Le lien défait

On se croit d’amour, on se croit féroce, enraciné

Avec la coupe du monde de rugby ressurgit cette vague notion de patriotisme. On enfile mécaniquement un maillot bleu pendant 2,3 semaines en braillant “on est les champions” et on sort les accolades avant de sombrer à nouveau dans tous nos travers ultra-individualistes.

(En même temps, les accolades et le champagne sur les Champs, ça semble plutôt mal barré après le match de Vendredi et surtout les incroyables 20 premieres minutes des All Blacks mais là n’est pas le sujet).

Je me rappelle cet article de Fabrice Gabriel sur Paul Nizon dans les Inrocks (oui, encore cette faiblesse : parfois acheter les inrocks). Bref : l’habituelle hagiographie hysterique d’un auteur depressif par un khâgneux qui s’ecoute ecrire : la routine inrocks quoi. Juste ce truc qui m’avait fait tiqué : Gabi raillant avec Nizon “ce sentiment bourgeois, pour ne pas dire Helvetique (Nizon est Suisse) d’appartenance”. Je m’attarderai sur le “Helvetique” un autre jour.

Trangression Vs Appartenance

Il s’avère que tout au long de ma life, j’ai régulièrement demenagé, tous les 2,3 ans. Ce n’est pas pour raconter ma vie de dingue, juste pour décrire cette conséquence que je rappellait dans cette ode à Moorea : j’éprouve une authentique fascination pour ces cultures insulaires. Qu’elles soient géographiques (Angleterre, Polynesie, Martinique, etc …) ou politiques (Suisse, Israel ou Americaine). Une fascination suscitée par ce sentiment fort d’appartenance à une culture, à un endroit ; le caractère primordial des racines parmi les attributs qui constituent l’identité.

Il y a ce particularisme Français, cette excuse confortable de l’atavisme révolutionnaire, cette maxime qui nous guide : “je transgresse donc je suis”; cette apologie de la conscience autonome contre la masse. Mon sentiment est que cela conduit justement au rejet de ce sentiment d’appartenance (un sentiment bourgeois : je rêve) et à la déliquescence du ciment social.

On pourrait tout à fait avancer qu’il s’agit là une tendance individualiste tout autant destructrice que, au hasard, le libéralisme des méchants anglo-saxons.

J’ai déjà parlé du livre de Jean Twenge (Generation Me) et de sa théorie selon laquelle si la société de consommation forcenée est une cause de cet individualisme, elle est surtout la conséquence du fantasme de réalisation personnelle des boomers et 68ards. J’y reviendrai.

Somewhere called home

Somewhere called home(Comme cet album intimiste chez ECM records de Norma Winstone avec son mari John Taylor – que l’on retrouve sur le dense Gone to Earth de David Sylvian)

Pourquoi lorsqu’un Italien / Anglais / Suisse / Scandinave / Jamaïcain arbore fièrement les couleurs de son pays est-il considéré comme un gentil patriote alors qu’un francais avec un t-shirt flanqué du drapeau tricolore est considéré comme un nazi au solde du FN ?

Notre problème est lexical : nous n’avons pas de Home, cette dimension abstraite qui incarne le sentiment d’appartenance, et qui me semble être un des socles de la cohésion sociale. Son absence dans la culture de mon pays me laisse inconsolable. Qui a brisé le lien ? Qui nous a laissés ainsi, flottants et désoeuvrés ?

Champions du monde

Je ne sais pas pour le rugby mais pour ce qui est de la consommation d’anti-depresseurs, pas de doute : nous sommes les champions. On peut hasarder que ce n’est pas seulement en raison de la qualité de notre système de santé.

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27 thoughts on “Le lien défait

  1. Si la France consomme autant d’anti-dépresseurs c’est parce que Jean Michel Larqué nous stresse trop quand il commente les matchs de l’équipe de France de Foot.

    Attention Attention

    A droite A droite

    !!

  2. Je ne partage aucune des valeurs et autres associations défendus par votre billet, mais j’imagine que cela ne doit pas vous surprendre, ceciiil…

    yG

  3. @Bluebeetle(one) : Merci de votre contribution. Il ne s’agit pas ici de chauvinisme ou récupération mais bel et bien de sentiment d’appartenance, des raisons culturelles qui font que nous avons, nous citoyens, de croire en un projet commun.

    Yannick,

    Mais c’est une salve contestataire ! Vous contribuez à faire vivre ce blog, merci.

    J’ai cette question : pourquoi le patriotisme est-il vécu comme une notion de droite ?

