Travail créatif et collaboratif : ce que m’ont appris 20 années en groupe

guitares

Tout comme le football, j’aime et j’aimerai toujours la musique. J’ai eu la chance d’être éveillé à cette expression très tôt par mes parents qui étaient de grands mélomanes : classique et grande variété par ma mère ; jazz, rythm’n’blues et rock par mon père.

J’aime et j’ai écouté de nombreux style de musique : musique classique (avec une nette préférence pour le côté intimiste de la musique de chambre) ; le jazz (mon père m’a appris à aimer la musique de Miles Davis, John Coltrane ou Bill Evans) ; musique cubaine (une enfance aux Antilles et la redécouverte en 1997 du Buena Vista Social Club avec le film de Wim Wenders et l’album produit par Ry Cooder) ; l’afro-beat (le personnage de Fela Kuti me fascine) ; ou encore la musique électronique (avec en particulier des artistes tels que SBTRKT, Boards of Canada ou Telefon Tel Aviv, …) .

Mais le style musical qui résonne d’un écho le plus profond est celui du rock indépendant. Immense fan de Jimmy Page (Led Zeppelin) alors que j’étais pré-adolescent, de Johnny Marr et des Smiths à l’adolescence et plus récemment de Nick Valensi et des Strokes, je suis fasciné par les guitares électriques. J’ai la chance d’en posséder quelques beaux spécimens et j’ai commencé à en jouer à l’âge de quatorze ans, il y a donc, hmm, un certain nombre d’années (sourire). Un style musical qui fera probablement sourire les plus jeunes d’entre vous davantage portés sur le Rap, le R’n’B, le Reggaeton ou la musique éléctronique. Anyway : depuis l’âge de 15 ans, et jusqu’à aujourd’hui – mes 10 années d’expatriation à Londres et Zürich – exceptées, j’ai toujours joué en groupe.

Ayant exercé avec ou accompagné des équipes de développement logiciel pendant toute ma carrière, j’ai remarqué de nombreux points commun avec l’activité musicale en groupe. Même si, pour des raisons qui m’échappent, je n’ai pas vendu autant de disques que R.E.M ou Radiohead, j’ai le sentiment qu’il y a quelques enseignements à tirer de ce regard croisé sur deux disciplines en ce qu’elles sont toutes deux liées à une activité créative et collaborative.

Un billet en huit mesures : on parle de rock’n’roll, hein …

Le répertoire et les reprises

Il existe deux types de groupes rocks amateurs : ceux qui ont leur propre répertoire et ceux qui font des reprises. Même si c’est souvent très entraînant d’assister à des concerts des seconds (et s’il s’avère être un plaisir auquel nous nous laissons aller de plus en plus ces derniers années), mon goût me classe plutôt dans la première catégorie.

J’ai écrit une centaine de chansons et joué avec une quinzaine de musiciens, amateurs comme moi. Avec mes différents groupes, nous avons auto-publié une demi-douzaine d’albums. Quelques uns étant des K7 dont la qualité et la pérennité me font lever les yeux au ciel quand je vois le retour fétichiste à ce support. J’ai personnellement investi des centaines d’heures de travail sur ces albums. Composition, démos, répétitions, modification de la structure ou de la tonalité des morceaux (jusqu’à ce qu’il nous – quoi, me – semblent correspondre le plus possible à cette image mentale d’où il proviennent), enregistrement, mix, mix et encore mix, mastering, travail sur la pochette, vidéos, marketing auprès de journaux ou magazines ou, plus récemment, sur les réseaux sociaux etc … Ceci précisé passons donc à ces 8 mesures :

1. La chanson d’abord, la technique ensuite

Cela se produit très régulièrement lors des premières répétitions d’un groupe. Dès qu’il y a un petit moment de flottement, le guitariste ou le batteur démarrent un solo. Le reste du groupe attend alors tranquillement, en regardant ses chaussures (notons que le shoegaze – fixer son regard sur ses chaussures – a été un style musical au début des 90s, style dont est issu Radiohead) tandis que le virtuose est en train de faire perdre du temps à tout le monde.

