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Un second billet inspiré par la lecture de l’ouvrage de Nicolas Colin et Henri Verdier : l’Âge de la Multitude.

Dans cet essai foisonnant et hautement recommandable, les succès phénoménaux du numérique sont racontés a posteriori en histoires linéaires, comme s’il s’agissait du résultat de stratégies élaborées dans le détail puis exécutées comme prévu pour obtenir les résultats attendus.

Il s’agit il me semble de la faiblesse principale de cet ouvrage, d’autre part essentiel.

Car la stratégie à l’ère du numérique n’est pas dans les idées ou les concepts mais, bien plus qu’à toute autre époque, dans l’exécution, collée au plus près du réel opérationnel. Et voici pourquoi …

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“Du chemin a été parcouru par les entreprises qui, dans certains secteurs du moins, ont appris à faire levier sur la multitude et leurs employés (…) Le “toyotisme” est une démarche qui prend le contrepied de l’organisation tayloriste de la production et parvient à la battre sur les deux indicateurs de performance d’une chaîne : sa productivité et la qualité des produits qui en sortent (…) Les équipes d’une usine organisée selon les principes du “toyotisme” fonctionnent peu ou prou comme la multitude. Elles sont partiellement affranchies des liens de subordination hiérarchique qui irriguent l’organisation et contribuent à la rigidifier.”

Il y a quelques années, ce blog regrettait de ne pas avoir en France, dans notre langue, des intellectuels et des acteurs de l’économie qui pensent de manière constructive aux incidences de l’avènement du numérique dans notre société. Nicolas Colin et Henri Verdier se positionnent clairement avec cet ouvrage dans sa 1ère édition en 2012 et dans sa nouvelle édition parue cette année : c’est un peu notre Here Comes Everybody à nous, quoi. Ne boudons pas notre plaisir.

D’autant qu’ils expriment au travers de cette citation une intuition qui anime ce blog depuis un an maintenant : le Lean est la stratégie d’exécution des entreprises à l’ère du numérique et de la multitude. Notons rapidement qu’ils parlent plutôt de “toyotisme” ce qui indique le souhait de se démarquer de la déclinaison occidentale souvent discutable de cette approche de management.

L’ami Stéphane Schultz m’avait toutefois prévenu : tu n’apprendras rien dans ce livre que tu ne sais déjà. Mais ce n’est pas le motif principal de frustration. Malgré les fulgurances de Colin et Verdier (voir ce dernier article de Colin comme exemple) et le caractère incontournable de l’ouvrage qui offre une première perspective exhaustive et brillante sur le sujet, cette lecture me laisse en effet sur ma faim pour plusieurs raisons … Read the rest of this entry »

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Ce billet est la conclusion de la série Ce que signifie la transformation digitale. Les autres sont disponibles en ligne :

  1. Définition et enjeux
  2. les points cardinaux (1/2) : relation client, produits et services, processus, outils
  3. les points cardinaux (2/2) : leadership, culture, équipe et management
  4. les projets
  5. l’ingénierie

Cette synthèse avance que la transformation digitale marque la bascule de l’économie de la connaissance à celle de l’apprentissage permanent. Et voici pourquoi …

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Ce nouvel épisode de la série consacrée à la transformation digitale s’intéresse à la culture de l’ingénierie, et, plus particulièrement, comme on peut s’en douter, à celle de l’ingénierie numérique.

La vidéo ci-dessus, est probablement une de celles apportant l’éclairage le plus précis sur la nouvelle culture de l’ingénierie numérique. John Allspaw a travaillé pour Friendster, a dirigé l’équipe IT de Flickr de 2005 à 2010 (9 personnes pour passer de 2 à 5 milliards de photos en ligne sur ce site communautaire) et est aujourd’hui SVP Infrastructure & Operations chez le site de vente en ligne Etsy.com.

Pionnier de l’approche DevOps et de la Continuous Delivery, Allspaw décrit parfaitement dans cette vidéo les principes d’ingénierie à l’oeuvre chez ces entreprises phares du numérique. Le 1er billet de la série sur la transformation digitale avance comme hypothèse que LE logiciel de ces entreprises est la mantra exprimée par Eric Ries dans Lean Startup : Build, Measure, Learn ; cette présentation de Allspaw en est une parfaite incarnation.