  4. Donc Ceciiil (avec combien de i au fait, deux, trois ou un comme sur le BBB ?), sans transformer votre blog en UV de philo, comme vous ne le souhaitez pas, je vous répondrai indirectement, que je ne suis pas patriote parce que je n’accorde aucune espèce d’importance à la communauté en terme national ou territorial. Je ne suis pas patriote, parce que ce qui prime pour moi, ce n’est pas la dimension foncière d’une nation, mais ce qui définit les relations humaines. La France pour moi, ce n’est pas une histoire, c’est juste une langue courante (qui évolue) et un corps de loi (qui fait de même).

    C’est pourquoi, peu m’importe que mon voisin de palier soit aussi Français que moi, je me sentirai toujours plus proche de certains auteurs américains, espagnols, etc, que de lui.

    Cela répond-il par la négative, ou en creux, à ce qu’est le patriotisme de droite peut-être et que je ne respecte pas, c’est-à-dire, cette bête et dangereuse insistance sur la généalogie et sur la géographie.

    yG

  5. (Ceciiil c’est mon pseudo, cecil c’est mon prénom, c’est pour me dissimuler). Merci de votre réponse.

    Je ne pense pas qu’etre patriote c’est insister sur une genealogie et/ou une geographie. Je ne pense pas qu’être patriote c’est être recroquevillé sur une identité nationale ou un territoire cloisonné. Mon sentiment c’est qu’il s’agit là d’accepter l’histoire et la culture de son pays comme faisant partie intégrante de soi, de son idendité. Et qu’une fois que c’est intégré, on ressent ce sentiment de communauté, on est une partie du Nous avant d’être un Je. C’est une joie très pure, bien loin de l’abêtissement auquel on réduit souvent ce sentiment par chez nous.

    Ce que je pense : il s’agit d’une problématique qui ne se présente pas tant que l’on n’a pas vécu dans un autre pays, tant que l’on ne s’est pas confronté à une autre culture et qu’on a vu alors affleurer tous les éléments hérités de notre culture, de notre histoire, tous ces éléments qui constituent une partie importante de notre identité.

    Peut-être pour cela que ce patriotisme est très souvent revendiqué avec force par les populations immigrées.

  6. « l’histoire et la culture de son pays comme faisant partie intégrante de soi, de son idendité. »
    dites-vous Céciiil.

    Le problème, une fois de plus, c’est que l’histoire de mon pays ne renvoie à rien pour moi.

    L’histoire que j’ai intégré à ma personne est autant l’histoire que l’école de la république m’a enseigné, à savoir celle de l’Egypte et de la Grèce antique, de l’Amérique des Incas, ou bien encore celle que j’ai découvert seul du Japon ou du Portugal.

    Bref, je me fous comme d’une guigne que Spinoza, Musil, Dostoïevski (tant pis pour Nabokov) ne fussent pas Français pour les inclure dans ma culture. Une culture idiosyncrasique, personnelle, nullement nationale.

    D’où mon second point, ma culture n’est pas spécifiquement française, je ne connais rien aux footballeurs des vignettes paninni des années 70, et les dessins animés que je regardais étaient pour l’essentiel les mêmes que découvraient un petit Américain ou un petit Japonais d’alors.

    Franco-français, il y avait quoi… Casimir, Saturnin, le manège enchanté, Chéri-Bibi, mais j’étais autant scotché aux Mystères de l’Ouest, à Kung-Fu ou à Magnum (Pi)…

    Je me trouverai en bonne compagnie avec des personnes partageant certaines de ces mêmes références aux quatre coins du monde, quelle que soit leur nationalité, et à l’inverse, toujours aussi étranger à un groupe de personnes qui parlera football, tennis, ou d’un quelconque autre sport, de Dallas ou de Château Vallon, ou vantant le libéralisme…

    Je me sens déjà en terrain étranger à deux pas de chez moi, lorsque ce n’est pas dans le couloir dont je n’ai pas choisi le papier peint, alors, les pseudo vertus du dépaysement…

    yG

    ps: Enfin, évitez si possible d’associer patriotisme et quelque sentiment “pure”, cela a une désagréable résonance, vous ne trouvez pas ?

