, c’est de la merde, j’en ai besoin, mais jamais, au grand jamais, je ne dirai que cela a le goût du poulet au curry pour faire plaisir à cette majorité et à leurs idéologues bien mal inspirés.

    yG

  37. « le rapport que l’on entretien dans notre culture à la hiérarchie … »

    Justement, il ne devrait plus y en avoir aucun, faites votre devoir, pas celui qu’on vous impose, c’est la coopération. Je n’ai ni dieu, ni maître, seulement des partenaires.

    « je peux vous certifier une chose : je ne suis pas prêt à consentir aux efforts, risques et stress qu’ils supportent. A mon sens ils n’ont rien volé de leur argent ni de leur belle voiture. »

    Pourquoi, parce que les salariés volent leurs employeurs ? Arrêtons de croire que quelqu’un dans l’entreprise mérite plus par nature, cela sera déjà un grand pas vers l’apaisement dans la relation entrepreneur-employés.

    « employés kleenex » n’est pas un statut a priori, c’est l’employeur qui colle et donc crée ce qualificatif à l’employé en le virant, dès lors qu’il ne le trouve pas assez « fiable ». Tout employé est donc potentiellement kleenex selon le bon vouloir de l’entrepreneur.

    yG

  38. superbe guillaume : bonne pioche. sauf qu’ici c’est moi qui souligne.

    (j’ai mis à jour le sujet depuis hier avec les données récupérées sur le site france culture).

    quand bien même le createur d’enterprise en question serait bernard arnault, l’enseignant, lui, ne laisse planer aucun doute sur l’orientation de l’enseignement.

  39. « je trouve mesquin que l’on se moque de leur réussite. »

    Il est toujours amusant de parler de l’entreprise au singulier, en en faisant un corps constitué, lorsqu’on ne souligne que la réussite de la tête, en oubliant les bras, les jambes, et l’estomac. Voilà ce qui est mesquin, pourquoi la réussite est-elle si peu partagée ?
    « lorsque l’on cree une startup on n’a aucune visibilité à 2 ans. Le CDD est trop court le CDI trop risqué. Le CPE est donc parfait. »

    Mais depuis quand sommes-nous, collectivement, inféodé au desiderata de l’entrepreneur ?

    Qu’il assume que sa survie n’est pas le seul objectif de l’entreprise, pas même la survie de la structure, ou du nom, mais la seule fonction de l’entreprise, c’est le collectif.

    Lorsqu’on part du principe que les employés ne sont qu’un ingrédient de plus, une variable, qu’on peut supprimer par la technologie ou virer en délocalisant, alors dans ce cas, l’entrepreneur se doit dans être une variable, à part entière également. Tant que cette inégalité de statut perdure, l’entrepreneur n’a aucune raison de s’attirer la sympathie.

    yG

  40. « J’ai fait de la science naturelle à l’ecole et pour vous dire la vérité je ne m’en sers pas tous les jours. ».

    Pourtant, Ceciiil, vous êtes féru en Darwinisme… social à la mode 21ième siècle. 😛

    yG (voilà, j’vous est tout lu)

    PS: Pour ce qui est d’enseigner les valeurs entrepreneurials à l’école, c’est inutile, elles le sont systématiquement par la télévision et les autres médias.

    La compétition, l’initiative font ainsi les belles heures de tous les commentaires sportifs.

    Difficile d’enseigner aujourd’hui l’éducation physique, dès lors que tout tourne autour des valeurs du sport, si proche de celles de l’entreprise, à ceci près que dans une équipe sportive, la victoire se partage réellement (ah ben, non, Zidane en tant que professionnel devait gagner bien plus que son gardien, je crois bien).

    Pour finir, une anecdote, qui ne démontre rien, si ce n’est ce que je pense.

    Dernièrement a eu lieu dans ma ville un congrès ouvert aux jeunes entrepreneurs.

    À cette occasion, j’ai pu redécouvrir, vingt ans après, mon premier amour s’affichant gaiement en 4 par 4 pour vanter l’esprit d’entreprise, genre, « faites comme moi, ouvrez votre boîte ».

    C’est ce qu’elle a fait, je le sais, il y a quelques années, un petit commerce qui a rencontré son public, tant mieux pour elle, j’en étais jusque-là content.