Cela peut passer lorsque la session démarre car nous ne pouvons généralement pas jouer à ce volume chez nous : c’est une jubilation physique d’entendre la puissance sonore de notre instrument. Mais dès lors que l’on répète des chansons, la session est le moment pour pratiquer, en groupe. Indépendamment de leur qualité intrinsèques, les chansons sont “la valeur” que nous produisons – notre unité d’oeuvre serais-je même tenté d’avancer.

Certains guitaristes ou batteurs ont eu beaucoup de mal avec moi en raison de ce sujet même. Pour cela que je n’aime pas travailler avec des divas car si nous voulons progresser en groupe, nous devons optimiser le temps de la répétition pour travailler ensemble la mise en place et la cohérence plutôt qu’admirer la technique d’untel ou la variété de son incroyables de ce synthétiseur ou de ces pédales d’effet.

C’est exactement la même chose pour le développement de produits numériques. De nombreux technophiles avec qui j’ai travaillé sont bien plus intéressés par montrer leur aisance avec tel langage ou telle technologie, tel framework ou design pattern que construire le bon produit. Cela a un impact direct en ce que cela ajoute de la complexité superficielle, cause un temps plus important à la montée en compétences des nouveaux ou la correction des anomalies.

Ce qui va à l’opposée de mon point de vue : produit (ou chanson) d’abord, technique ensuite.

2. Jouer de la musique commence par écouter les autres musiciens

Il s’agit du plus beau compliment que l’on m’a fait, par Franck un collègue informaticien claviériste de son état. A la fin d’une “jam session” il m’a dit : “Ce que j’aime bien lorsque je joue de la musique avec toi c’est que tu écoutes les autres musiciens et tu adaptes ton jeu à ce qu’ils jouent. Et ça sonne.”  Une satisfaction directe et court-termiste est de jouer ce qui nous passe par la tête et d’occuper l’espace sonore. Un second type de satisfaction plus profond et plus pérenne est de jouer juste la ou les notes qui conviennent au moment précis.

Le nombre de notes jouées est un premier aspect. Un second est le contrôle du son pour laisser à chacun l’espace qui lui est dû dans les gammes de fréquences. Lorsque nous pratiquons seuls, nous, guitaristes, avons l’habitude d’occuper un large spectre sonore en utilisant une position micro plus près du manche. Cette position produit un plus large spectre de gammes de fréquences avec davantage de bas-medium (300-600Hz). Nous aimons aussi utiliser un effet de réverbération (la fameuse “reverb”). Hors ci cela rend l’écoute très agréable lorsque nous jouons seuls, cela va empiéter sur les autres instruments (batterie, basse) et produire un son brouillon. Je m’assure ainsi de rester dans les gammes des fréquences dédiées en utilisant le micro chevalet même si a priori le son me semble alors plus “criant” et à limiter cette reverb.

Il s’agit là d’un des grands enseignements de l’étude du jeu de Nick Valensi : fasciné par la précision de son jeu et de son son, j’ai équipé mon épiphone Sheraton (à gauche sur la photo) des mêmes micros Gibson P-94 que son modèle dédié Epiphone Riviera. Cela permet de “sortir du mix” et mieux complémenter le son du groupe sans avoir à faire la course au plus fort volume, course dans laquelle les oreilles de chacun sont les grandes perdantes.

Ce n’est pas que je ne sois pas intéressé par faire l’intéressant ou me mettre en avant, hein, je vous rassure. Comme le chantait Lemmy Kilmister dans une chanson de Mötörhead : “Cela ne sert rien de monter sur une scène si ce n’est pas pour crâner.” C’est juste que cela ne m’intéresse pas vraiment de montrer comme je joue bien de la guitare où comme mon son recouvre tout. Peut-être est-ce aussi dû au fait que que pour quelqu’un qui joue depuis plusieurs décennies mon niveau est juste passable. Peut-être est-ce aussi parce que ce qui me motive est surtout de montrer comme nos chansons sont entrainantes et accrocheuses. Et que l’intérêt pour les chansons est que chaque partie jouée et que chaque gamme de fréquence soit au bon niveau et au bon endroit pour apporter de la valeur à la chanson.

Ed O’Brien, le guitariste de Radiohead, l’explique ainsi dans le long entretien qu’il a accordé à l’emission That Pedal Show : “Parfois la meilleure chose que je puisse faire pour une chanson est de ne pas jouer. En tant que guitariste, c’est diffcile à admettre et cela inspire de l’humilité.”