  7. je vais bientôt être contraint à vous ajouter dans la liste des auteurs de ce blog (rires).

    lorsque je parle de joie pure ce n’est pas avec une envie d’envahir la Pologne oud’éradiquer des populations. Je parle d’une joie au contraire universelle, épique celle d’une grande communion, immaculée, qui n’est pas polluée par des sales penchants individualistes. Même si Juillet 98 etait un mirage, quel enivrement : j’ai failli croire qu’enfin les minorités auraient droit de citer dans notre pays …

    Lorsque je parlais de culture je pensais plus à Chateaubriand Voltaire ou Proust qu’à casimir ou cheri bibi.

    Je faisais aussi implicitement référence à nos relations si particulières à l’education, à la santé, au travail et bien sûr à la politique. Au fait que nous soyons un pays révolutionnaire, que nous soyons un pays humiliés en 40, vainqueur en 98.

    Tout cela façonne notre pensée au monde, sont des éléments importants et indéniables de notre identité, des valeurs que nous partageons comme dirait jacques chirac.

    J’ai le sentiment qu’accepter cela correspond chez certaines personnes à une capitulation, à abandonner son autonomie intellectuelle. Cela m’attriste car la résultante est l’absence de Home de ce sentiment d’appartenance, comme s’il nous manquait un pilier intime dans notre idendité.

  8. « Je parle d’une joie au contraire universelle, épique celle d’une grande communion, immaculée, qui n’est pas polluée par des sales penchants individualistes. »

    Pourquoi vous ne franchissez donc pas l’étape suivante, et ne vous débarrassez-vous pas de votre sentiment communautaire, national, patriotique pour atteindre le seul universel, la seule communion qui vaille, celle du genre humain. 😛

    « Lorsque je parlais de culture je pensais plus à Chateaubriand Voltaire ou Proust qu’à casimir ou cheri bibi. »

    C’est quoi ce sectarisme, on se croirait dans une critique du Barbery, ;), moi, j’ai tout lu Casimir.

    « Au fait que nous soyons un pays révolutionnaire, que nous soyons un pays humiliés en 40, vainqueur en 98. »

    Euh, je n’étais pas né en 40, j’ai été conçu en mai 68, cela doit se voir encore, alors cette humiliation, je ne la ressens qu’au contact de mes grands-parents, ce qui n’est pas facile, ils sont tous morts depuis longtemps ou d’un discours de VGE.

    Pour la coupe du monde de 98, j’ai rien vu, je dormais à cette heure de l’après-midi, je rentrai d’un mariage bien éprouvant (non, pas le mien, j’suis vacciné contre), et surtout, j’en ai rien à foutre du foot, et du sport des autres en général.
    Donc, cette communion, je dois en garder le même souvenir que la mienne.

    « Tout cela façonne notre pensée au monde, sont des éléments importants et indéniables de notre identité, des valeurs que nous partageons comme dirait jacques chirac. »

    Mon identité n’a rien à voir avec celle de Jacques Chirac, lequel de nous deux n’est donc pas Français selon votre test de patriotisme ?

    Cela fonctionnerait aussi entre nous deux, à vous lire, notre identité française commune serait plus forte que ce qui nous sépare. Pour l’heure, j’en doute.

    « Cela m’attriste car la résultante est l’absence de Home de ce sentiment d’appartenance, comme s’il nous manquait un pilier intime dans notre identité. »

    Je veux bien le croire en ce qui vous concerne, mais ne vous avancez pas en ce qui me concerne, svp.

    Moi, c’est l’obligation d’avoir ce Home, ce pilier, cette identité supra personnelle qui me rend triste, elle marque une impossibilité de tenir debout, en tout lieu sans se raccrocher à un groupe. Cela m’attriste car, je vois aussi dans ce Home, un lieu à défendre alors qu’il n’a rien de plus spécifique qu’un autre, rien de plus respectable. Je vois en ce Home enfin, le premier fondement du nationalisme et du communautarisme, deux formes de la même plaie identitaire que je ne cesserai de combattre, en vertu de principes qui sont peut-être nés ici, mais qui dépassent largement ce cadre bien trop étroit.

    yG

  9. Yannick, cette discussion est passionnante. J’ai quelques questions pour vous :

    1) avez vous vécu à l’étranger ? je ne parle pas de vacances, même de longues, mais d’une vraie expatriation. Sans billet de retour, lorsqu’il faut se projeter à long terme dans une société avec son systeme educatif de santé juridique etc … Cela crée une relation différente à la nationalité, plus intime. J’en parle ici : https://ceciiil.wordpress.com/2007/06/08/la-france-et-la-vieille-tante-embarrassante/