    Mais voilà, il y a un fossé entre être content de soi, de sa situation et en faire l’apologie.

    Car, le « faites comme moi » est le summum de l’individualisme.

    En effet, en y regardant de plus près, sur le site responsable de la campagne, tout ce qu’on pouvait noter, c’est son amnésie, « je ne dois rien à personne », sa suffisance, je dois tout à moi, « j’ai la niaque », et je le mérite en plus, car « j’ai un bac plus 5 », en grande partie fait d’équivalence plus ou moins bidon.

    Elle s’y vantait également d’avoir pour projet de revendre « le concept » de son magasin à une personne suffisamment stupide pour l’acheter, tellement celui-ci est des plus courants.

    Tout cela pour finir par refiler un conseil digne de la méthode Coué, dont je ne nie pas la pertinence, seulement le fait qu’il faille le vendre et être rempli de gratitude pour celui qui vous le vend ainsi, et quoi encore.

    Aujourd’hui, j’espère sincèrement ne plus là revoir, ce qu’elle est devenue, à l’image des valeurs qu’elle plébiscite, me fait gerber et me remplit de tristesse.

  41. voilà une anecdocte fort à propos qui confime bien un élément : nous avons aussi peu de dignité dans la victoire que dans la défaite.

    les entrepreneurs dont je parle, et le sens même de l’entrepreneur, ce n’est pas à mes yeux celui qui reussit pour jeter de la poudre aux yeux mais celui qui entreprend pour le gout de (attention expresion galvaudée) l’aventure et de la liberté (racine de libéral si je peux me permettre).

    Ce genre d’imbeciles qui affichent fièrement leur reussite (sous les traits d’un 4×4 qui plus est) est evidemment detestable.

    A leure décharge, la méfiance pregnante que nous observons vis à vis du succès (lire le reportage de l’express cette semaine sur les etudes de pierre cahuc sur le sujet) font que nous ne parvenons pas à conserver une relation saine face à cela.

    Mais je suis d’accord avec toi : ce doit être un spectacle sinistre et désolant.

    pour les start-up personne n’est obligé de les rejoindre. je l’ai fait et je ne le regrette pas meme si comme une 50n de collegues j’ai ete licencié economique 2 ans plus tard.

  42. “nous ne parvenons pas à conserver une relation saine face à cela.”

    Je pense plutôt que le culte du succès, sexuel, physique, professionnel, etc, est tel aujourd’hui que certains sont prêts à tout pour y être associé.

    yG

  43. yannick – je suis désolé de vous le dire encore : l’essentiel des points sur lesquel nous sommes en désaccord, en gros ces certitudes que vous assenez avec ce ton peremptoire, le sont car mes positions sur ces points ont changé radicalement lors de mon expatriation.

    Si elles ont changé c’est que en vivant dans d’autres contextes on se rend compte que ce qu’on nous assene comme vérité inalterables alors que nous grandissons, n’est pas necessairement vrai, que ce n’est pas une vérité absolue et que celle-ci depend largement du referentiel, du contexte.

    ces propos manquent de recul – quelques exemple :
    “Lorsqu’on part du principe que les employés ne sont qu’un ingrédient de plus, une variable, qu’on peut supprimer par la technologie ou virer en délocalisant,”
    je n’ai jamais dit ou accepté cela. Voici l’archétype des idées qu’on prete à l’ensemble des entreprises en ecoutant les news sur telle entreprise qui delocalise ou telle autre qui licencie. il y a des entreprises qui fonctionnent ou les gens s’epanouissent, ou les employés sont constament formés pour evaluer dans leur poste. Il existe en effet des entreprises qui cherchent a etablir une relation gagnant-gagnant avec leurs employés. Et pas necessairement perdant-perdant. Lorsque j’ai perdu mon emploi j’ai rencontré une quinzaine d’entreprises d’informatique (secteur qui emploiera 500,000 personnes d’ici 2 ans, ce qui n’est pas negligeable) et parmi celles-ci j’en ai rencontré plusieurs qui avait ce soucis là, qui preservait leurs employés en sachant qu’il s’agissait l

    Pourquoi, parce que les salariés volent leurs employeurs ? Arrêtons de croire que quelqu’un dans l’entreprise mérite plus par nature, cela sera déjà un grand pas vers l’apaisement dans la relation entrepreneur-employés.
    un entrepreneur entreprend, il crée des emplois et donc de la richesse. Un salarié en crée aussi mais n’en créerait pas s’il l’entrepreneur n’avait entrepris. Cessons de dire que tout se vaut : ce n’est evidemment pas vrai. L’equipe de france de foot est la meme si on enleve barthez, pas si on enleve zidane. Ou pour les smiths restent les smiths sans mick joyce pas sans morrissey.