Une culture de l’ingénierie très souvent à l’opposée de celles constatées dans nos DSIs qui sont pourtant elles aussi, soumises aux enjeux de cette transformation …

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There have been 2 milestones in my story with online collaboration tools. First, at the turn of the century, these have helped me to get out of a very tricky professional situation. Then I was fascinated by the geek culture after I joined an innovative start-up in 2004, where everybody would use such tools while collaborating in a very efficient way. And I kept on telling myself : why on earth isn’t everyone working like this ? This is fun, exciting, engaging I need to tell the world this is the way to go.

I have been a very active supporter of these ever since, in particular during the 2009 – 2011 period during which I have blogged extensively on the topic. Looking back to this activism, I have realized that I was making some major misconceptions, the very same that people talking about future of work or hacker culture are making today IMHO.

  1. People who are not digital literate won’t see the value of online collaboraton tools, especially if they don’t collaborate in the first place. In other words, technology is more an obstacle than an enabler to create a culture of collaboration.
  2. The hacking culture has emerged from people who are more comfortable collaborating online then in real life. Thank God, we are a minority (I’m counting myself in).
  3. Online collaboration tools are used to scale collaboration throughout the organization. If there is no collaboration in the enterprise, you ain’t gonna scale anything but frustration.

If buying enterprise software was actually solving organization problems, my job (organization coach/consultant, i.e. fixing broken organizations) would not be a multi-billion dollar industry. If this a strategy, it is just a CIO/VP self-preservation one (“No CIO hs been fired for buying ${enterprise_software_vendor} solutions”).

This easy approach has even less chances to succeed for something as fragile as enterprise collaboration. It may, though, in very specific contexts, but in my opinion these are more evidences of leadership of the professionals making their project a success (Claire FlanaganDan Pontrefact, or Celine Schillinger being names coming to mind) than evidences of the viability of such initiatives.

Baring in mind these sad truths, this post proposes an alternate strategy to root collaboration in the organization. Read the rest of this entry »

J’étais charmé par cette conversation, et malgré l’illusion qu’il donnait d’être plutôt moderne et enclin aux digressions (pour moi, le signe d’un esprit moderne c’est qu’il adore s’écarter du sujet), je vois maintenant qu’il me ramenait sans cesse aux mêmes points. Car si l’esprit moderne est discursif et fantasque, l’esprit classique est étroit, résolu et implacable.

Une citation tirée du remarquable Maitre des Illusions de l’auteure américaine récemment couronnée du prix Pulitzer pour Le Chardonneret.

Si je la publie aujourd’hui sur #hypertextual ce n’est pas seulement pour répéter encore et encore ma passion pour la littérature. C’est surtout parce qu’il s’agit du sentiment exact que je ressens lorsque j’échange avec les coachs que j’ai la chance d’avoir autour de moi : Michael Ballé, Marie-Pia Ignace, Antoine Contal, Régis Médina.

C’est ce sentiment de raison implacable, qui ouvre des perspectives nouvelles, comme une révélation, alors que l’on va au bout du bout de la réflexion, en suivant le chemin résolu de l’esprit classique. Esprit classique auquel le Lean nous ramène sans cesse ; la tradition maïeutique, bien sûr, mais aussi avec la volonté de se confronter sans cesse à la réalité la plus indocile.

Voici les slides de ma présentation à Agile France 2015.

Peu familier du concept et de la terrible concurrence (5 flux de conférences en parallèle), j’en conserve un souvenir mitigé. N’ayant pas eu un pitch suscitant suffisamment d’envie ou de questionnement ma session n’a eu qu’un succès mitigé. Les habitués ont su faire preuve d’audace (déguisé en Darth Vador), d’humour, ou de poésie (une guirlande d’images de fleurs), ou d’opportunisme pour surfer sur des sujets en vogue. A méditer pour la prochaine édition.

L’objectif de cette présentation était double. Tout d’abord expliquer comment les principes de développement logiciel agile m’ont permis de réaliser un projet de rénovation de maison dans les temps (3 mois) et budget (25K€). Mais aussi (et surtout), ce que ce projet personnel m’a enseigné et comment il m’a permis de changer de perspective dans le pilotage de mes projets.

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