    2) Trouvez vous qu’il y ait une grande fluidité entre les classes socio-culturelles en France ? Ma réponse c’est non, mille fois non. Et j’ai remarqué que dans des pays ou ce sentiment d’appartenance est plus grand il y a une plus grande fluidité. L’Angleterre par exemple avec le foot et les pubs offrent des endroits de grande mixité sociales que l’on ne trouve pas en france ou la grande majorité des endroits (physique, electronique) propose une grande unité de profil des populations.

    pour ce qui est de chirac il s’agissait bien entendu de cynisme désabusé. juste pour insister sur l’aspect galvaudé de ces notions.

    que vous le vouliez ou non, je crains fort que vous ayez plus à voir avec moi qu’avec un sous commandant du chiapas ou un citoyen co-admnistrateur de porto alegre. et ce en raison de ce langage qui est celui dans lequel on pense et cette culture que, vous le vouliez ou non, nous partageons et qui façonne notre manière de penser le monde.

    Enfin cette dernière question, celle du billet : Pourquoi lorsqu’un Italien / Irlandais / Suisse / Scandinave / Jamaïcain arbore fièrement les couleurs de son pays est-il considéré comme un gentil patriote alors qu’un francais avec un t-shirt flanqué du drapeau tricolore est considéré comme un nazi au solde du FN ?

  10. “Pourquoi lorsqu’un Italien / Irlandais / Suisse / Scandinave / Jamaïcain arbore fièrement les couleurs de son pays est-il considéré comme un gentil patriote alors qu’un francais avec un t-shirt flanqué du drapeau tricolore est considéré comme un nazi au solde du FN ?”

    Ah non, pas pour moi, désolé, ils sont aussi con les uns que les autres, euh, je voulais écrire patriote, euh nationaliste, enfin, vous voyez quoi, non….
    😉

    yG

  11. Quant à la mixité sociale, je ne sais pas ce qu’elle porte comme vertus, dès lors qu’une fois rentrée chez eux, à la sortie du pub, les riches n’approchent plus les pauvres, qui sont pourtant parfois juste de l’autre côté de la rue.

    yG

  12. Je n’ai pas dis que j’étais plus proche de tous les étrangers que de vous-même, mais que certains étrangers présentent des proximités plus essentielles pour moi que la langue, le journal de PPDA ou les chansons de Cloclo que nous pouvons avoir tous les deux. Maintenant, je suis plus proche de votre discothèque que de celle de Sarkozy, mais guère plus loin que de celle de Nick Hornby, qui n’est pas Français que je sache. Bref, c’est sur l’anecdotique que nous sommes proches, pas sur l’essentiel, en terme de valeurs.

    yG

  13. @yannick je vais vous dire une secret : la culture ce n’est pas seulement ce que promeut les inrocks et commercialise la FNAC.

    je vais vous donner un autre exemple provocateur car quelque chose me dis que vous etes athés. Je le tiens d’un philosophe italien dans le magazine Minotaure. Nous sommes d’une culture catholique et cela a un impact direct sur notre rapport au civisme. Tout peches commis par les catholiques est ensuite negociable durant la confession. Les protestants sont eux seuls devant dieu, seuls responsables de leurs actes. Les sociétés protestantes sont globalement des sociétés plus civique que les sociétés catholiques. Voilà donc un effet direct de notre culture sur notre comportement : nous discutons tout, nous ne savons nous soumettre à l’interet commun.

    Nous sommes de tradition revolutionnaire d’ou notre rapport conflictuel avec la hierarchie en général et en particulier dans l’entreprise.

    Nous avons été occupé en 40 et du subir les exaction de la milice. D’ou notre défiance envers la police.

    Tous ces elements constituent notre culture et ont un impact direct sur notre comportement en tant que citoyens.

    Par ailleurs pour quelqu’un avec une pensée si autonome réalisez vous combien votre discours est prévisible ? Comme la riviere de la pensée unique inrocks / libe / monde diplo coule immaculée de vos doigts ? Votre reflexion sur la societe anglaise est à ce titre symptomatique. J’y ai vecu 3 ans, ma fille y est née et je me garderais bien de sentence aussi définitive.

    Tout comme vous, j’ai une grande sympathie pour le genre humain. D’ailleurs je me suis reproduit. Mais etreint de ce pragmatisme detestable, je prefere partager cela avec les gens qui m’entourent, ceux qui participent à la meme société et j’ai la faiblesse de croire que ce qui nous uni, qui fait que nous sommes un Nous (notre culture atavique – pas l’albu de la semaine des inrocks) est plus important que ce qui nous sépare : cela donne du sens à notre vie en société.