    Je m’interesse beaucoup au monde des createurs d’entreprises dans les NTIC, et je peux vous dire que l’entreprise dont ils parlent est à l’opposée de celle (capitalisme d’etat, capitalisme paternaliste) de l’ex baron du medef, cliché usé jusqu’à la corde. vous allez encore me disputer mais je vais encore vous renvoyer sur mes bloggers anglo saxons, surtout chez paul graham ou kathy sierra pour cela.

  44. Personne ne dit que votre expérience à l’étranger ne vous a rien apporté, ne vous a pas ouvert les yeux, Ceciiil. Seulement, ici, elle ne m’apporte rien de nouveau, votre discours est aussi stéréotypé à mes yeux que le mien aux vôtres.

    Quant à l’argument d’autorité que contient cette référence systématique à votre expérience en dehors de nos frontières (genre, je suis allé à l’étranger, j’ai vu et pas vous), il est du plus mauvais aloi.

    Vous ajoutez « il y a des entreprises qui fonctionnent ou les gens s’epanouissent, »

    Oui, et alors, cela ne démontre pas que le libéralisme ou la culture traditionnelle d’entreprise en est à l’origine.

    De même, si dans les NTIC, il existe d’autres façons de diriger, j’en suis fort aise, mais ce n’est pas celle-là qu’on nous offre le plus souvent, le plus communément derrière le discours d’entreprise. Tout le monde n’est pas dans l’informatique ou des micro-structures, style patron en jean’s et t-shirt d’heavy mental qui vous tutoie.

    Autrement dit, vous tenez un discours unitaire sur l’entreprise tout en le fragmentant, le réduisant, de-ci, de-là pour maintenir une image globale positive, pourquoi ?

    Je rappelle que j’ai déjà dénoncé (voir la suite) ce qui dans la notion d’entreprise était erronée, la hiérarchie, la notion d’employeur-employé, l’inégalité des traitements.

    Vous dites : « un entrepreneur entreprend, il crée des emplois et donc de la richesse. Un salarié en crée aussi mais n’en créerait pas s’il l’entrepreneur n’avait entrepris. Cessons de dire que tout se vaut : ce n’est évidemment pas vrai. »

    Je pourrai vous répondre que c’est la doxa capitaliste et que Steevy Bouley le pense sincèrement (il l’a dit maintes fois chez Ruquier ces dernières années), mais nous n’avancerions pas avec cela, alors, je vais vous donner un exemple qui rend caduque votre a priori.

    Prenons une personne qui doit monter un canapé chez elle, mais voilà, elle est seule. Elle a pourtant ce capitale énorme, le canapé, c’est sa propriété, et il est pour l’heure dans la rue. Pour le rentabiliser, ce canapé, elle doit le monter chez elle, là, il pourra servir à recevoir ses fesses et celles de ses conquêtes, une plus value énorme pour cette personne.

    Voilà que passe une autre personne qui a besoin d’argent pour s’acheter son propre petit canapé, enfin, un modeste clic-clac, mais qu’importe.

    Celui qui veut monter le sien lui propose de l’argent, de l’employer comme on dit, pour l’aider à monter sa boîte (oui, le canapé est en kit).

    Le deal se fait, et le canapé monte d’un étage ou deux, selon la nature de la difficulté, le contrat se modifie ou non, on change de porteur ou non, etc., jusqu’à ce qu’il arrive dans le dit salon où tout le monde peut s’affaler, et boire une bonne bière ou un coca avant d’être gentiment remercié.

    Si la première personne dans cet exemple à bien acheter (louer) un travail (la force brut du passant sans le sou), il n’a rien crée, il avait déjà ce capital, il en a seulement troqué une partie (pour payer son porteur) pour en avoir plus (woua, un super canapé dans le salon).

