Songwriting in Action : Time To Pretend

Les 00s sont la 3eme décennie musicale que j’observe avec passion en essayant d’en comprendre les courants, inflexions et tectonique.

Si on veut schématiser, on peut avancer que les 80s étaient écartelées entre le cynisme du post-punk (XTC, Joy Division, Wire, etc …) d’une part et le rock pompier (U2, Simple Minds, ce genre de choses) de l’autre. Les 90s étaient celles d’une musique désabusée et mélancolique (Radiohead, Jeff Buckley, Elliott Smith, Nirvana, trip-hop, Sadcore Californien). Dans les deux cas : du rock adulte.

La décennie 00 sera celle de la prise de pouvoir des teenagers (pas que le groupe, bien qu’il incarne aussi cette mouvance) : le rock est redevenu non seulement une musique mais l’essence même de l’expression de la jeunesse.

Arrogance crâne, rejet en bloc du monde adulte, irrévérence, désir de multiples expériences sensorielles (et autres), énergie hormonale, cette musique là, la génération précédente ne pourra pas se la réapproprier.

Fuck les trentenaires

titrait Technikart il y a quelques mois dans son numéro consacré à la scène rock teenage de Paris. En substance :

les trentenaires sont des mous raisonnables qui passent leurs soirées à s’encrouter en fumant du hash sur leur divan, en écoutant du rock depressif; ce ne sont que des observateurs soumis à la société du spectacle.  La génération 15-20 d’aujourd’hui veut changer tout cela : hyperactive, insoumise, hyperconnectée

Et MGMT le chante avec une grâce, un détachement et une conviction qui évoquent The Stone Roses en 89, i.e. qui confinent au génie. Si l’album est inégal, Time To Pretend avec son clip célébrant le corps de jeunes éphèbes en célébrations païennes qui puent le LSD en est une parfaite illustration – incantation serions-nous même tentés de dire.

Les textes laissent peu de place à l’interprétation. Le discours n’est pas neuf mais, encore une fois, il est asséné avec une conviction stupéfiante. Un immense sentiment de liberté.

I’m Feelin rough I’m Feelin raw I’m in the prime of my life.
Let’s make some music make some money find some models for wives.
I’ll move to Paris, shoot some heroin and fuck with the stars.
You man the island and the cocaine and the elegant cars.

This is our decision to live fast and die young.
We’ve got the vision, now let’s have some fun.
Yeah it’s overwhelming, but what else can we do?
Get jobs in offices and wake up for the morning commute?

Forget about our mothers and our friends.
We were fated to pretend.

I’ll miss the playgrounds and the animals and digging up worms.
I’ll miss the comfort of my mother and the weight of the world.
I’ll miss my sister, miss my father, miss my dog and my home.
Yeah I’ll miss the boredom and the freedom and the time spent alone.

But there is really nothing, nothing we can do.
Love must be forgotten. Life can always start up anew.
The models will have children, we’ll get a divorce,
we’ll find some more models, Everything must run its course.

We’ll choke on our vomit and that will be the end.
We were fated to pretend.

yeah yeah yeah

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