Intelligence Vs Engagement Politique

Cette question me taraude vraiment depuis plusieurs semaines, plus exactement, depuis une vilaine diatribe avec mon meilleur ami : l’intelligence est-elle soluble dans l’engagement politique. Je crains fort que la réponse soit non et que ce dernier (l’engagement politique, hein, pas mon meilleur pote), acide partisan, dissolve immanquablement les moindres particules de raison et d’objectivité.

Ce billet d’Histoire Visuelle, pourtant un de mes blogs favoris (vous le savez, j’en parle tout le temps ici : à l’habitude intelligent, vif, curieux, exigeant) et son analyse du résultat des élections municipales me conforte vraiment dans cette idée.

C’est vrai que les membres du gouvernement et de l’UMP faisait vraiment pitié dimanche soir. Mais la médiocrité de leur prestation (JF Coppé excepté, le seul à reconnaitre la défaite – son statut d’exclu du gouvernement le lui permettant peut-être comme le notera dans sa délicieuse perfidie Olivier Duhamel le lendemain sur France Culture) se suffisait a elle même : nul besoin d’en rajouter. Mais nous le savons tous : la mauvaise foi est la chose la mieux partagée du monde en politique.

Parce que entendre la gauche dire il y a 9 mois, de ce ton docte et condescendant, que “les francais sont des imbéciles qui ne comprennent rien à rien et se sont fait avoir aux présidentielles et aux legislatives” et les voir aujourd’hui bomber le torse genre “les Français sont sagaces et lucides, ils ont compris que nous etions la voie du salut, on vous l’avait bien dit“, on se dit plutôt qu’ils manquent cruellement de dignité. Quel embarras que d’entendre les conclusions définitives à la Hollande/Royal ou, plus étonnant, Moscovici.

Tout cela est tellement prévisible : les français passent d’un camp à l’autre entre deux élections depuis vingt ans : on devrait le savoir à gauche et être un peu plus réservé, mais non.

Tout cela aussi, alors que le PS est toujours incapable de se mettre en ordre de marche, de trouver un discours homogène et crédible, ne serait-ce que sur l’Europe, ecartelé qu’il est entre la sociale démocratie pragmatique (celle des Delanoë, DSK, Valls, Collomb ou Piketty) d’une part et la gauche démago des Besancenot, Hautain, ou Mélenchon de l’autre .

Tout cela (encore), comme je l’écris dans une de nos dernières chansons (Billy Bob est mon copilote), tout cela (disais-je) me laisse inconsolable.

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10 Comments

  1. Salut André – bien vu j’ai changé le post initial – mes inclinations ne sont pas vraiment nécessaires ici. J’ai restructuré un peu par rapport à mon commentaire chez toi mais pour le reste, l’esprit est le meme.

    Bonjour Aymeric > Merci pour ton commentaire et pour le lien. C’est malheureusement tout à fait cela.

  2. “C’est malheureusement tout à fait cela.”
    Ben non, justement, pas du tout. Ce que tu fais s’appelle de l’imputation, autrement dit tu imagines des choses que je n’ai pas dites. Je te réponds plus longuement chez moi.

  3. André > tu vas rire : je repondais à Aymeric sur les disputes entre ami à cause de la politique. Pour le coup c’est toi qui imputes.

    (Je recopie la réponse que j’ai postée sur le blog arhv) :

    ********************************************

    Pour commencer : je trouve la comparaison Sarkozy – Bush complètement inappropriée. Pour plusieurs raisons, les plus évidentes étant que a) la victoire démocratique de Sarkozy ne souffre aucune discussion b) Sarkozy n’est le pantin de personne si ce n’est de son égo. Accessoirement : c) ce n’est pas un imbécile.