    Il nous préserve aussi de cette facheuse tendance individualiste consistant à apprehender d’abord le monde à la premiere personne du singulier. Et ce n’est pas abandonner son autonomie intellectuelle que de faire cela.

  14. Commençons par cela : « Votre reflexion sur la societe anglaise est à ce titre symptomatique. J’y ai vecu 3 ans, ma fille y est née et je me garderais bien de sentence aussi définitive. »

    Outre qu’à suivre l’implicite de votre réflexion, je dois donc mieux connaître la société française que vous, puisque vous ne devez avoir que deux-trois ans d’écart avec moi (je suis de 1969, conçu en mai 68) ; ) et que j’y ai passé l’intégralité de mon existence, je vous répondrai que ma méconnaissance de la culture anglaise est la faute des Anglais eux-mêmes, que cela soit Hanif Kureishi, Martin amis, Will Self, Geoff Dyer, Mike Leigh, Ken Loach ou Stephen Frears…

    Si maintenant, vous m’amenez à exprimer que je ne serais pas ce que je suis, si j’étais né par exemple à Téhéran, je dois admettre que c’est fort probable, tout en soulignant, de même que si j’étais né chez un voisin alcoolique et franchouillard.

    Lorsque vous dites « Par ailleurs pour quelqu’un avec une pensée si autonome réalisez vous combien votre discours est prévisible ? Comme la riviere de la pensée unique inrocks / libe / monde diplo coule immaculée de vos doigts ? », je le conçois d’autant plus aisément et sereinement qu’il y a une autre façon de lire cette prévisibilité que de façon péjorative, la cohérence. 😉

    « Tout comme vous, j’ai une grande sympathie pour le genre humain. D’ailleurs, je me suis reproduit. »

    Ne vous avancez pas trop, si je ne suis pas misanthrope, enfin, pas tout à fait, je ne suis pas l’inverse non plus. Ainsi, je ne me suis pas reproduit et n’espère pas le faire.

    « quelque chose me dis que vous etes athés. »

    Plus que cela, tout autre même devrai-je dire. Je ne suis ni agnostique ni croyant ni même athée, car tous reposent sur un positionnement (ou non) par rapport à l’existence d’une entité divine.

    Moi, je ne me prononce pas sur son existence ou non, car, tout bonnement, je ne m’attribue pas le pouvoir de le faire.

    Par contre, je peux décider en mon nom, si nous devons fonder notre existence collective sur notre positionnement par rapport à cette notion.

    Et sur ce point, j’emmerde, et c’est un euphémisme, tous ceux qui veulent façonner la société, les relations collectives et publiques, par rapport à leur petite croyance métaphysique, qu’elles aillent dans un sens ou dans l’autre, peu importe.

    Je ne milite pas pour le respect des croyances (c’est aux divers croyants de respecter leurs …), mais pour l’indifférence, du moment qu’elles restent strictement personnelles et privées.

    yG

  15. c’est tout à fait remarquable comme vous confondez les artefacts de la culture avec la vraie vie.

    ca l’est tout autant comme vous vous focalisez sur un point de détail (etre athé) pour éluder les autres éléments de ma réponse (heritages catholiques, revolutionnaires, pays occupé, individualisme du Je).

    ce que vous appellez cohérence, comprenez vous que cela puisse être perçu comme de l’étroitesse d’esprit ?

    je suis aussi de 1969 et vous laisse avec vos certitudes : je prefere conserver mes questions.

    merci de votre participation. comme d’habitude, je vous laisse conclure.

  16. « c’est tout à fait remarquable comme vous confondez les artefacts de la culture avec la vraie vie. »

    Si cela vous chante de décrire ainsi ma position, moi, je dirai plutôt que ce que vous appelez la vraie vie, c’est-à-dire ce lien faisant ce « nous » que vous aimez tant est pour moi inessentiel pour ne pas dire totalement illusoire. La culture que je défends, cherches à promouvoir n’est pas celle-là, cette dernière m’indiffère, lorsqu’elle ne m’horripile pas.
    Ce que vous, et d’autres, attribuez à l’héritage catholique, révolutionnaire, pays occupé devrait se retrouver un peu près dans tous les pays européens qui ont connu ces mêmes phases dans les grandes lignes, quid alors de la culture Française. Bref, tout cela s’apparente pour moi à ce que Stephen Jay Gould appelait des Sprandels, des reconstructions a posteriori dont on peut parfaitement douter de la pertinence.