3. Pratiquer nos points faibles

Nous sommes parfois très excité par une partie de la chanson (le refrain, le pont, le gimmick) perdant ainsi de vue qu’indépendamment de la qualité de ce passage, s’il y un défaut un peu plus tard dans la chanson, c’est ce dernier point dont se rappellera l’audience. Si vous pensez que l’industrie du numérique est difficile, renseignez-vous sur l’industrie musicale. Lorsqu’ils en prennent la peine, ils regardent toujours votre matériel avec un esprit critique sur le qui-vive. Il faut donc consacrer son énergie sur des passages qui sonnent moins bien jusqu’à ce que l’ensemble semble fluide et cohérent.

Travailler les contrastes (passages bruyant / calme) et les transitions sont ainsi une clef pour développer la compétence de l’ensemble du groupe. Avant l’arrivée de Dave Grohl, Nirvana était juste un groupe punk comme un autre. Voilà ce qu’a apporté Dave au groupe : le travail sur les arrangements et les contrastes. Cette qualité de transition est souvent la différence entre les groupes sympas et les grands groupes. Pixies est un autre exemple de ces groupes ayant travaillé le quiet/loud jusqu’à un niveau de perfection. Et il n’y a pas de miracle : cela demande beaucoup de travail. Nirvana répétait ainsi quatre heures par jour.

Ce regard s’applique tout autant à votre produit numérique : certaines fonctionnalités peuvent vous sembler particulièrement excitante et innovante. Mais quelles sont les performances de cette application ? Dans quelle mesure il est facile pour vos utilisateurs de réussir quelque chose qui représente de la valeur avec ? Regardez votre produit avec le regard de votre concurrent (qui va chercher le moindre défaut) et essayez de le réduire au silence.

4. Rendre l’adoption des idées faciles

Indépendamment de l’historique que vous avez votre groupe, le moment où on présente / propose une nouvelle chanson est toujours intimidant. Il faut alors décoder les expressions, les communications non verbale des autres musiciens pour mesurer s’ils sont OK de passer quelques heures de leur vie à apprendre le morceau, sa structure et sa dynamique et le répéter.

Il faut alors s’adapter à la situation pour obtenir d’eux qu’ils acceptent la chanson. Pas à l’aise avec le beat de batterie ? Que penses-tu d’essayer ceci à la place ou que proposerais-tu ? Ah le plan de basse basse est mieux que celui auquel j’avais pensé etc …  Cela signifie de mettre son ego de côté afin d’avancer ensemble. Car le résultat est d’enregistrer le titre et le jouer sur scène.

5. Accepter quand ce n’est pas une bonne idée

Des idées peuvent ne pas fonctionner. C’est une pilule amère à avaler lorsque l’on écrit des chansons dont on fier (suite d’accords, mélodie et surtout textes – de très nombreux auteurs tels que Joe Jackson, Rickie Lee Jones ou Nick Cave concèdent qu’il n’y a rien de plus difficile qu’écrire des textes de chanson).

Que la chanson fonctionne le soir quand on est sur son canapé avec sa guitare et un verre de vin est une chose. Qu’elle fonctionne avec ses quatre amis musiciens en est une tout autre. Et quand cela ne marche pas, il faut savoir l’accepter et passer à autre chose. Quelque soit l’investissement en travail d’écriture ou en passion qu’il y a eu en amont.

Les répétitions sont le moment de vérité : elles permettent d’expérimenter la chanson, et de voir si elle mérite de vivre. Le monde est déjà saturé de mauvaises chansons, ce n’est pas la peine de rajouter de la misère culturelle.

6. Utiliser des Patterns

Je ne crois pas au mythe des jam sessions (répétitions improvisées à partir d’une idée d’un des musiciens). Je ne l’ai vu advenir qu’une ou deux fois dans ma “carrière” de musicien amateur sur plus d’une centaine de titres des répertoires de mes groupes successifs.

Toutefois, il peut arriver qu’un riff ou une idée permette un développement en une chanson fun ou correcte. Nous avons fait cela une fois avec avec mon groupe actuel Supernormal sur un morceau qui fonctionne très bien sur scène mais que des chroniqueurs ont qualifié de bêta : il faut bien admettre que les textes écrits sur le moment ne sont pas du Leonard Cohen. Je constate que de nombreux musiciens ont du mal à convertir une idée en une chanson structurée et équilibrée. C’est là que j’apporte mon “savoir faire” d’arrangeur, construit sur une trentaine d’années de vie en groupe.