    Le Sarkozy bashing me saoule. Je trouve cela idiot, inutile et inélégant. Cette gauche qui prend le maquis sous la direction du mono-maniaque JFK reste à l’image des nombreux combats inutiles qu’elle a coutume de mener. Et au delà de ce billet (où on parle de rigidité, d’autisme, de catastrophe, de messianisme, de dogmatisme) désolé André, mais je n’ai pas vraiment l’impression qu’arhv.lhivic.org ménage ses efforts dans cette guerre là. Les exemples sont nombreux il suffit de taper SARKOZY dans le Widget de recherche. Où culmine “l’anti-sarkozysme est un humanisme”. Bien sûr le ton est infléchi par des conditionnels ici, là par des rappels de “la neutralité qu’exige les fonctions professorales”. Mais le résultat est là.

    Réduire Sarkozy à un démagogue et à un crétin est non seulement réducteur mais suicidaire. Qu’on le veuille ou non dans le secteur public, il cristallise un grand nombre d’espérances chez la France du privé. Plutôt que faire nos malins en moquant les dérives bling-bling du président, nous ferions mieux à gauche d’analyser et comprendre les causes de ces espoirs. Se remettre en question, quoi. De plus, le fauve n’est que bléssé. Depuis Mittérand je ne crois pas qu’on ait vu une telle bête féroce dans notre monde politique. La considérer comme perdue est une très, très grosse erreur.

    On sent bien dans ton billet de la jubilation contenue dans cette analyse de l’échec de la droite. D’ailleurs tes commentaires critiques sur la gauche n’apparaissent pas dans le texte initial. De plus, lire ici parmi les commentaires des lecteurs des choses telles que “la droite au pouvoir est la représentante des intérêts de la bourgeoisie” ou encore “Croyez bien cependant, cher André, que nous sommes ensemble du même côté de la barricade !!!” (en 2008, hein, alors que même Romain Goupil avoue que la grille de lecture marxiste de 1968 est complètement obsolète aujourd’hui) montre bien que ce billet est pris pour ce qu’il est, et sans la moindre équivoque : de gauche. Et pas que par moi.

    Enfin, feindre de croire que le résultat des municipales pourrait infléchir la politique de Sarkozy est une malhonnêteté intellectuelle. Depuis le début Sarkozy martelle qu’il a été élu sur un programme et qu’il va s’y tenir. Lui demander aujourd’hui d’en changer c’est comme demander à l’Italie de rejouer la finale de la coupe du monde 2006 sous prétexte qu’on l’a battue durant les éliminatoires 2008.

    Donc pour le coup je signe des deux mains : ce blog à l’habitude vif, curieux, exigeant égare son intelligence dès lors qu’il rejoint le bandwagon du Sarkozy bashing.

  4. écrire “l’anti-sarkozysme est un humanisme” est soit le signe d’une haine ou d’une envie freudienne maladive, soit de la pure démagogie. C’est bien de s’inventer un ennemi, avant il y avait le juif et le métèque maintenant le sarkozyste. Beau respect de la démocratie! Typique d’une certaine gauche…
    Ce qui me fait marer et me désole car vous avez de l’intelligence et du courage cher monsieur c’est le temps perdu à rédiger vos diatribes que vous pourriez employer à proposer plutot que critiquer. L’humanisme c’est réunir les extrèmes autour du centre d’équilibre pas se foutre sur la g.

  5. salut Zorba. Je suis tout à fait d’accord avec cela. Il s’agit d’une forme de dictature intellectuelle, une pensée unique et monolithique sans la moindre équivoque, martelée sans relâche. Même si, le blog d’André n’est pas le pire à ce sujet et reste majoritairement lisible.

    Cette gauche qui prône l’humanisme dans ses paroles et impose cette dictature intellectuelle dans les faits me fait tout à fait penser à la bourgeoisie bigote qui le dimanche prône elle la commisération, le partage, la fraternité etc … et qui en sortant de l’église écrase des SDF avec leur 4×4 sans le moindre remord.

  6. si si je crois que c’est soluble. faut juste touiller avec du réel et pas du principe.
    et pas se faire servir.

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