    Ainsi, vos assertions sur une prétendue allergie à la police, à l’autorité, je ne la vois pas… surtout à l’heure actuelle, avec Sarkozy comme président…

    Enfin, l’individualisme n’est que la forme primitive/élémentaire du communautarisme, le « nous » n’est donc pas tant une contre expression du je, que sa déclinaison.

    Le seul « nous » qui vaille à mes yeux, c’est celui du genre humain, en deçà, ce n’est qu’une expression communautaire, donc bien plus servile et dangereuse que vous ne souhaitez en prendre acte. Le « je » suis un être humain n’est pas de l’individualisme, ce n’est que l’expression de l’appartenance au « nous » le plus grand, le plus vaste qui soit, celui qui renvoie tous les autres à leurs fausses croyances, appartenances.

    Maintenant, ne me reprochez pas les passages que je développe ou pas, je suis libre de rebondir sur ce qui m’intéresse, n’est-ce pas ?

    Quant à l’étroitesse d’esprit, n’est-ce pas la chose la mien partagée au monde… 😉

    yG

  17. “Sir Winston Churchil demanda à son peuple qui avait de l’eau jusqu’au cou … de relever le menton ! J’aime cette foi en un idéal collectif, j’aime ce sentiment d’appartenance, cette fierté cet orgueil, qui peut être vite perçu comme de l’arrogance. J’aime cette incapacité à désespérer”.

    Serge Simon dans Sud-Ouest.

  18. Tiens, au lendemain d’un euro qui déchante, j’écoute “Damage”, Didid Sylvian assis sur une branche du tilleul en face de moi, et je me demande ce qui a changé depuis que vous avez écrit ces mots…
    Valy.

  19. Je voulais dire que j’écoute “David Sylvian”, les touches sont joueuses…
    Alors oui, qu’est ce qui change, dans ce monde, quand les mots sont dits, les ballons, ovals ou ronds comme ce soir joués,
    le “je”, le “nous”, quel combat!
    Les mots se retournent et regardent, surpris, celui qui les a prononcés, ils changent de sens, se rebiffent… un autre s’en empare, les manie bien lui aussi, les tourne à nouveau…
    et voilà comment, en conclusion, ils s’en vont “la queue entre les jambes” puisqu’ils n’ont fait que souligner une “étroitesse d’esprit”…
    Les mots comme joute. Verbale.
    Heureusement, la musique. 🙂

    “Maybe i can find a place i can call my home
    Maybe i can find à home i can call my home…”(Lorena Mac K.)

    Votre joute verbale était très interessante, malgré tout.

    Je regarde de lourds nuages avancer prudemment et jaunir le ciel de Valence, la lumière devient étrange, Oscar le chien bat en retraite et se planque…

    “Croyances, appartenances”…
    J’interroge du regard Oscar qui bat de la queue, d’accord avec le monde qui va bien, pourvu qu’il y ait de l’eau fraiche, des croquettes et une main qui traine dans sa fourrure.

    Qui donc détient la vérité?

    Bien le bonsoir des pays chauds! 🙂
    Valy.

  20. C’est bien entendu moi qui détient la vérité.

    Bonjour Valérie et merci pour votre beau commentaire.

    YG est un rhéteur précieux mais sympathique qui a trop lu le monde diplo et qui réduit la culture à ce qui se vend à la FNAC. Il refuse d’admettre que l’identité culturelle n’est pas uniquement le résultat d’un processus actif et conscient (lire ceci ou écouter cela tant que les Inrocks disent que c’est bien) : une composante héritée de notre patrie, notre langue etc … existe qu’il le veuille ou non.

    Cette partie héritée de la culture n’est certainement pas un Bretzel (une partie reconstruite a priori : je rêve !). Il lui faudrait aller un peu vivre ailleurs pour que chez lui aussi cette évidence puisse affleurer.

    Enfin il dit tout le temps JE, et ne se pose jamais de question (il m’a fallu les lui formuler), pétri de ses certitudes.

    A sa décharge, je reconnais que je suis un vil déterministe depuis la révélation que fut “Mon Oncle d’Amérique”. Ainsi je sais que Heidi grognera de joie lorsqu’après le repas je me le lèverai et qu’elle saura que le moment tant attendu croquettes/promenade est arrivé – ciel jaune ou pas.

    J’ai écrit une chanson sur ce même sujet (le lien patriotique, pas les croquettes) : Billy Bob est mon copilote. C’est ici : http://www.myspace.com/supanormal

    Merci encore – quelle douce visite.

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