    Autrement dit, dès lors que nous avons besoin d’autrui, que nous le payons pour un service ou un bien, nous sommes des micro-entrepreneurs.

    Dans l’exemple, d’ailleurs, il y a deux entrepreneurs, tous deux devant trouver les moyens d’atteindre leurs buts, en se servant de l’autre comme moyen. Qui est donc l’employeur et l’employé ?

    L’entreprise n’existe que dès lors que divers projets se retrouvent autour d’un projet collectif.

    Rien ne stipule ici que l’un est plus important que l’autre, il y faut les deux, le canapé qui doit être dans le salon et la force qui doit le monter, l’une ne précède pas l’autre, l’une n’est pas plus importante que l’autre pour qu’il y ait circulation de richesse.

    yG

    PS : Enfin, pour blaguer, je ne sais ce que vous vouliez démontrer avec votre équipe de France, car, elle existe encore, que je sache, sans aucun des deux, et Morrissey fait depuis belle lurette une carrière solo.

  45. eeeeeeeeeexactly. et mike joyce non.

    vous savez, on a retrouvé en 1990 des gens dans une ile de micronesie qui croyaient que WWII n’etait pas terminée.

    je n’ai rien compris à votre exemple de canapé. pourquoi la personne ne l’a-t-elle pas téléchargée sur amazon ?

    je ne fait pas l’apologie de l’entreprise je veux juste qu’on arrete de la diaboliser ainsi à tort et à travers. Que l’on reflechisse plutot ameliorer la vie à l’interieur en adressant les points soulevés par Philippon. Je le repete pour la 8215eme fois : Mitterand avoua sur son lit de mort à Giscard que c’etait là un de ses grands regrets que n’avoir su amelioré cela.

    Avez vous suivi le lien sur cahuc ? C’est fort interessant.

    Par ailleurs, avez vous vu le film de Klotz ? Cela ne vous semble-t-il pas douteux que l’on y compare l’entreprise à la shoah ?

  46. Mon exemple du canapé est là pour démontrer qu’il ni aucune différence théorique qui justifie la plupart des inégalités au sein des entreprises, telles qu’elles sont majoritairement constituées de nos jours, c’est-à-dire de façon pyramidale.
    Ce n’est donc pas la notion d’entreprise que je condamne, mais celle que maintient le système libéral en entretenant de fausses distinctions (employeur/employé, créateur-donneur de travail/fournisseur de travail, etc) à l’origine de toutes les tensions sociales liés au travail.
    Fini l’époque des serfs et des petits chefs.
    « le film de Klotz ? Cela ne vous semble-t-il pas douteux que l’on y compare l’entreprise à la shoah ? »
    Non, je ne l’ai pas vu, mais cette analogie ne me surprend pas, ni me choque (de toute façon, il est interdit d’employer la shoah pour comprendre ou dénoncer quoi que ce soit, une façon comme une autre de faire mourir cette expérience collective, de ne rien en tirer, hélas). Elle ne me surprend pas, car, la shoah était déjà organisée de façon entrepreneuriale, c’est d’ailleurs ce qui explique sa triste et macabre efficacité.

    yG

  47. Louis, 16 ans, élève de terminale S, a lu son livre de SVT tout neuf. Quelques jours plus tard, il s’entretient avec moi sur le contenu de cette lecture. Il est surpris que le chapitre qui traite des cultures OGM n’en présente que les aspects négatifs. Il analyse que pour un livre de “Sciences de la vie et de la terre” le point de vue pourrait être plus objectif. Vive l’éducation nationale, vive le grand décervelage de la nation. Il s’étonne aussi que le livre d’histoire contemporaine édité en 2005, donne des références de la fin du XXe siècle en ce qui concerne la Chine, l’Inde et autres pays à fort développement. L’EN semble complétement désuète, les jeunes ont accès à des CDI de luxe, à l’internet, à la presse… Les profs néo-communistes qui rédigent les manuels n’ont qu’à bien se tenir…

  48. ginette, merci pour votre commentaire.

    je ne comprends pas la phrase “les jeunes ont accès à des CDI de luxe”. Si c’est du premier degré je suis contraint d’etre fortement en désaccord. Le marché de l’emploi pour les jeunes (à moins d’etre issu de l’elite) est extremement difficile.