Le couplet et le refrain sont en accords majeurs ? Un pont en mineur apporter une inflexion mélancolique attachante. La basse joue la même ligne que la guitare ? Faisons lui plutôt suivre la ligne de chant. Le riff de la guitare est complexe ou trop riche harmoniquement ? Posons une voix parlée plutôt que chantée. La mélodie suit trop la ligne de guitare ? Donnons lui de l’espace et ne la faisons intervenir que sur une mesure sur deux pour donner de la respiration. Il y a trop d’arrangements dans la chanson ? Ajoutons un gimmick minimaliste après le premier ou second refrain. La voix semble trop fine ? Doublons la – le regretté Elliott Smith était un adepte de cette approche. On souhaite que la chanson groove et soit entraînante : garder le même plan de basse sur toute la durée de la chanson, mixer la en avant, ajouter des percussions et rajouter des cordes pour la tension (voir notre titre Sternfest Hit-Parade qui implémente tous ces patterns) etc …

Cette approche m’a permis d’embarquer des collègues qui pour la plupart n’avaient jamais fait de la musique avant pour faire une chanson et une vidéo très amusante – le tout en un temps record : une immense fierté personnelle et collective.

Tout comme dans le design UX, l’architecture ou la conception technique de solutions numérique, il existe des patterns dans l’écriture de chansons ou la conception d’idées. Il existe peu de créativité dans les contextes chaotiques ou chacun fait ce qui lui passe par l’esprit. Et si vous pensez que c’est le cas, c’est l’euphorie du moment qui vous piège. Une écoute le lendemain matin vous ramènera bien vite à la réalité de la valeur créative que vous pensiez avoir apporté.

7. Garder le tempo est la responsabilité de chacun

Garder le tempo dans un groupe est comme ne pas concéder de but au football : c’est l’affaire de tous. Pas seulement de la section rythmique (basse-batterie) pour un groupe ou de la défense et du gardien pour le foot. Une proposition sur laquelle je n’insisterais jamais assez tant j’ai moi-même une tendance naturelle à presser le tempo (i.e accélérer), comme le personnage de Upset My Girlfriend ce beau titre doux-amer de Metronomy.

Le tempo est critique dans un groupe : c’est lui qui donne l’assise et le groove. Le ralentir fait perdre l’énergie du morceau et le rend pataud ; l’accélérer fait perdre en cohérence et en impact.

Comprendre ce que doit être le bon tempo et avoir l’ensemble du groupe qui s’en porte garant est l’essence du jouer ensemble. Miles Davis disait qu’il pouvait partir d’une session au milieu d’un morceau aller boire un café puis revenir, en ayant toujours le tempo à l’esprit tant il a travaillé cela.

L’équivalent dans le contexte d’une équipe du numérique est bien évidemment la qualité. C’est la responsabilité de chacun, à chaque étape du processus de garantir la qualité. Ce n’est pas le sujet de la seule équipe de tests en fin de processus.

8. Se tenir informé

Une tendance lourde que j’identifie avec les personnes qui écoutent de la musique est leur tendance à faire preuve de conservatisme dans leurs goûts musicaux. De nombreux musiciens découvrent un groupe ou un style de musique alors jeunes adultes et n’en démordent pas pendant le reste de leur vie, se plaignant que les nouveaux styles ne sont pas aussi intéressants qu’ils ne l’étaient par le passé. A ce titre, un exercice qui fonctionne régulièrement : demander à une personne quel est son album préféré, vous en déduirez de l’année de publication de l’album l’année de ses 20 ans.

Grâce à mes enfants jeunes adultes j’ai pu écouter de nouveaux artistes et de nouveaux styles très différents. Migos et toute la scène trap d’Atlanta par mon fils, Caribou, King Krul, SBTRKT, par ma fille… Non seulement ces découvertes  m’ouvrent l’esprit mais elles me permettent de regarder ces nouveaux styles avec une autre perspective. Je me rappelle cet après midi d’automne lorsqu’on mon fils m’a présenté les trois court-métrages du groupe PNL (dont les amis de ma génération se moquent ouvertement), cela m’a permis de mieux comprendre (sans pour autant devenir fan, hein) l’intérêt qu’il trouvait dans cette musique.