    Pour ce qui est des “neo-communistes”, je pense que c’est globalement faux. Le communisme est en pleine perte de vitesse et les enseignants sont plutôt au PS voir au centre (un pourcentage important d’enseignants a voté Bayrou). Même si quelqu’un de ma famille, prof fraichement retraité, était fier de m’annoncer qu’il avait voter Besancenot.

    Yannick je vais être franc avec vous – je n’ai pas fait de longues etudes. Donc mes connaissances de l’entreprise le sont a partir d’observation et de mon experience de bientot 20 ans. On peut théoriser pendant des heures, je prefere me ramener aux exemples que j’ai observés.

    Ce que je remarque immanquablement : les gens positifs enthousiastes, les gens avec qui il est agreable de travailler qui se satisfont de leur sort, et bien eux se plaignent rarement du travail. Il ne restent pas très longtemps sans boulot. Et progressent regulierement dans leur responsabilités et oui : ils s’epanouissent dans leur travail. A mon sens, il ne s’agit pas de soumission ni de benis oui oui un “peu gentils” comme on dit souvent péjorativement.

    Les autres, ceux qui ralent, qui se plaignent en permanence, qui tiennent le monde responsable de ce qui leur arrive, qui prennent quelque libertés (pauses café et clop incessantes, largesse avec les horaires), Ils sont souvent cynique et parlent beaucoup. et bien eux le travail les affecte moralement, physiquement.

    J’ai vecu 2 faillites d’entreprise (une en Suisse, une en France) et j’ai suivi l’evolution des personnes licenciées economiques. J’ai pu observer leur dynamique dans une recherche d’emploi, leur ressenti et leur reussite dans cette recherche. (je ne parle pas de vous ni de vos demarches ici, je parle des cas que je connais professionnellement)

    Il ne s’agit pas de théorie juste d’observation, mais j’ai ete frappé par cette relation forte entre la dynamique personnelle et la relation au travail. Ce que je remarque aussi c’est que, souvent, ceux qui ont un discours aussi radicalement opposé à l’entreprise sont rarement des travailleurs forcenés.

    Au dela de ca, ce que je remarque c’est que cette dynamique interne, personnelle conditionne non seulement leur relation au travail mais leur relation a toute activité sociale (couple, famille, association, groupe de musique, activité sportive …).

    question yannick : pensez vous etre en controle de ce qui vous arrive ou pensez vous plutot que quoi que vous fassiez vous n’inflechirez pas le cours de votre vie ?

  49. “ceux qui ont un discours aussi radicalement opposé à l’entreprise sont rarement des travailleurs forcenés.”

    Oh la la, c’est grave, Ceciiil, le stakhanovisme n’a plus la cote, on dirait, zut alors. 😛

    yG

  50. Pour ma part, j’ai travaillé pour financer mes études, divers petits boulots qui à l’époque étaient occupés principalement par des étudiants précaires et qui aujourd’hui le sont par tout le monde, hommes et femmes, la quarantaine et plus, cumulant divers postes pour arriver difficilement aux deux-tiers du smic.

    Alors, les petits chefs et leurs alliés, ceux qui ferment leurs gueules pour ne pas avoir d’ennuis et rester dans la petite boîte, je les connais aussi.

    Le nombre d’année de fait rien à l’affaire concernant votre façon de voir l’entreprise et ses dérives coutumières (pas systématique, attention), c’est avant tout votre regard, vos motivations qui déterminent ce que vous accepterez/percevez ou non.

    Et puisque vous aimez le vécu, je vous dirai encore que je suis fils d’ouvrier, ouvrier maçon et d’une nourrice, vieille école, limite analphabète, si vous pouvez imaginer ce que le travail représente et signifie dans une telle famille.

    Enfin, ma vie, j’en suis entièrement responsable, j’ai toujours la possibilité de l’abréger.