Grâce à internet cette nouvelle génération a surtout développé à une vitesse supersonique une connaissance universelle des différents courants de la musique “pop”. La musique de cette nouvelle génération a ainsi davantage d’assise et est empreinte de signes plus subtils. Il est important de réfléchir à comment intégrer ces éléments dans nos nouvelles productions.

Avec l’avènement des media sociaux et des applications mobiles, les logiciels sont devenus de plus en plus ce que Hugh McLeod appelle des “Social Objects”, des incarnations de culture pop. Comprendre où votre marché s’est déplacé et dans quel contexte vos produits sont utilisés (ce que le regretté Clayton Christensen appellait The Job to be Done) est essentiel pour développer le bon produit rapidement, un produit qui est aligné avec l’évolution rapide de la culture et des pratiques numériques.

Culture numérique et contre-culture

Un article que j’ai mis longtemps à traduire en français. La version originale en anglais date de 2015. La raison est que ce pont entre la musique rock et la culture numérique est beaucoup moins bien évident dans l’entreprise française qu’elle ne peut l’être dans la culture américaine et que cet article peut susciter une incompréhension. J’en ai parlé à un ami qui m’a invité à bien mesurer comment un tel article pourrait me desservir.

Pourtant il existe de nombreux articles montrant le lien entre la pratique de l’informatique (mon premier métier) et la musique. Voir cet article passionnant de Raphaël Lemaire à ce sujet. Probablement une des raisons pour lesquelles les logiciel musicaux tel que Logic Pro X (que j’utilise pour nos productions) sont devenus si puissants et répondent si bien à nos besoins de musiciens (les pistes de batterie, par exemple surpassent, toutes mes attentes pour mes travaux de démos).

Dans Rise of the Creative Class, le sociologue Richard Florida avance ainsi que la naissance de la culture numérique ne pouvait se produire que sur la côte ouest à la fin des années 60 car, selon Florida, cette culture est la rencontre entre l’éthique de travail protestante (théorisée par Max Weber – dont la différence d’approche avec celle de Durkheim en France mériterait un livre à elle seule) et la contre-culture. Il explique ainsi qu’il est naturel que Austin soit ainsi perçue comme la ville la plus créative des Etats-Unis et que le festival South By Southwest qui s’y déroule et qui réunit personnalités du numérique et artistes musicaux, en est l’expression la plus directe. Le sociologue évoque en particulier un concert rock d’un groupe de plusieurs CEOs lors de ce festival.

Comment sais-je que cela fonctionne ?

Alors bien sûr, comme précisé plus haut, nous je jouons pas dans des stades ni ne gagnons de l’argent avec notre musique.  Pour dire la vérité, je ne me sentais pas équipé moralement pour affronter l’impitoyable industrie musicale qui est certainement devenue encore plus violente avec les nombreuses transformations que les évolutions technologiques lui ont imposé.

Toutefois il y a plusieurs éléments tangibles et factuels qui me font dire que l’ensemble du groupe y trouve son compte, ou, pour le dire plus brutalement, trouve un R.O.T.I (Return On Time Invested) malgré nos emplois du temps chargés et nos responsabilités familiales et professionnelles. Cela fait maintenant une douzaine d’années que nous travaillons ensemble avec Mathieu (CTO d’une startup et batteur), Benoît (Business Developer d’une ESN et bassiste), Laurent (Directeur Recouvrement et chanteur), David (Enseignant et guitariste) et François (Médecin Psychiatre et guitariste), les autres membres du groupe.

Nous avons enregistré une soixantaine de chansons, publié quatre albums auto-produits, fait une soixantaine de concerts, mis en ligne quelques vidéos. Il persiste une vraie fierté lorsque nous réalisons une belle chanson (à notre niveau, hein) telle que L’Odyssée ci-dessus (issue de notre prochain album). Nous prenons du plaisir à jouer ensemble et faire des concerts tel que celui que nous allons faire à Paris le 14 mars. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup comme le rappelle la chanson. Nous serons ravis d’en discuter avec vous le 14 mars !

Flyer Truskel Portrait 2020 - small

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