    Maintenant, concernant le contrôle de mon existence, cette question est inappropriée, l’alternative qu’elle suppose est sans nuance, et par conséquent, caricaturale. Digne d’un questionnaire pour DRH, vous ne pensez pas ?

    yG

  51. euh, CDI, centre de documentation et d’information, je suppose.
    quand je vous dis que je n’ai pas fait de longues etudes …
    c’est avant tout votre regard, vos motivations qui déterminent ce que vous accepterez/percevez ou non.
    mille fois d’accord. Mes deux motto politique : “Arretons de se demander ce que peut faire l’amerique pour nous et demandons nous ce qu’on peut faire pour l’amerique” (JFK) et “be the change you want the world to be” (ghandi).

    Alors, les petits chefs et leurs alliés, ceux qui ferment leurs gueules pour ne pas avoir d’ennuis et rester dans la petite boîte, je les connais aussi.
    ce n’est pas ce cela dont je parle. je parle d’enthousiasme et de pro-activité. que l’on retrouve dans d’autres domaines de la vie sociale. j’ai bien précisé que je ne parlais pas de soumission ou plutot que je ne partageais pas cette comprehension de la chose.

    concernant le contrôle de mon existence, cette question est inappropriée, l’alternative qu’elle suppose est sans nuance, et par conséquent, caricaturale. Digne d’un questionnaire pour DRH, vous ne pensez pas
    probablement. si je vous pose cette question (qui ne portait que sur le cadre professionnel) c’est que j’ai remarqué aussi qu’il s’agissait d’un des points communs aux detracteurs de l’entreprise et que cela legitimait ainsi un cynisme manifeste. Cela est tres bien décrit (internalité/externalité) dans GenerationMe ce livre de Jean Twenge sur la generation 70-90 et c’est une tendance lourde de cette generation.

  52. Guillaume : c’est quoi l’esprit d’entreprise ? C’est cette disposition d’esprit qui s’emploie à faire advenir les choses. Je vous invite a lire cet essai de scott berkun ce sujet : how to make things happen. il s’agit d’un chapitre tiré de son ouvrage “the art of project management”.

  53. « ce n’est pas ce cela dont je parle. » Et pourtant, c’est bien dans l’entreprise publique ou privée qu’on rencontre cela, et que je l’ai rencontré.
    Dans la plupart des autres « domaines de la vie sociale », vous êtes bien davantage libre de dire ce que vous pensez, les conséquences ne pèsent pas autant sur votre présent et votre avenir.
    Autrement dit, la dimension que je souligne et que vous occultez, existe bel et bien dans nombre d’entreprises. Elle est concomitante aux relations de pouvoir vertical inhérent à la plupart des entreprises et à la nécessité que nous avons de travailler ou plus exactement d’avoir un salaire. Je ne fais pas ce constat pour dresser un tableau noir de l’entreprise, mais pour souligner que par son actuelle structure, elle est le lieu même des abus de pouvoir par excellence (en dehors de la famille). Qu’il ait lieu ou non, dépend plus des circonstances que de sa structure même.
    L’entreprise est une nécessité sociale, mais pas la façon dont elle est encore organisée.
    Faire de l’entreprise un endroit respectable a priori, lorsque ce n’est pas un endroit sacré, est donc parfaitement inutile.
    C’est au cas par cas que nous devons juger de son fonctionnement, car, rien ne garantit a priori que celui-ci sera respectueux de tous.
    À l’inverse, toute entreprise n’est pas ipso facto synonyme de bagne.
    Maintenant, comme je suis allergique en politique aux arguments d’autorité, peu m’importent votre niveau d’étude (et donc le mien également), le nombre et la durée de vos voyages à l’étranger (et des miens), le nombre et la nature des entreprises que vous avez côtoyé, toutes ces expériences ne comptent que pour illustrer la façon dont vous argumentez, pas pour imposer votre voix au chapitre, tout exemple ayant sa contrepartie.

    yG

  54. Faire de l’entreprise un endroit respectable a priori, lorsque ce n’est pas un endroit sacré, est donc parfaitement inutile.
    ce n’ai pas ce que j’ai fait. je rappelle que depuis le debut de ce billet mon objectif est de lutter contre la diabolisation de l’entreprise. Partir d’un a priori tendancieux inculqué à l’ecole pour tendre vers un a priori neutre. Je n’essaye pas de basculer vers un autre extreme. J’ai aussi insisté sur la dynamique personnelle, qui me semble un élément essentiel (mais pas suffisant, cela depend en effet aussi de l’encadrement) pour transformer une experience frustrante en une experience epanouissante.

    peu m’importent votre niveau d’étude (et donc le mien également), le nombre et la durée de vos voyages à l’étranger (et des miens), le nombre et la nature des entreprises que vous avez côtoyé, toutes ces expériences ne comptent que pour illustrer la façon dont vous argumentez, pas pour imposer votre voix au chapitre, tout exemple ayant sa contrepartie.
    ce que j’essaye de décrire c’est ce que je pense, ma perception de la vie entreprise nourrie par mon experience. Cette perception (forcément subjective) d’éléments diffus basée sur des exemples pour certains aspects se voit par ailleurs “théorisée” et argumentée par des etudes et statistiques du livre de Philippon. Nous ne parlons donc plus ici d’exemple mais de tendances lourdes relevées par un chercheur. Je n’essaye pas “d’imposer ma voix au chapitre” mais d’inciter des positions tranchées et radicales à envisager d’autres perspectives pour comprendre le désamour particulierement francais de la vie en entreprise.

    L’entreprise est une nécessité sociale, mais pas la façon dont elle est encore organisée.
    mille fois d’accord. ce que je m’evertue à dire, en particulier “dont elle est organisée dans notre pays” !

    Elle est concomitante aux relations de pouvoir vertical inhérent à la plupart des entreprises et à la nécessité que nous avons de travailler ou plus exactement d’avoir un salaire.
    Elle est concommitante à TOUTES les organisations sociales. cf les problemes de direction que vivent aujourd’hui l’organisation ATTAC. La solution est en effet des structures beaucoup plus horizontales, je suis d’accord avec vous. Mais il restera toujours un capitaine à bord, on ne peut pas en avoir 50.

    C’est au cas par cas que nous devons juger de son fonctionnement, car, rien ne garantit a priori que celui-ci sera respectueux de tous.
    60 commentaires n’y suffiront pas. Je sais pas si j’en ai déjà parlé ou pas (rires) mais je vous invite à lire le livre de Philippon.

    Merci beaucoup messieurs dames pour ce débat très riche et très argumenté.

    Voilà de la discute qui n’est pas bâclée !

  55. En note de bas de page:

    Si le capitaine est celui qui donne le cap, il est plus important de suivre un cap que d’avoir un unique capitaine, la démocratie n’est pas la marine marchande. Il existe bien d’autres moyens de déterminer un cap que de se soumettre au désir d’un capitaine. 😉 yG

  56. Si je peux me permettre : how to make things happen est dans un livre sur la gestion de projets ; a priori il ne parle pas du tout de l’entrepreunariat, mais de la gestion de projet, qui n’est pas du tout l’apanage de l’entrepreneur, on peut d’ailleurs être très bon entrepreneur en étant très mauvais chef de projet, pourvu qu’on ait pu engager un bon chef de projets dès le départ. Beaucoup des conseils qui y sont donnés sont intéressants (d’autres très limites et allant loin dans le sens du conflit, que vous critiquez), et doivent effectivement aider aussi les entrepreneurs, mais ils s’appliquent eux aussi à divers domaines de la vie, et n’ont pas de raison d’être associés à l’idée d’esprit d’entreprise.

    Ce qui est développé dans ce chapitre (et dans tout le livre) est bon avant tout pour un exécutant, pas pour un entrepreneur.

    Par ailleurs, c’est exactement ce que se propose d’inculquer la pédagogie par projets. Qui n’est pas l’esprit d’entreprise.

  57. guillaume : vous avez tout à fait raison pour ce qui est du livre de berkun dans son ensemble. le “how to” est plus l’apanage de la gestion de projet

    Mais pour ce qui est du “make things happen” je pense qu’il s’agit vraiment là de la qualité première de l’esprit d’entreprise. Car cela implique avoir la vision des “things” et savoir federer et convaincre pour les “make happen”.

    cette notion de pedagogie par projet me semble tout à fait interessante dans la mesure ou elle donne un sens et un objectif à ce que l’on fait plutot qu’ensevelir les eleves sous des monceaux de connaissances décoréllées entre elles en leur demandant de les recracher telles quelles.

    Je serais curieux de savoir ce qui coince au niveau de l’education nationale pour mettre en oeuvre ce genre de pedagogie. Quelque chose me dit qu’il ne s’agit pas d’une question de budget.

  58. Je dirais qu’entre le PM et de l’entrepreneur, la palette d’outils pour que les «choses adviennent» n’est pas la même. Ceci dit on a parlé ici beaucoup d’idée d’entrepreneur au sens, disons, moderne du terme, mais le maçon qui monte son affaire est aussi un entrepreneur, et doit-on trouver souhaitable que soudain vingt mille jeunes veuillent se lancer dans les entreprises high-tech, rendant les ressources pour faire croître leur entreprise extrêmement rares, donc une proportion d’échecs encore plus grande ? Enfin c’est ce que je me dis.

    Pour la 3P (pédagogie par projets), c’est une question de moyens humains aloués à ce genre de tâches plus que de quantité d’argent dans les caisses du ministère. C’est surtout une question de formation des enseignants, de quantité de matériel pédagogique déjà disponible, et de structure de l’évaluation (plus de paramètres rentrent en jeu, il faut se demander si on doit noter justement les capacités de l’élève à proposer de nouvelles solutions, un élève qui a passé beaucoup de temps dans une voie intéressante mais finalement peu fructueuse, comment l’évaluer, etc.). Le but est de permettre aux élèves de comprendre que ce qu’ils apprennent aide à résoudre des problèmes. Quant à savoir s’il faut les sanctionner par de mauvaises notes parce qu’ils ne se montrent pas innovants, trop prudents, etc., c’est une question difficile.

    C’est aussi un peu en ça qu’à mon sens, les prétentions du projet de l’UE en ce qui concerne l’esprit d’entreprise me semblent biaisées. Si l’on veut mettre plus en contact les jeunes avec le monde de l’entrepreneur, il faut laisser aux jeunes le soin de décider si oui ou non cela les intéresse. Tabler sur une augmentation des carrières, c’est nécessairement vouloir biaiser l’enseignement donné, car il n’y a a priori aucune raison de penser que des jeunes confrontés à ceci le trouveront plus attrayant après. On ne vous a pas enseigné les sciences naturelles dans le but d’augmenter la quantité de biologistes. La 3P se veut quelque chose d’éclairant sur le sujet à travers le regard propre de l’élève qui va devoir fouiner un peu tout seul le sujet, et dont l’enseignant est (supposément…) là pour contrôler la variété des sources et l’objectivité de la réflexion sur le problème donné.

    Il y a donc des balbutiements de 3P en France (les TPE au lycée, dont les élèves sont très souvent contents, mais ça reste du projet à nombre de personnes très restreint), mais c’est un champ énorme qui se développera peu à peu. Le Québec est en avance avec son programme de formation depuis 2000.

  59. Bonjour François Xavier,

    Merci pour ton commentaire. Oui, ce qui m’afflige c’est de voir comme ces deux blocs monolithiques de pensée unique à droite comme à gauche paralysent notre société.

    Je suis très optimiste quant au rôle moteur d’internet pour rendre plus fluide et donner de la transparence à notre société qui en a bien besoin.

    Internet comme vecteur de fluidité et transparence sociétales, à la lumière du bouquin de Bard et Söderqvist sera d’ailleurs le sujet d’un futur post.

  60. Chère Ceciiil,

    je me permets de vous inviter à la lecture d’ouvrages historiques quant à l’histoire de l’entreprise en France et de l’esprit d’entreprise en particulier. Je vous recommande spécialement la HDR de Jean-Pierre Hirsch, Les deux rêves du commerce.

    B. Evans

  61. Bonjour,

    Le B si c’est pour Bill et que vous jouez du piano, j’ai une bonne demi douzaine de CDs à vous faire dédicacer … 😉

    Merci pour votre commentaire et pour la recommandation.

  62. Intéressant de lire cet article après la crise financière qui, je l’espère, permet de retomber quelque peu les pieds sur terre aux idéologues inconscients et illettrés se targuant d’être supérieurement cultivés.

    Faut-il en finir avec le marxisme en France ?
    Il eut fallu pour cela que la France eue été un pays marxisme.

    Non, il aurait surtout fallut en finir avec le maccartisme.

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